Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

moineau dans le Littré

1 article· 7 citations· rimes· synonymes

moineau s. m. (moi-no)

  1. 1Petit oiseau de plumage gris, qui aime à faire son nid dans des trous de muraille.

    • Il faut à peu près vingt livres de blé par an pour nourrir une couple de moineaux Buffon, Ois. t. VI, p. 215
    • Le curieux Bradley, qui cultivait avec succès la botanique, avait calculé que deux moineaux apportent par semaine à leurs petits 3360 chenilles Bonnet, Contempl. nat. XI, 2
    • Moineau franc, moineau domestique ou pierrot.

    • Fig. Tirer sa poudre aux moineaux, faire de la dépense pour venir à bout d'une chose qui n'en vaut pas la peine, ou dont on ne vient pas à bout.

    • Manger comme un moineau, manger très peu.

      • Que je vous plains, vous qui êtes au lait, qui quittez votre ânesse pour Forges, qui mangez comme un moineau, et qui avec cela n'avez point de santé ! Voltaire, Lett. Mme de Fontaine, 23 sept. 1750, p. 117
    • Appelez-vous cela des moineaux ? se dit d'une chose considérable que d'autres veulent avilir.

    • On dit dans un sens analogue : ce ne sont pas moineaux.

    • Pot à moineau, voy. POT.

    • Voilà une belle maison, s'il y avait des pots à moineaux, se dit pour se moquer d'une maison de campagne.

    • Fig. C'est un vilain moineau, et, ironiquement, un joli moineau, c'est un homme laid, désagréable, méchant.

  2. 2Par plaisanterie et en jouant sur le mot. Petit moine.

    • Nous sommes ici tous obsédés de moines et moineaux de tout plumage GUI PATIN, Nouv. lett. t. I, p. 50, dans POUGENS
  3. 3Moineau de neige, sorte d'oiseau qui se trouve dans les Alpes.

    • Moineau de mer, oiseau qu'on appelle à Terre-Neuve oiseau des glaces.

  4. 4Terme de fortification. Bastion plat bâti au milieu d'une courtine lorsqu'elle est trop longue et que les deux bastions des angles sont trop éloigné pour se défendre l'un l'autre.

  5. 5Poisson du genre pleuronecte (le flet).

Étymologie

Norm. moisson ; wallon, mohon ; Ardennes, mochon ; Berry, moigneau ; picard, mougneu, moigneau, moinet. L'ancien français disait aussi moine : Il y a deux formes : l'une, ancien français, moissun, et les patois moisson, mohon, mohon ; l'autre moine, d'où le diminutif moinel, moineau. La première indique sans conteste, comme Diez le dit, un mot bas-latin muscio, de musca, mouche (un petit oiseau ayant été facilement dénommé d'après la mouche). De moisson on fit moissonel, d'où moisnel, qui se trouve en effet ; et c'est de là que Diez tire moineau. Mais à côté de moisson et de moisnel on trouve dans les textes très anciens d'une façon concordante moinet, moinel, moiniau, sans s, de sorte qu'il est difficile de prendre cela pour de simples fautes de copistes. On peut donc croire qu'il y a eu moine et son diminutif moinel, ainsi dit du passage biblique, passer solitarius in tecto, le passereau solitaire, moine dans le toit, Psalm. CI, lequel s'est confondu facilement avec moisnel.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander