Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

nommer dans le Littré

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nommer v. a. (no-mé)

  1. 1Distinguer par un nom une personne ou une chose. La chimie a nommé de noms systématiques toutes les substances composées. La famille des malpighiacées a été nommée d'après Malpighi, célèbre naturaliste italien.

  2. 2Être parrain ou marraine.

    • La jolie chose d'accoucher d'un garçon et de l'avoir fait nommer par la Provence ! Mme de Sévigné, 100
    • Mme la princesse nommait une des filles de M. le Duc avec le prince Mme de Sévigné, 404
    • Et toi, tu aurais cent enfants que je n'en nommerais pas un Diderot, Père de famille, V, 12
  3. 3Dire le nom d'une personne ou d'une chose.

  4. 4Désigner les gens par leur nom, faire des personnalités.

  5. 5Qualifier. Louis XII a été nommé le Père du peuple.

    • Ah ! que c'est un grand bien [la santé] ! et que vous le nommez précisément par son nom quand vous dites que c'est celui sans lequel tous les autres sont insensibles ! Mme de Sévigné, 15 juin 1688
    • Saintes filles, ses chères amies, car elle voulait bien vous nommer ainsi Bossuet, Reine d'Anglet.
    • Souvent il s'entretient avec la mort.... et, aussi vivant par l'esprit qu'il était mourant par le corps, il semble lui demander d'où vient qu'on la nomme cruelle Bossuet, le Tellier.
    • Il [Zozime] nomme ses libéralités profusions, sa modération fainéantise, ses festins d'amitié des dissolutions Fléchier, Hist. de Théodose, IV, 75
    • Ô mon fils, de ce nom j'ose encor vous nommer Racine, Athal. IV, 3
    • Nommer un roi père du peuple, est moins faire son éloge, que l'appeler par son nom, ou faire sa définition La Bruyère, X.
    • Ils nommaient nécessité l'injustice et la perfidie Montesquieu, Lett. pers. 146
    • Nommer quelqu'un son protecteur, son libérateur, son bienfaiteur, l'appeler ainsi.

    • Absolument.

      • Il n'y a nuls vices extérieurs et nuls défauts de corps, qui ne soient aperçus par les enfants : ils les saisissent d'une première vue, et ils savent les exprimer par des mots convenables : on ne nomme point plus heureusement La Bruyère, XI
  6. 6Désigner.

    • Terme de jeux. Nommer la couleur, dire en quelle couleur on joue.

  7. 7Nommer quelqu'un à un emploi, à une charge, le choisir, le désigner pour cet emploi, pour cette charge. Il fut nommé maire de sa commune. L'empereur l'a nommé ministre des affaires étrangères.

    • Il a été nommé à l'évêché de Lodève Mme de Sévigné, 14
    • Voyez comme il est bon de se tourmenter un peu pour avoir des places : il est certain que celles qui avaient été nommées pour dames d'honneur de cette princesse avaient fait leurs diligences Mme de Sévigné, 17 janv. 1680
    • Un jeune abbé de la Broue, qui n'a prêché qu'une seule fois devant le roi, est nommé pour l'évêché de Mirepoix Mme de Sévigné, 27 fév. 1679
    • Il [Dieu] l'appelle son serviteur, quoiqu'infidèle, à cause qu'il l'a nommé pour exécuter ses décrets Bossuet, Reine d'Anglet.
    • Le peuple au champ de Mars nomme ses magistrats ;César nomme les chefs sur la foi des soldats Racine, Brit. I, 2
    • Je vous nommai son gendre et vous donnai sa fille Racine, ib. IV, 2
    • Le roi de France nomme à tous les bénéfices consistoriaux de son royaume, c'est-à-dire aux bénéfices qui sont de fondation royale et qui étaient électifs avant le concordat FEVRET, De l'abus, I, 8, dans RICHELET
    • Nommer quelqu'un son héritier, l'instituer son héritier.

    • Nommer d'office, se dit du juge qui, d'après la loi, choisit et nomme des experts, des arbitres, des défenseurs, etc.

  8. 8Se nommer, v. réfl. Déclarer son nom. Vous serez obligé de vous nommer.

Étymologie

Berry, noumer ; wallon, loumer ; Hainaut, lomer ; provenç. nomnar ; anc. catal. nomenar ; espagn. nombrar ; portug. nomear ; ital. nominare ; du lat. nominare, dénominatif de nomen, nom.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander