modération s. f. (mo-dé-ra-sion ; en vers, de cinq syllabes)
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1Vertu de celui qui se modère.
La modération est comme la sobriété : on voudrait bien manger davantage, mais on craint de se faire mal
La Rochefoucauld, Prem. pens. n° 8Montrons de la modération.... ayons du cœur dont nous soyons les maîtres, une valeur qui n'ait rien de farouche
Molière, Festin, III, 5La modération que le monde affecte n'étouffe pas les mouvements de la vanité ; elle ne sert qu'à les cacher
Bossuet, Duch d'Orl.Notre ministre a fait voir à toute la terre que sa modération durant quarante ans était le fruit d'une sagesse consommée
Bossuet, le Tellier.Examinez sa sagesse dans une condition privée, sa modération dans les plus grandes dignités de la cour....
Fléchier, Mme de Mont.Travaillez avec modération pour travailler longtemps
Mme de Maintenon, Lettre à Mme de la Viefville, 5 oct. 1705La modération, je le sais assez, souvent n'est que le sceau de l'orgueil
Massillon, Or. fun. Villars.- À tes discours altiers, à cet air de menace,Je veux bien opposer la modération Voltaire, Scyth. IV, 2
- Tout vouloir est d'un fou ; l'excès est son partage ;La modération est le trésor du sage Voltaire, 4e discours.
Il faut chercher la félicité souveraine dans la modération du désir
Diderot, Opin. des anc. philos. (Thomasius).
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Il se dit aussi au pluriel.
Et vous faites voir Des modérations qu'on ne peut concevoir
Molière, Fem. sav. I, 2
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2Action de rendre moindre. La modération d'une taxe. La modération d'une peine, d'une amende.
Il a apporté une modération à cette permission générale
Pascal, Prov. IX
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3Action de rendre moins rigoureuse une règle.
Beaucoup de mes pièces en manqueront [de l'unité de lieu], si l'on ne veut point admettre cette modération
P. CORN., Disc. des trois unités.
Étymologie
Provenç. moderacio ; espagn. moderacion ; ital. moderazione ; du lat. moderationem, de moderari, modérer. On a dit aussi moderance.