Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

mule dans le Littré

2 articles· 8 citations· rimes· synonymes

1mule s. f. (mu-l')

  1. 1Sorte de pantoufle pour les hommes, et de chaussure sans quartier pour les femmes.

    • Ses mules d'un côté, de l'autre son toquet Régnier, Sat. X
    • Elle avait perdu une de ses mules de chambre Mme de Sévigné, 20
    • Elle paraît.... en simple déshabillé sans corps et avec des mules La Bruyère, III
    • Hélas ! lui criaient-ils [les pauvres à Mme de Cagnon, protestante condamnée à mort pour religion], nous ne recevrons plus d'aumônes de vous. - Eh bien, dit-elle, vous en recevrez encore, et elle leur jeta ses mules de velours que ses bourreaux lui avaient laissées Voltaire, Philos. Cons. rais. à Bergier, ch. 23
  2. 2Espèce de chaussure de dessus que l'on mettait pour se garantir de la crotte. C'est à peu près ce que l'on appelle aujourd'hui galoche.

  3. 3Il ne se dit plus guère que de la pantoufle du pape, sur laquelle il y a une croix. Baiser la mule du pape.

    • Parlons du pape ; en voilà donc un ; si j'avais été à Paris, j'aurais été lui baiser la mule dans la chambre de l'abbé Bigorre : il y est peint en perfection Mme de Sévigné, 591
    • En province, il se dit encore pour pantoufle. Cherchez-moi mes mules.

Étymologie

Wallon, mole ; espagn. mulillu ; ital. mula ; anc. flam. muyle ; du lat. mulleus calceus, ou, simplement, mulleus, sorte de brodequins, ainsi dits, à cause de leur couleur, de mullus, rouget, poisson qui est rouge. D'après Festus, d'autres pensaient que mulleus venait de mullare, coudre ; mais la forme adjective de mulleus indique bien plutôt mullus.

2mule s. f. (mu-l')

  1. Produit femelle de l'accouplement de l'âne et de la jument, ou du cheval et de l'ânesse.

    • Il n'a ni cheval ni mule, se dit d'un homme qui n'a pas d'équipage.

    • Il est quinteux comme la mule du pape, qui ne boit et ne mange qu'à ses heures.

    • Être fantasque, être têtu comme une mule, avoir des caprices, de l'obstination.

      • Cette personne est opiniâtre comme une mule sur certaines petites choses, quoiqu'elle se laisse aller à tout vent sur d'autres Voltaire, Lett. d'Argental, 4 janv. 1773
    • Fig. Ferrer la mule, voy. FERRER.

Étymologie

Provenç. espagn. et ital. mula ; du lat. mula.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander