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nielle dans le Littré

5 articles· 4 citations· rimes· synonymes

1nielle s. f. (ni-è-l')

  1. Plante qui croît dans les blés, et dont la semence est noire.

    • Sous le nom de nielle des blés on a confondu le nigella arvensis, L., renonculacées, et l'agroslemma githago, L., caryophyllées, toutes deux à graines noires.

      • Nielle a encore été employé comme synonyme de nigelle, genre de renonculacées, et l'on a appelé nielle de Virginie, le mélanthe de Virginie LEGOARANT

Étymologie

Picard, nelle, nèle ; génev. niolle ; provenç. niela ; catal. niella ; espagn. neguilla ; ital. nigella ; du lat. nigella planta, plante noire, diminutif de niger, noir.

Supplément

1. NIELLE. Ajoutez : - ÉTYM. C'est un romanisme. On voit que dès lors le g avait disparu de la forme primitive nigella.

2nielle s. m. (ni-è-l')

  1. 1Terme d'orfévrerie. Ornements ou figures que l'on grave en creux sur un ouvrage d'orfévrerie, et dont les traits sont remplis d'une sorte d'émail noir, fait d'un mélange d'argent, de plomb et de soufre liquéfiés.

  2. 2Se dit de l'émail noir dont on se servait pour faire ressortir la gravure appelée nielle, et qui est un mélange de soufre, de plomb et d'argent.

  3. 3Se dit aussi de l'empreinte en soufre, ou de l'épreuve sur papier, tirée de la planche de métal.

Étymologie

Provenç. niel, niell ; espagn. niel ; ital. niello ; du bas-lat. nigellum, dessin en émail noir sur un fond d'or ou d'argent ; du lat. nigellus, diminutif de niger, noir. C'est niel, masculin, qui a donné au pluriel nuaux.

3nielle s. f. (niè-l')

  1. 1Maladie des grains qui convertit l'épi en une poussière noirâtre, et qui est produite par deux espèces de champignons parasites, uredo carbo, DC. et uredo caries, DC., On l'appelle aussi charbon, carie.

    • Lorsqu'il viendra sur la terre, ou famine, ou peste, ou corruption de l'air, ou que la nielle, la sauterelle, ou quelque maligne humeur gâtera les blés Saci, Bible, Rois, III, VIII, 37
  2. 2Nielle des arbres, nom que l'on a, à tort, donné à la rouille et au blanc des arbres.

    • La nielle se met aussi sur le pied et sur les feuilles de melon, sur la chicorée et sur les concombres, et elle les fait périr LA QUINTINYE, dans RICHELET
  3. 3Terme de marine. Sorte de fermentation qui détériore les toiles à voile.

Remarque

Il ne faut pas décomposer nielle qui vient de nebula, en ni-è-l', comme on fait pour nielle, plante, qui vient de nigella ; dans le premier, niel est une diphthongue ; dans l'autre il y a deux voyelles distinctes. Toutefois Saint-Lambert a dit ni-elle :

Étymologie

Normand, nuile, nieule, nielle ; génev. niolle, petite pluie froide. On a rattaché nielle, maladie des blés, à nielle, plante ; mais il paraît y avoir seulement confusion par assimilation entre nielle, plante, et niele ou niolle, brouée, brouillard qui cause la maladie des plantes ; en ce sens nielle vient du latin nebula, nuage, brouillard (voy. NÈBLE et NEUBLE). Le normand a conservé la forme la plus voisine du latin. D'ailleurs le texte des Chroniques de St-Denis prouve que la nielle était une rosée. Oudin connaissait le sens précis de ce mot, puisque, dans son Dictionnaire, il traduit niellé par annebbiato.

4niellé, ée part. passé (niè-lé, lée)

  1. Gâté par la nielle.

    • Le blé niellé paraît renflé ou plus rempli que le blé sain ; cependant, si on le met dans l'eau, il surnagera Bonnet, Hist. nat. Mém. Œuv. t. III, p. 226, dans POUGENS
    • Se dit des fruits qui prennent difficilement leur accroissement et dont la surface est tachée.

5niellé, ée part. passé (ni-è-lé, lée)

  1. Poignée niellée.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander