moisir v. n. (moi-zir)
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1Se couvrir d'une petite végétation cryptogamique, en parlant de certaines substances ; ce qui indique qu'elles s'altèrent (voy. MOISISSURE, n° 2).
- Le Moïse commence à moisir par les bords Boileau, Sat. IX
Le pain doit être fait au biscuit pour ne pas moisir
Raynal, Hist. phil. X, 4
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Fig. Rester longtemps.
M. Mathieu ne laisse point moisir l'argent entre les mains de ceux qui lui doivent
Regnard, Sérénade, 22
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2V. a. Rendre moisi. C'est l'humidité qui a moisi ce pâté.
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3Se moisir, v. réfl. Devenir moisi. Tout se moisit dans les lieux humides.
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4Fig. Se détériorer au moral.
Il faut réputer...les plus misérables hommes du monde.... ceux qui, n'ayant soin que de leur ventre et de leur paillardise, laissent moisir leurs âmes en l'assoupissement d'une abominable oisiveté
Malherbe, Lexique, éd. L. Lalanne.
Synonymes
MOISIR, CHANCIR. Étymologiquement, moisir, c'est devenir muqueux ; et chancir, c'est se couvrir de blanc. Aujourd'hui chancir est beaucoup moins usité que moisir, et il indique un degré d'altération moins avancé que moisir.
Étymologie
Provenç. mozir ; du lat. mucere, qui vient de mucus (voy. MUCOSITÉ). Moisir vient de mucere ( 1er e long), comme plaisir, de placere (1er e long), taisir, de tacere (1er e long), etc. ; mais ces verbes, à sens inchoatif, prennent dans la conjugaison deux ss, comme s'ils venaient de thèmes en escere : moisissant, moisissais, etc.