Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

moire dans le Littré

2 articles· 3 citations· rimes· synonymes

1moire s. f. (moi-r')

  1. 1Originairement, étoffe faite avec le poil d'une espèce de chèvre de l'Asie Mineure.

    • Il y avait deux sortes d'étoffes nommées cilices, l'une très fine et très belle, tissue de poil d'antilope ou de chèvre sauvage appelée mo dans l'Asie Mineure, d'où nous vient la véritable moire, à laquelle nous avons substitué une étoffe de soie calandrée Voltaire, Philos. Bible expliq. Gen.
  2. 2Aujourd'hui, apprêt que reçoivent, à la calandre ou au cylindre, par l'écrasement de leur grain, certaines étoffes de soie, de laine, de coton ou de lin, et qui leur communique un éclat changeant, une apparence ondée et chatoyante.

    • La pratique, en parfait accord avec la théorie, apprend que la moire apparaît d'une manière plus avantageuse sur les étoffes monochromes que sur les étoffes glacées, parce qu'en effet, la beauté de la moire résidant dans la variété des dessins changeant avec la position du spectateur, les changements de couleur de l'étoffe glacée viennent, pour ainsi dire, contrarier la simplicité et la pureté des dessins de la moire CHEVREUL, Journ. des Sav. 1866, p. 648

Étymologie

Wall. moile ; norm. muère. L'allemand Mohr, moire, paraît venir du français ou du moins de l'anglais mohair. L'anglais mohair signifie poil de chèvre angora. Scaliger fait venir mohair de l'arabe moiacar, sorte de camelot. Au contraire, les étymologistes anglais, que Voltaire a suivis, y voient hair, poil, et mo, nom asiatique d'une espèce de chèvre. À quoi faut-il rapporter mire dans ce vers du XIIIe siècle : Quar en son tref royal de mire alexandrine ? Est-ce de la moire ? alors l'étymologie anglaise tomberait. Est-ce du madre ? mira se trouvant en ce sens dans du Cange.

2moiré, ée part. passé (moi-ré, rée)

  1. 1Étoffe moirée.

  2. 2S. m. Le moiré, propriété, dans une étoffe, dans un métal, de présenter un dessin dont l'apparence varie avec la position du spectateur.

    • Moiré métallique, fer-blanc auquel on a donné, par le moyen de quelque acide, une apparence cristalline et chatoyante.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander