1muser v. n. (mu-zé)
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S'amuser, perdre son temps à des riens.
Cet arrangement, qui devenait pour moi l'œuvre de Pénélope, me donnait le plaisir de muser quelques moments
J.-J. Rousseau, Confess. XIAvec lui tu pourras, sans te compromettre, faire de la musique, te promener, t'égarer, enfin muser tout à ton aise
PICARD, M. Musard, sc. 33Je m'en vais musant et baguenaudant jusqu'à Naples
Paul-Louis Courier, Lett. II, 64- Je lui dis : homme qui refuseOrdinairement après muse Scarron, Virg. II
Tel refuse qui après muse
LA FONT, Stances en vieux lang.Tu veux de moi ; Je veux de toi ; Voilà ma foi ; Qui refuse, muse
LEGRAND, Famille extrav. Divert.
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Impersonnellement, au passif. C'est assez musé, on a assez musé, perdu de temps.
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Cette locution trouve son explication dans les vers de Scarron : elle signifie que celui qui refuse est ensuite dans la situation de l'homme qui muse, qui perd son temps.
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Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
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Étymologie
Wallon, mûzer, être triste, mus', morne, taciturne ; provenç. musar, muzar ; anc. espagn. musar ; ital. musare. Origine incertaine. Diez y voit un dérivé du radical mus, museau ; de sorte que muser serait tenir le museau béant, la bouche béante. D'autres y voient le latin mussare, parler entre les dents, hésiter ; mais les lettres et même le sens concordent mal. Huet alléguait le latin musa, muse ; muser serait se livrer aux muses, à l'étude, à la contemplation, etc. Les patois suisses ont musen, être triste, mus, mélancolie, qu'on peut rapprocher des significations wallonnes. Enfin l'allemand offre Musse, loisir, anc. haut all. muezôn, être oisif ; ce qui est la dérivation la plus probable.