nul, nulle adj. (nul, nu-l')
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1Aucun avec négation.
Nulle autre religion que la chrétienne n'a connu que l'homme est la plus excellente créature, et en même temps la plus misérable
Pascal, Pens. part. II, art. 4- Nul mortel en ces lieux n'ignore un sort si triste Voltaire, Mérope, III, 2
- Nul péril ne l'émeut, nul respect ne le touche Voltaire, Orph. IV, 2
- Aussi nul chevalier ne cherche à la défendre Voltaire, Tancr. III, 4
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Il se dit aussi au pluriel. Nulles gens. Nuls frais.
- Nulles raisons d'État ne m'en ont fait de lois Corneille, Sur. II, 3
Un homme qui n'a pris nulles mesures pour un passage dont les suites sont éternelles
Bourdaloue, Carême, Prép. à la mort, 384Ils ne reçoivent nuls avis.... ils n'entendent nulles remontrances
Bourdaloue, Dominic. IV, Conf. 32Il n'y a nuls vices extérieurs et nuls défauts du corps qui ne soient aperçus par les enfants
La Bruyère, XI- À tes devoirs par toi nuls objets préférésN'ont distrait tes esprits sous ces bosquets sacrés Casimir Delavigne, Paria, III, 1
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Il se met avec sans.
- Déjà ce malheureux sans nuls empêchementsÉtait prêt à sortir de nos retranchements MAIR., Sophon. I, 4
- C'est moi-même, messieurs, sans nulle vanité MOLIÈRE, Misanthrope, V, 4
Sans nuls égards pour les petits
La Bruyère, XIV
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Nul.... que, c'est-à-dire nul.... si ce n'est....
La princesse palatine change en un moment tout entière : nulle parure que la simplicité, nul ornement que la modestie
Bossuet, Anne de Gonz.J'ai rapporté environ quarante passages pour les comparer à quatorze ou quinze propositions condamnables.... et il ne s'est trouvé nulle ressemblance qu'informe et confuse entre les uns et les autres
Bossuet, Passages éclaircis, XXVIII
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2Au masc. et au sing. Nul, employé absolument, signifie nul homme.
Ma retraite, Nul que Dieu seul et moi n'en connaît les chemins
La Fontaine, Fabl. X, 4- Nul que moi ne s'y tient, et j'en garde la clef Molière, Ét. V, 2
Un sage religieux qu'il appelle exprès règle les affaires de sa conscience ; il obéit, humble chrétien, à sa décision ; et nul n'a jamais douté de sa bonne foi
Bossuet, Louis de Bourbon- ....Vous savez qu'entre tous vos aïeuxNul n'éleva si haut la grandeur ottomane Racine, Baj. II, 1
- Nul ne leur a plus fait acheter la victoire Racine, Mith. V, 5
- Nul n'est content de sa fortune,Ni mécontent de son esprit DESHOUL., Réflex. 8
- Nul de nous de sang-froid, avouons-le sans honte,N'envisage la nuit L. RACINE, Épître sur l'homme
Nul à Paris ne se tient dans sa sphère
Voltaire, Étrennes aux sots.
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Il se dit aussi au pluriel.
Que nuls ne puissent être arrêtés dans la lecture de Théophraste
La Bruyère, Disc. sur Théoph.
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3Qui est sans valeur, sans effet, qui se réduit à rien, en parlant des choses.
- Son amour doit se taire, ou toute excuse est nulle Corneille, Hor. V, 1
Nous vous déclarons que les lettres qu'il vous avait envoyées contre eux en notre nom, sont nulles et de nulle valeur
Saci, Bible, Esth. XVI, 17Serons-nous fort contents d'une pénitence commencée à l'agonie.... d'une pénitence nulle, douteuse si vous le voulez....
Bossuet, Anne de Gonz.Je ne sais voir qu'autant que je suis ému ; les objets indifférents sont nuls à mes yeux
J.-J. Rousseau, Corresp. t. IV, p. 24, dans POUGENSAinsi ses moyens de plaire sont nuls
Beaumarchais, Barbier, I, 4
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Lettre nulle, lettre qui ne se prononce pas. L'l finale est nulle dans baril, chenil, coutil, etc.
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Son crédit est nul, son talent est nul, il n'a point de crédit, de talent.
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En parlant des personnes, qui, pour ainsi dire, n'a pas d'existence.
J'avais la mortification d'être nul pour elle
J.-J. Rousseau, Confess. IIIIl ne me traitait pas précisément comme son inférieur, il me regardait comme nul
J.-J. Rousseau, ib. IXAyant tout usé jusqu'à la débauche, il [le régent] avouait quelquefois qu'il ne goûtait plus le vin, et qu'il était devenu nul pour les femmes
Duclos, Œuvr. t. VI, p. 128
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C'est un homme nul, c'est un homme sans valeur, sans mérite.
Sachant que cet homme, nul par lui-même, ne pense et n'agit que par l'impulsion d'autrui
J.-J. Rousseau, Confess. XVoilà comment, avec des sentiments quelquefois élevés et grands, il fut toujours petit et nul par sa conduite
J.-J. Rousseau, 2e dial.
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En un sens restreint. C'est un homme nul dans sa compagnie, c'est un homme qui n'a dans sa compagnie ni autorité ni considération.
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4En termes de jurisprudence, nul se dit des actes qui, étant contraires aux lois pour le fond ou pour la forme, sont comme s'ils n'étaient pas. Faire déclarer nul un testament. Cette donation est nulle. Cela est nul, de toute nullité.
- Ce mariage est nul au jugement de tous MAIR., Sophon. IV, 5
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5Terme de botanique. Qui manque entièrement. Calice nul. Graines nulles.
Remarque
1. Nul prend toujours la négation quand il est employé comme adjectif déterminatif, ou placé avant son substantif (exprimé ou sous-entendu) ; au contraire il ne la prend pas quand il est employé comme adjectif qualificatif : C'est un homme nul. 2. Dans le sens de pas un, nul se met avant son substantif. 3. On a critiqué ce vers-ci : En effet le pronom la représente non pas la paix, mais nulle paix ; toutefois le vers est très clair ; et ici la clarté suffit pour justifier la locution. Cependant, en général, la remarque est juste, et il faudrait se garder, excepté en des cas aussi clairs que celui de Racine, d'employer cette construction.
Synonymes
NUL, AUCUN. La différence est que nul a, de soi, un sens négatif, et que aucun a, de soi, un sens positif ; il ne prend, primitivement, le sens négatif qu'avec une négation ; et c'est seulement par abus que, sans négation, il est employé quelquefois au sens de pas un.
Étymologie
Wallon, nou, nol devant une voyelle, nouk à la fin d'une phrase, nole au féminin ; bourg. nun ; provenç. nul, nulh, nuill ; portug. et ital. nullo ; du lat. nullus, composé de ne, et ullus, aucun, qu'on suppose être pour unulus, diminutif de unus, un. Dans l'ancienne langue, on disait nului, au régime, qui s'est conservé jusque dans le XVIe siècle.