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un seul est le mot juste.

mouille dans le Littré

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1mouille s. f. (mou-ll', ll mouillées)

  1. 1Terme rural. particulièrement du canton de Genève. Source qui ne fait que suinter dans une prairie, et qui y produit une herbe précoce et excellente.

  2. 2Endroit d'une rivière où l'eau a quelque profondeur.

    • Le tirant d'eau, à l'étiage également, se réduit, dans la partie supérieure du fleuve, au-dessous de Digoin, à 0m, 15 et 0m, 20 sur les rapides ou jarres ; mais, dans les mouilles, il est souvent de 0m, 80 E. GRANGEZ, Voies navigables en France, p. 317
  3. 3Action de mouiller, de tremper dans l'eau.

    • Attendu qu'à l'arrivée, la marchandise était tellement avariée par la mouille qu'il fut impossible d'en prendre livraison... une certaine quantité de haricots, contenue dans un des sacs, était dans un état complet de putréfaction produite par une mouille ancienne... Gaz. des Trib. 11-12 mai 1874, p. 455, 4e col.

Étymologie

Voy. MOUILLER.

2mouillé, ée part. passé (mou-llé, llée, ll mouillées)

  1. 1Qui est devenu humide. Un terrain mouillé.

    • Une surface n'est mouillée que parce que le fluide qui la mouille tend en quelque sorte à se combiner avec elle GIRARD, Institut, Mém. scienc. (années 1813, 1814, 1815), p. 316
  2. 2Absolument. Mouillé, se dit du temps quand il a plu.

    • Quand il fait mouillé, quand il fait brouillard, je ne sors point Mme de Sévigné, 16 oct. 1689
  3. 3Il se dit aussi des personnes qui ont reçu de l'eau, de la pluie.

    • Ne vous représentez point votre bonne [Mme de Sévigné elle-même] avec sa casaque et son bonnet de paille, mouillée jusqu'au fond Mme de Sévigné, 15 nov. 1684
    • J'étais mouillé comme un canard lorsque.... Lesage, Guzm. d'Alf. III, 11
  4. 4Doigt mouillé, voy. DOIGT, n° 5.

  5. 5Terme de sculpture. Draperie mouillée, draperie qui semble adhérente au nu.

  6. 6Populairement. Être mouillé, avoir beaucoup bu.

  7. 7Terme de grammaire. Lettre mouillée, se dit de la lettre l, simple ou double, qui se prononce comme dans ailleurs, bail, etc. L'l ou les ll mouillées ne sont pas le même son que l'y devant une voyelle, avec lequel on les confond par abus dans la prononciation, à Paris particulièrement.

    • S. m. Le mouillé, le caractère d'une lettre mouillée.

      • On donne aussi le nom de mouillée à l'articulation du digramme gn dans ignorant, agneau, etc.

        • Nous avons trois sons mouillés, deux forts et un faible ; les deux forts sont gn dans règne, ill dans paille ; le mouillé faible se trouve dans aïeul, païen, faïence Duclos, Œuv. t. IX, p. 15
        • Le mouillé faible de l'l, exprimé par ce caractère y, et dont nous avons fait une voyelle, parce qu'il est consonne vocale, est la plus délicate de toutes ses articulations Marmontel, Elém. litt. Œuv. t. VIII, p. 38, dans POUGENS

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander