Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

obéir dans le Littré

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obéir v. n. (o-bé-ir)

  1. 1Faire ce que veut un autre, faire ce qui est commandé.

  2. 2Être sujet d'un prince.

  3. 3Il se dit des animaux. Le chien obéit à son maître. Le chat n'obéit pas.

    • Ce cheval obéit bien à l'éperon, à la main, aux aides, il se laisse gouverner, manier aisément.

  4. 4Faire ce à quoi on est contraint par une certaine nécessité. Obéir à la force. Obéir à la nécessité. Il faut que les passions obéissent à la raison.

    • S'obéir à soi-même, suivre les conseils qu'on reçoit de sa propre raison.

      • La volonté commande, et elle-même qui commande ne s'obéit pas ; éternel obstacle à ses désirs propres, elle est toujours aux mains avec ses propres désirs Bossuet, 2e serm. Jeudi de la sem. de la pass. 1
  5. 5Fig. En parlant des choses inanimées, céder, plier. L'osier obéit. Ce bois obéit sans se rompre.

    • Il se dit aussi des choses qui cèdent aux lois, aux forces naturelles. Les corps obéissent à la gravitation.

      • C'est ainsi qu'obéissant aux deux forces combinées, ce corps descendra comme il est monté, c'est-à-dire de diagonale en diagonale, jusqu'au point le plus bas Condillac, Art de rais. III, 1
      • Ce levier obéissant à des contre-poids suspendus extérieurement au bras opposé GIRARD, Instit. Mém. scienc. t. VII, p. 423
    • Terme de marine. Obéir à la barre, au gouvernail, céder à l'effort que fait le gouvernail pour changer la direction de la route.

  6. 6Se dit, à plusieurs jeux de cartes, de l'action de celui qui fournit la couleur demandée.

  7. 7Obéir est un verbe neutre dont, par exception, le participe passé se prend au sens passif.

    • À quoi la force doit-elle servir qu'à défendre la raison ? et pourquoi commandent les hommes si ce n'est pour faire que Dieu soit obéi ? Bossuet, Reine d'Anglet.
    • Il y a des hommes qui doivent être obéis par d'autres hommes et servis par d'autres hommes Bourdaloue, Purif. de la Vierge, Myst. t. II, p. 236
    • Il est dangereux de l'habituer [Louis XV enfant] à obéir aveuglément : car ou il serait gouverné, ou il voudrait être obéi de même Mme de Maintenon, Lett. à Mme la duch. de Ventadour, 14 juin 1715
    • Quand vous commanderez, vous serez obéi Racine, Iph. IV, 4
    • Lorsque vous aviez cette passion furieuse, votre volonté n'était plus obéie par vos sens Voltaire, Métaph. 7
    • La nature a fait les enfants pour être aimés et secourus ; mais les a-t-elle faits pour être obéis et craints ? J.-J. Rousseau, Ém. II

Étymologie

Bourguig. oboïtre ; provenç. obedir, obezir ; catal. obeir ; ital. ubbidire ; du lat. obedire ; l'orthographe archaïque en est oboedire, de ob, et audire, écouter ; oe se rattache à l'u de audire, comme dans moenia et munire, poena et punire.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander