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1Faire mourir d'asphyxie par immersion.
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2Fig. Causer la perte, la ruine d'une personne.
Tout ce qui me fâche, c'est de faire du mal ; mais, quand je joue à noyer, et que je me demande lequel je noie de M. de la Jarie ou de moi, je dis sans balancer que c'est M. de la Jarie, et cela me donne du courage
Mme de Sévigné, 427
Presque tous les hommes noient leurs parents et leurs amis, pour dire un mot de plus au roi et pour lui montrer qu'ils lui sacrifient tout
Mme de Maintenon, Lett. au card. de Noailles, 15 nov. 1695
Mme de Saint-Simon convint qu'un refus nous noierait en effet sans retour
Saint-Simon, 269, 139
- Pour couronner l'affaire,Achevons de brouiller et de noyer Valère Gresset, Méchant, IV, 9
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3Perdre le souvenir de.... Noyer son chagrin dans le vin.
- Et soient dans les coupes noyésLes soucis de tous ces orages Malherbe, III, 1
- Et noyons dans l'oubli ces petits différends Corneille, Hor. I, 4
- Aux noces d'un tyran tout le peuple en liesseNoyait son souci dans les pots La Fontaine, Fabl. VI, 12
Que fait un acteur lorsqu'il veut jouer naturellement une passion, que de rappeler autant qu'il peut celles qu'il a ressenties, et que, s'il était chrétien, il aurait tellement noyées dans les larmes de la pénitence, qu'elles ne reviendraient jamais à son esprit ?
Bossuet, Coméd. 4
- Buvez un peu ; c'est dans le vin qu'on noieL'ennui, l'humeur et les chagrins Béranger, Mes cheveux.
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4Inonder.
À Doesbourg, ils [les Hollandais] ont inondé et noyé une partie des environs
PELLISSON, Lett. histor. t. I, p. 159, dans POUGENS
Il empêcha la perte d'un pays qu'il voulait noyer pour prévenir le siége de Dunkerque
Fontenelle, Vauban.
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Noyer les poudres, introduire de l'eau dans une poudrière, ou dans la soute aux poudres d'un bâtiment, pour prévenir une explosion.
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On noie un bâtiment, lorsqu'on le coule à marée haute, à l'effet de faire périr les animaux nuisibles.
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Mouiller fortement, en parlant de la pluie.
Une pluie traîtresse, qui, sans se faire craindre, se met d'abord à nous noyer, mais noyer à faire couler l'eau de partout nos habits
Mme de Sévigné, 23 août 1671
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Noyer son vin d'eau, mettre trop d'eau dans son vin.
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5Noyer de larmes, inonder de larmes.
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6Fig. Inonder, en parlant de sentiments pénibles.
Il faut aimer pendant la vie, la rendre douce et agréable, ne point noyer d'amertume ni combler de douleurs ceux qui nous aiment
Mme de Sévigné, 27 avr. 1672
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7Fig. Exprimer avec une excessive diffusion. Noyer sa pensée dans un déluge de mots, de paroles.
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8Terme de peinture. Mêler les extrémités des contours avec les contours voisins, de manière qu'ils se fondent insensiblement les uns dans les autres.
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9Terme de marine. On dit qu'on noie une terre, un bâtiment, lorsqu'en s'en éloignant, la convexité du globe en fait successivement disparaître les parties à la vue.
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10Terme de jeu de boule. Noyer une boule, la pousser ou la chasser de manière qu'elle passe une certaine ligne qui est au delà du but.
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11Terme de maréchalerie. Noyer le rivet, l'enfoncer dans la corne.
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12Se noyer, v. réfl. Se donner la mort en se jetant dans une eau profonde. Le désespoir le prit, il se noya.
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Ne pas songer à une chose plus qu'à s'aller noyer, en être tout à fait éloigné.
Je ne songe non plus à l'amour qu'à m'aller noyer
Marivaux, Surp. de l'amour, II, 5
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Mourir suffoqué dans l'eau ou dans quelque liquide.
- Je ne suis pas de ceux qui disent : ce n'est rien ;C'est une femme qui se noie ;Je dis que c'est beaucoup La Fontaine, Fabl. III, 16
Il y a eu bien des gens de noyés dans ce vaisseau du chevalier de Tourville, qui s'est sauvé à la nage ; je crois qu'un de nos chevaliers de Sévigné s'est noyé
Mme de Sévigné, 8 nov. 1679
On plongeait les hommes tout entiers et on les ensevelissait sous les eaux [du baptême] ; et, comme les fidèles les voyaient se noyer, pour ainsi dire, dans les ondes de ce bain salutaire....
Bossuet, 2e panég. St Franç. de Paule, 1
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Il est si malheureux qu'il se noierait dans un crachat, ou, simplement, il se noierait dans un crachat, se dit d'un homme à qui tout tourne mal, ou qui est malhabile.
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Fig. Se noyer dans une goutte d'eau, échouer devant le moindre obstacle, la moindre difficulté.
Vous voyez très bien le faible de celui [raisonnement] du pauvre M. de Cambrai, qui s'égare dans le grand chemin, et qui a voulu se noyer dans une goutte d'eau
Bossuet, Lett. quiét. 270
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Malheureux comme un chien qui se noie, se dit d'un homme très malheureux.
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Il se prend à tout comme un homme qui se noie, se dit d'un homme qui se sert de toute sorte de moyens pour sortir d'une mauvaise affaire.
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13Être plongé dans un liquide trop abondant.
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14Fig. Se ruiner, se perdre.
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C'est un homme qui se noie, c'est-à-dire c'est un homme qui se ruine, qui se perd.
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Se noyer de dettes, contracter des dettes qui dépassent beaucoup l'avoir qu'on a.
Il s'est noyé de dettes
La Bruyère, VI
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15Se noyer dans les larmes, pleurer excessivement.
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16Fig. Se plonger, être plongé dans certaines jouissances ou dans certaines souffrances.
- Ô vous, tristes plaisirs, où leur âme se noie,Vains et derniers efforts d'une imparfaite joie,Moments pour qui le sort rend leurs vœux superflus,Délicieux moments, vous ne reviendrez plus La Fontaine, Adonis.
- Parmi les déplaisirs où son âme se noie,Il s'élève en la mienne une secrète joie Racine, Andr. I, 1
- Ah ! dans le désespoir où mon âme se noie Voltaire, Oreste, IV, 8
Dans les bons vins que votre âme se noie
Voltaire, Cant. des cantiques.
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Se noyer dans la débauche, dans les plaisirs, dans le vin, faire excès de débauche, de plaisirs, de vin.
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17Se noyer, au jeu de boules, pousser sa boule plus loin que la ligne qui est marquée au delà du but.
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18Se noyer d'eau, boire de l'eau avec excès.
Je ne me noie plus d'eau comme je faisais
Racine, Lexique, éd. P. Mesnard.
Étymologie
Wallon, nèi ; Hainaut, néier ; picard et Berry, neyer ; norm. neucher ; génev. nayer ; provenç. negar ; ital. negare ; du lat. necare, proprement tuer, sens qui se trouve dans quelques-uns de nos textes ; quant à faire mourir dans l'eau, ce sens se trouve dès les lois barbares ; et une inscription latine donne : Eufronia.... naufragio necta, Journ. des sav. fév. 1858, p. 91.