obéir v. n. (o-bé-ir)
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1Faire ce que veut un autre, faire ce qui est commandé.
- Qui ne peut être aimé, se peut faire obéir Corneille, Héracl. I, 2
- Comme Phorbas avait mal obéi.... Corneille, Œdipe, V, 6
Il est meilleur d'obéir à Dieu qu'aux hommes
Pascal, Pens. XXIV, 66 bis, édit. HAVET.Il serait bon qu'on obéît aux lois et coutumes, parce qu'elles sont lois.... qu'ainsi il faut seulement suivre les reçues : par ce moyen on ne les quitterait jamais
Pascal, ib. VI, 40Le prince obéit à la décision d'un sage religieux
Bossuet, Louis de Bourbon.Madame la Dauphine, éloignée de toute curiosité et présomption, ne savait que deux choses : obéir et croire
Fléchier, Dauphine.- La rime est une esclave et ne doit qu'obéir Boileau, Art poét. I
- Et, l'amour seul alors se faisant obéir,Vous m'aimeriez, madame, en me voulant haïr Racine, Andr. II, 2
- La gloire d'obéir est tout ce qu'on nous laisse Racine, ib. III, 2
Vous avez entendu ce que je vous demande, Madame : je le veux et je vous le commande, Obéissez
Racine, Iph. III, 1Quoique je les [les femmes d'un sérail] garde pour un autre, le plaisir de me faire obéir me donne une joie secrète
Montesquieu, Lett. pers. 9Un peuple libre obéit, mais il ne sert pas ; il a des chefs, et non pas des maîtres ; il obéit aux lois, mais il n'obéit qu'aux lois ; et c'est par la force des lois qu'il n'obéit pas aux hommes
J.-J. Rousseau, Lett. de la mont. 9- Eh ! quel bien, dites-moi, vaut le charme suprêmeD'obéir à son âme et de plaire à soi-même ? Delille, Imag. VI
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2Être sujet d'un prince.
- Sans lui j'obéirais où je donne la loi Corneille, Hor. V, 3
Écoutez la suite de la prophétie : je veux que ces peuples lui obéissent, et qu'ils obéissent encore à son fils, jusqu'à ce que le temps des uns et des autres vienne
Bossuet, Reine d'Anglet.Trézène m'obéit
Racine, Phèdre, II, 2- Ainsi par le destin nos vœux sont traversés,J'obéissais alors, et vous obéissez Racine, Brit. III, 8
Plus heureux d'obéir à une nation barbare qu'à un gouvernement corrompu
Montesquieu, Esp. XIII, 16- Pour qu'on vous obéisse, obéissez aux lois Voltaire, Brutus, III, 6
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3Il se dit des animaux. Le chien obéit à son maître. Le chat n'obéit pas.
- Ces superbes coursiers qu'on voyait autrefoisPleins d'une ardeur si noble obéir à sa voix Racine, Phèdre, V, 5
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Ce cheval obéit bien à l'éperon, à la main, aux aides, il se laisse gouverner, manier aisément.
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4Faire ce à quoi on est contraint par une certaine nécessité. Obéir à la force. Obéir à la nécessité. Il faut que les passions obéissent à la raison.
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S'obéir à soi-même, suivre les conseils qu'on reçoit de sa propre raison.
La volonté commande, et elle-même qui commande ne s'obéit pas ; éternel obstacle à ses désirs propres, elle est toujours aux mains avec ses propres désirs
Bossuet, 2e serm. Jeudi de la sem. de la pass. 1
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5Fig. En parlant des choses inanimées, céder, plier. L'osier obéit. Ce bois obéit sans se rompre.
- Tel qu'un ruisseau docileObéit à la main qui détourne son cours Racine, Esth. II, 9
Cette pierre n'est point schisteuse ; elle obéit très bien au ciseau
SAUSSURE, Voy. Alpes, t. V, p. 154, dans POUGENS
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Il se dit aussi des choses qui cèdent aux lois, aux forces naturelles. Les corps obéissent à la gravitation.
C'est ainsi qu'obéissant aux deux forces combinées, ce corps descendra comme il est monté, c'est-à-dire de diagonale en diagonale, jusqu'au point le plus bas
Condillac, Art de rais. III, 1Ce levier obéissant à des contre-poids suspendus extérieurement au bras opposé
GIRARD, Instit. Mém. scienc. t. VII, p. 423
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Terme de marine. Obéir à la barre, au gouvernail, céder à l'effort que fait le gouvernail pour changer la direction de la route.
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6Se dit, à plusieurs jeux de cartes, de l'action de celui qui fournit la couleur demandée.
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7Obéir est un verbe neutre dont, par exception, le participe passé se prend au sens passif.
À quoi la force doit-elle servir qu'à défendre la raison ? et pourquoi commandent les hommes si ce n'est pour faire que Dieu soit obéi ?
Bossuet, Reine d'Anglet.Il y a des hommes qui doivent être obéis par d'autres hommes et servis par d'autres hommes
Bourdaloue, Purif. de la Vierge, Myst. t. II, p. 236Il est dangereux de l'habituer [Louis XV enfant] à obéir aveuglément : car ou il serait gouverné, ou il voudrait être obéi de même
Mme de Maintenon, Lett. à Mme la duch. de Ventadour, 14 juin 1715- Quand vous commanderez, vous serez obéi Racine, Iph. IV, 4
Lorsque vous aviez cette passion furieuse, votre volonté n'était plus obéie par vos sens
Voltaire, Métaph. 7La nature a fait les enfants pour être aimés et secourus ; mais les a-t-elle faits pour être obéis et craints ?
J.-J. Rousseau, Ém. II
Étymologie
Bourguig. oboïtre ; provenç. obedir, obezir ; catal. obeir ; ital. ubbidire ; du lat. obedire ; l'orthographe archaïque en est oboedire, de ob, et audire, écouter ; oe se rattache à l'u de audire, comme dans moenia et munire, poena et punire.