Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

morfondu dans le Littré

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morfondu, ue part. passé (mor-fon-du, due)

  1. 1Pénétré d'humidité et de froid.

    • Substantivement.

      • Ouvrez, dit-il, je suis nu ; Moi, charitable et bonhomme, J'ouvre au pauvre morfondu La Fontaine, Autre imit. d'Anacr.
  2. 2Fig. Qui perd son temps à attendre.

  3. 3Fig. Qui a souffert quelque dommage, quelque perte comparée à l'état de celui qui est morfondu.

    • Elle [Catherine de Médicis] avait souvent sondé l'esprit du roi sur cela, et tâché de lui persuader que le sang était bien morfondu au delà du sixième degré ; que les Bourbons ne lui étaient plus parents que d'Adam et d'Ève, et qu'il était plus naturel de laisser sa succession à ses neveux qu'à des gens si éloignés MÉZERAY, Abrégé chronol.
    • Depuis la guerre on ne fait rien ici de nouveau ; les libraires sont trop morfondus, et depuis quatre mois les presses n'ont roulé que sur des paperasses mazarines GUI PATIN, Lett. t. II, p. 516
    • Tous nos marchands sont ici merveilleusement morfondus de cette guerre trop longue GUI PATIN, ib. p. 552
    • Ne trouvez-vous pas cette plaisanterie d'un esprit morfondu ? Mme DU DEFFANT, Corresp. t. II, p. 47, dans POUGENS
    • Les économistes sont les plus étonnés et les plus morfondus de tous les êtres GALIANI, Corresp. t. I, p. 231, dans POUGENS
  4. 4Graine morfondue, graine des vers à soie quand le germe a péri.

  5. 5S. m. Terme de marine. Un morfondu, cordage fait avec de vieux câbles qu'on a préalablement détordus.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander