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un seul est le mot juste.

noyer dans le Littré

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1noyer s. m. (no-ié ; plusieurs prononcent noi-ié ; J'r ne se lie jamais ; au pluriel, l's se lie : des no-ié-z en fleur)

  1. 1Genre de la famille des juglandées.

    • Le noyer commun, qui a plusieurs variétés, telles que le noyer à coque dure, le noyer à coque tendre ou noyer mésange, le noyer de jauge, le noyer à gros fruit long.

    • Par abréviation, une table de noyer, un lit de noyer, une table, un lit de bois de noyer.

  2. 2Noyer à feuilles de frêne, ancien nom de la ptérocarpe fraxinifoliée, qui a fait partie du genre noyer.

    • Noyer du Japon, nom vulgaire de la gingko bilobée (conifères).

    • Noyer de Ceylan ou des Indes, nom vulgaire de la justicie adhatode (acanthacées) de Linné (Inde) ; c'est la carmentine en arbre de certains auteurs.

      • Noyer de la Jamaïque, un des noms vulgaires de la hure crépitante (euphorbiacées) de Linné, dite vulgairement sablier, LEGOARANT
    • Noyer vénéneux, le mancenillier (euphorbiacées).

  3. 1Ajoutez :

    • La noix est, chez beaucoup de peuples, un des principaux symboles dans les cérémonies du mariage ; au siècle dernier, tout nouveau couple salinois devait planter un noyer aux environs de la ville CH. TOUBIN, Du culte des arbres, Paris, 1862, p. 15

Étymologie

Berry, nogier, nougier, nouère ; prov. noguier, nogier ; cat. noguer ; d'une forme fictive, nucarius, dérivée du latin nux, noix.

2noyer v. a. (no-ié ; plusieurs prononcent noi-ié ; quelques-uns prononcent neyer, dit Chifflet, Gramm. p. 200 ; cette prononciation s'entend encore quelquefois. L'y se change en i devant l'e muet : je noie, je noierai. Je noyais, nous noyions, vous noyiez ; que je noie, que nous noyions, que vous noyiez)

  1. 1Faire mourir d'asphyxie par immersion.

    • Fig.

      • L'intérêt de la tendresse est noyé dans celui de l'orgueil Mme de Sévigné, 368
    • Il n'est bon qu'à noyer, se dit d'une méchante personne ou d'une personne, d'un animal qui n'est bon à rien.

  2. 2Fig. Causer la perte, la ruine d'une personne.

    • Tout ce qui me fâche, c'est de faire du mal ; mais, quand je joue à noyer, et que je me demande lequel je noie de M. de la Jarie ou de moi, je dis sans balancer que c'est M. de la Jarie, et cela me donne du courage Mme de Sévigné, 427
    • Presque tous les hommes noient leurs parents et leurs amis, pour dire un mot de plus au roi et pour lui montrer qu'ils lui sacrifient tout Mme de Maintenon, Lett. au card. de Noailles, 15 nov. 1695
    • Mme de Saint-Simon convint qu'un refus nous noierait en effet sans retour Saint-Simon, 269, 139
    • Pour couronner l'affaire,Achevons de brouiller et de noyer Valère Gresset, Méchant, IV, 9
    • Il se dit, dans un sens analogue, de choses dont on veut détruire l'autorité.

      • Plutôt que de conserver les livres de la Sagesse et les autres, vous aimez mieux noyer sans ressource l'Épître aux Hébreux et l'Apocalypse Bossuet, Projet de réunion, 2e part. Lett. XLI, 25
  3. 3Perdre le souvenir de.... Noyer son chagrin dans le vin.

    • Noyer sa raison dans le vin, perdre la raison à force de boire.

  4. 4Inonder.

    • À Doesbourg, ils [les Hollandais] ont inondé et noyé une partie des environs PELLISSON, Lett. histor. t. I, p. 159, dans POUGENS
    • Il empêcha la perte d'un pays qu'il voulait noyer pour prévenir le siége de Dunkerque Fontenelle, Vauban.
    • Noyer les poudres, introduire de l'eau dans une poudrière, ou dans la soute aux poudres d'un bâtiment, pour prévenir une explosion.

    • On noie un bâtiment, lorsqu'on le coule à marée haute, à l'effet de faire périr les animaux nuisibles.

    • Mouiller fortement, en parlant de la pluie.

      • Une pluie traîtresse, qui, sans se faire craindre, se met d'abord à nous noyer, mais noyer à faire couler l'eau de partout nos habits Mme de Sévigné, 23 août 1671
    • Noyer son vin d'eau, mettre trop d'eau dans son vin.

  5. 5Noyer de larmes, inonder de larmes.

  6. 6Fig. Inonder, en parlant de sentiments pénibles.

    • Il faut aimer pendant la vie, la rendre douce et agréable, ne point noyer d'amertume ni combler de douleurs ceux qui nous aiment Mme de Sévigné, 27 avr. 1672
  7. 7Fig. Exprimer avec une excessive diffusion. Noyer sa pensée dans un déluge de mots, de paroles.

  8. 8Terme de peinture. Mêler les extrémités des contours avec les contours voisins, de manière qu'ils se fondent insensiblement les uns dans les autres.

    • On dit de même : noyer les couleurs.

    • Par extension.

      • Quelquefois le souffle du midi noie la perspective dans une atmosphère de poudre Chateaubriand, Génie, III, V, 2
  9. 9Terme de marine. On dit qu'on noie une terre, un bâtiment, lorsqu'en s'en éloignant, la convexité du globe en fait successivement disparaître les parties à la vue.

  10. 10Terme de jeu de boule. Noyer une boule, la pousser ou la chasser de manière qu'elle passe une certaine ligne qui est au delà du but.

  11. 11Terme de maréchalerie. Noyer le rivet, l'enfoncer dans la corne.

  12. 12Se noyer, v. réfl. Se donner la mort en se jetant dans une eau profonde. Le désespoir le prit, il se noya.

    • Ne pas songer à une chose plus qu'à s'aller noyer, en être tout à fait éloigné.

      • Je ne songe non plus à l'amour qu'à m'aller noyer Marivaux, Surp. de l'amour, II, 5
    • Mourir suffoqué dans l'eau ou dans quelque liquide.

      • Je ne suis pas de ceux qui disent : ce n'est rien ;C'est une femme qui se noie ;Je dis que c'est beaucoup La Fontaine, Fabl. III, 16
      • Il y a eu bien des gens de noyés dans ce vaisseau du chevalier de Tourville, qui s'est sauvé à la nage ; je crois qu'un de nos chevaliers de Sévigné s'est noyé Mme de Sévigné, 8 nov. 1679
      • On plongeait les hommes tout entiers et on les ensevelissait sous les eaux [du baptême] ; et, comme les fidèles les voyaient se noyer, pour ainsi dire, dans les ondes de ce bain salutaire.... Bossuet, 2e panég. St Franç. de Paule, 1
    • Il est si malheureux qu'il se noierait dans un crachat, ou, simplement, il se noierait dans un crachat, se dit d'un homme à qui tout tourne mal, ou qui est malhabile.

    • Fig. Se noyer dans une goutte d'eau, échouer devant le moindre obstacle, la moindre difficulté.

      • Vous voyez très bien le faible de celui [raisonnement] du pauvre M. de Cambrai, qui s'égare dans le grand chemin, et qui a voulu se noyer dans une goutte d'eau Bossuet, Lett. quiét. 270
    • Malheureux comme un chien qui se noie, se dit d'un homme très malheureux.

    • Il se prend à tout comme un homme qui se noie, se dit d'un homme qui se sert de toute sorte de moyens pour sortir d'une mauvaise affaire.

  13. 13Être plongé dans un liquide trop abondant.

  14. 14Fig. Se ruiner, se perdre.

    • C'est un homme qui se noie, c'est-à-dire c'est un homme qui se ruine, qui se perd.

    • Se noyer de dettes, contracter des dettes qui dépassent beaucoup l'avoir qu'on a.

      • Il s'est noyé de dettes La Bruyère, VI
  15. 15Se noyer dans les larmes, pleurer excessivement.

  16. 16Fig. Se plonger, être plongé dans certaines jouissances ou dans certaines souffrances.

    • Se noyer dans la débauche, dans les plaisirs, dans le vin, faire excès de débauche, de plaisirs, de vin.

  17. 17Se noyer, au jeu de boules, pousser sa boule plus loin que la ligne qui est marquée au delà du but.

  18. 18Se noyer d'eau, boire de l'eau avec excès.

    • Je ne me noie plus d'eau comme je faisais Racine, Lexique, éd. P. Mesnard.

Étymologie

Wallon, nèi ; Hainaut, néier ; picard et Berry, neyer ; norm. neucher ; génev. nayer ; provenç. negar ; ital. negare ; du lat. necare, proprement tuer, sens qui se trouve dans quelques-uns de nos textes ; quant à faire mourir dans l'eau, ce sens se trouve dès les lois barbares ; et une inscription latine donne : Eufronia.... naufragio necta, Journ. des sav. fév. 1858, p. 91.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander