obscurément adv. (ob-sku-ré-man)
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1Sans clarté.
La nuit approchait, on ne voyait les objets qu'obscurément
Dict. de l'Acad.
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2D'une manière brune, foncée, en parlant de teintes.
Le dessus du dos, de la tête et des ailes est d'un brun obscurément teint de verdâtre
BUFFON, Oiseaux, t. IX, p. 471
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3D'une manière à peine visible.
À son origine, le cœur n'est qu'une vésicule obscurément contractile
CL. BERNARD, Rev. des Deux-Mondes, 1865, p. 242
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4Fig. D'une manière peu intelligible.
- Quoi ! mon père tantôt parlait obscurément Corneille, Œdipe, III, 3
Si le temps [du Messie] eût été prédit obscurément
Pascal, Pensées, XX, 11, éd. HAVET.Dans cette grammaire, dont l'objet ne paraissait pas devoir effrayer les âmes pieuses, les phrases citées par l'auteur pour exemples de ses préceptes étaient une suite d'assertions obscurément impies contre l'existence de Dieu, la spiritualité de l'âme, et les autres vérités que la religion nous oblige de croire
D'Alembert, Éloges, Girard.- Dois-je, au lieu de Laharpe, obscurément écrire :C'est ce petit rimeur, de tant de prix enflé GILBERT, Mon apologie.
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5Fig. Sans renom, sans éclat.
Il dévore en secret ses sentiments d'humanité, il gémit obscurément sur la nature humaine
Voltaire, Lett. d'Argental, 6 août 1766Rien n'est si désagréable que d'être pendu obscurément
Voltaire, Voyage de la raison.Le bonheur, cet objet de nos désirs, mais qui fuit et repousse la grandeur et les richesses, serait-il donc obscurément attaché à la médiocrité en tout genre ?
D'Alembert, Éloges, Segrais.Soldat obscurément utile, Je ne partageais les lauriers Ni de Saxe, ni de Belle-Isle
ST-LAMB., Pièc. fug. sur la paix de 1748Dans les bras d'une épouse chérie Je goûte obscurément les doux fruits de ma vie
Lamartine, Méd. I, 20
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6Fig. D'une manière mal éclaircie, qui n'est pas bien certaine.
- Obscurément plongé dans ce doute cruel,Mes yeux, chargés de pleurs, se tournaient vers le ciel Voltaire, 2e discours.
Il se répandit obscurément de tous côtés que les Malais, qui seuls avaient des relations avec ces contrées, avaient porté du girofle et de la muscade dans plusieurs marchés
Raynal, Hist. phil. II, 25L'empereur flattait encore obscurément une espérance qu'il n'avait pas
VILLEMAIN, Souv. cont. Cent-J. ch. v.
Étymologie
Obscure, et le suffixe ment ; ital. oscuramente.