Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

musqué dans le Littré

1 article· 10 citations· rimes· synonymes

musqué, ée part. passé (mu-ské, skée)

  1. 1Imprégné de musc. Un vêtement musqué. Un homme musqué.

    • Quand un galant musqué lui offre ce service J.-J. Rousseau, Ém. V
    • Papier musqué, papier qui sent le musc.

      • Voici le papier musqué pour le premier acte [papier où étaient des vers corrigés] ; il n'y aura qu'à l'ajuster avec quatre petits pains Voltaire, Lett. d'Argental, 21 déc. 1768
    • Fig. et familièrement. Messe musquée, la dernière messe, où assistent ordinairement les gens du grand monde.

  2. 2Il se dit aussi de certaines choses dont l'odeur a quelque rapport avec celle du musc.

    • Les bisons ou bœufs à bosse du nord de l'Amérique ont une si forte odeur, qu'ils ont été appelés bœufs musqués par la plupart des voyageurs Buffon, Quadrup. t. V, p. 107
    • Rosier musqué, rosier qui porte la rose muscade.

  3. 3Qui a la saveur du musc. Poire musquée. Canard musqué.

  4. 4Fig. et familièrement. Qui a trop d'apprêt, de manières, qui affecte les ornements futiles. Écrivain, orateur, poëte musqué. Style musqué. Phrases musquées.

    • Comédie musquée, comédie dont le dialogue, manquant de naturel, est semé de petits traits maniérés.

    • Paroles musquées, paroles obligeantes et flatteuses, maniérées.

  5. 5

    • Fantaisies musquées, toutes sortes de petits bijoux inutiles qui ne servent qu'à la propreté, ou à la curiosité, qui sont entre les mains des gens élégants, des curieux FURETIÈRE, Dict.
    • Fig.

      • On ne saurait avoir trop de fantaisies musquées, ou point musquées, il n'importe [il s'agit d'attachements] Mme de Sévigné, 113
      • Cette Bible et cet Évangile ne répondent pas à toutes les fantaisies musquées des gens Marivaux, Pays. parv. 2e part.
    • L'Académie dit que fantaisies musquées signifie fantaisies singulières, bizarres ; cette locution, qui d'ailleurs a vieilli, n'a que le sens indiqué par Furetière ; seulement elle pouvait se prendre figurément.

  6. 16(inusité aujourd'hui).

    • On a dit familièrement envoyer une chose toute musquée, pour dire l'envoyer en l'accompagnant de choses honnêtes, et sans qu'il en coûte ni soins ni argent à celui à qui on l'envoie Dict. de l'Acad. 1814
    • Dès que sa pension est échue, le trésorier la lui envoie toute musquée ib.
    • Deux ans après, savoir en 1680, il [Bossuet] me fit obtenir des dispenses musquées pour ma charge de trésorier de France, lesquelles m'auraient coûté 1400 livres, suivant le tarif de ce temps-là É. MILLER, Pierre Taisand

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander