mont-joie s. f. (mon-joî)
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1Monceau de pierres jetées confusément, en signe de victoire, ou pour marquer les chemins.
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S'est dit aussi des croix ou indications mises sur les monts-joies pour reconnaître les chemins.
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Ordre de chevalerie, institué dans le douzième siècle, par le pape Alexandre III, pour combattre les infidèles dans la terre sainte.
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2Se disait, par extension, d'un amas de choses quelconques.
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Fig.
- Je prie Dieu qu'il vous envoieD'ébattements une mont-joie Scarron, Poés. dans RICHELET
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3Mont-joie Saint-Denis, ou, simplement, mont-joie, cri de guerre usité parmi les Français dans les batailles, durant le moyen âge.
Liberty and property [liberté et propriété], c'est le cri anglais ; il vaut mieux que Saint-George et mon droit, Saint-Denis et mont-joie ; c'est le cri de la nature
Voltaire, Dict. phil. Propriété.
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Bannière qui indiquait la marche de l'armée.
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S. m. Titre affecté autrefois au premier roi d'armes de France. Le roi d'armes Mont-joie (avec une majuscule).
Étymologie
Mont, et joie. La Mont-joie Saint-Denis, ou, simplement la Mont-joie, était le nom de la colline près Paris où saint Denis subit le martyre ; ainsi dite, parce qu'un lieu de martyre était un lieu de joie pour le saint qui recevait sa récompense. La Mont-joie Saint-Denis signifie la Mont-joie de saint Denis, selon l'ancienne règle qui rendait le génitif latin par le cas oblique. Le nom de mont-joie s'étendit à tous les monceaux, et se prit même figurément. D'un autre côté les Français prirent pour cri de guerre Mont-joie Saint-Denis ou, simplement, Mont-joie ; enfin ce cri de guerre devint le nom du roi d'armes en France. C'est par erreur qu'on a dit quelquefois de notre temps, par forme d'archaïsme, Mont-joie et Saint-Denis ! ce qui ne signifie rien ; par exemple, Casimir Delavigne (Louis XI, III, 13) : Montjoie et Saint-Denis ! Dunois, à nous les chances !