Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

mors dans le Littré

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mors s. m. (mor ; l's ne se prononce et ne se lie jamais : le mor aux dents ; des mor en fer ; quelques-uns au pluriel, lient l's : des mor-z en fer)

  1. 1Proprement, morsure ; absolument inusité en ce sens.

    • Mors du diable, scabieuse des bois, scabiosa succisa, L., ainsi nommée à cause de sa souche tronquée comme par une morsure.

    • Dans les verreries, extrémité de la canne que l'on plonge dans le creuset, et à laquelle le verre s'attache comme par une morsure.

  2. 2L'ensemble des pièces qui servent à brider un cheval ; ce sont l'embouchure, les branches, les anneaux, l'esse et le crochet.

    • Le mors et l'éperon sont deux moyens qu'on a imaginés pour les obliger [les chevaux] à recevoir le commandement : le mors pour la précision, et l'éperon pour la promptitude des mouvements Buffon, Cheval.
    • Mors à la turque, mors dont les branches sont droites, sans sous-barbe.

    • Dans l'usage le plus ordinaire, il se dit de la seule partie qui porte autrement le nom d'embouchure du mors, pour la distinguer des autres pièces dont chacune a un nom particulier.

    • Fig.

      • L'homme, en ses passions toujours errant sans guide, A besoin qu'on lui mette et le mors et la bride Boileau, Sat. X
    • Prendre le mors aux dents, se dit proprement du cheval qui saisit les branches du frein avec les incisives, et qui, dès lors, lutte avec avantage contre son conducteur.

    • Mais, dans l'usage ordinaire, on dit qu'un cheval prend le mors aux dents quand il s'emporte, quoique le frein ait conservé sa position normale.

      • Dès la première charge, le cheval de mon gouverneur prit le mors aux dents Saint-Simon, 12, 140
    • Fig. Prendre le mors aux dents, se livrer tout entier à ses passions ; et aussi s'emporter, se livrer à une colère subite ; et encore, faire succéder une grande activité à l'indolence.

      • Non, morbleu, j'ai pris le mors aux dents, et il n'y a plus moyen de me retenir LEGRAND, Galant coureur, sc. 20
    • Fig. Hocher le mors à quelqu'un, le contrarier, s'opposer à ses désirs.

      • Pas un [du conseil] n'osait hocher le mors au prince qui représentait le feu roi Saint-Simon, 418, 28
    • Fig. Ronger le mors, n'oser faire éclater son dépit ; on dit plutôt ronger le frein.

  3. 3Mors d'Allemagne, instrument employé pour punir le cheval, ou pour détourner sa sensibilité pendant une opération chirurgicale.

  4. 1Ajoutez :

    • Mors de grenouille, nom vulgaire de l'hydrocharis morsus ranae.

Étymologie

Provenç. mors, morsure ; anc. espagn. muerso ; ital. morso ; du lat. morsus, morsure.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander