offenser v. a. (o-fan-sé)
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1Faire une offense.
- Comme si vous servir était vous offenser Malherbe, V, 11
- Tu ne peux de ce peuple empêcher le malheur,Sans offenser ensemble et Rome et ton honneur MAIRET, Mort d'Asdr. I, 4
- Des deux côtés j'offense et ma gloire et les dieux Corneille, Cinna, III, 2
- Qui pardonne aisément invite à l'offenser Corneille, ib. IV, 3
Comme nous nous affectionnons de plus en plus aux personnes à qui nous faisons du bien, nous haïssons violemment ceux que nous avons beaucoup offensés
La Bruyère, IVIl [l'éléphant] n'attaque jamais que ceux qui l'ont offensé
Buffon, Quadrup. t. IV, p. 194
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Absolument.
- Si, dès que l'on offense, on ne pardonne point Tristan L'Hermite, Marianne, IV, 1
Un malheur continuel [au jeu] pique et offense ; on est honteux d'être houspillé par la fortune
Mme de Sévigné, 9 mars 1672Parler et offenser, pour de certaines gens, est précisément la même chose
La Bruyère, V
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2Offenser Dieu, pécher. Ne faites pas cela, c'est offenser Dieu.
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Absolument.
S'ils n'offensaient que rarement
Pascal, Prov. X
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3Fig. Choquer, blesser.
Notre air étranger n'offense plus personne
Montesquieu, Lett. pers. 48
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Il se dit aussi des choses auxquelles on fait une sorte de tort. Il est facile d'offenser sa vanité.
- Un roi peut oublier, sans offenser sa gloire,D'un sujet criminel la faute la plus noire DU RYER, Scévole, III, 2
Le petit homme est poli, et craignait d'offenser mes chastes oreilles
Mme de Sévigné, 289Il eût fallu éviter de lui écrire [au maréchal d'Estrées, pour ne pas lui donner le monseigneur] ; car de cette manière on n'offense pas sa gloire ou celle de son ami
Mme de Sévigné, 26 mai 1681Avouez que vous avez cruellement offensé l'amitié qui était entre nous, et je suis désarmée
Mme de Sévigné, à Bussy, 26 juill. 1668Il y a des puissances sur la terre dont le nom même s'attire un si grand respect, que c'est en offenser la majesté que de présumer qu'on puisse penser contre elles de certaines choses
Bossuet, Signatures des docteurs.Qui est-ce qui veut se priver de tant de choses superflues qui offensent la tempérance ou la modestie chrétienne ?
Fléchier, Panég. II, p. 225- Tant de raisonnements offensent ma colère Racine, Andr. IV, 3
De Joad l'inflexible rudesse De leur superbe oreille [des princes] offensait la mollesse
Racine, Ath. III, 3- Dois-je croire qu'assise au trône des Césars,Une si belle reine offensât ses regards ? Racine, Bérén. II, 1
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4Pécher contre.
Je suis une sotte ; j'ai offensé la géographie : vous ne passez pas par Moulins, la Loire n'y va point
Mme de Sévigné, 23 oct. 1676Dieu de mes pères, qu'ai-je fait pour mériter une pareille récompense ? toute ma vie, j'ai offensé vos lois, et vous me comblez de félicité
Chateaubriand, Mart. XII
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5Faire une blessure à une personne (sens qui vieillit).
S'étant saisis de la puissance souveraine.... ils en usent comme les enfants se servent de leurs couteaux, qui s'en blessent le plus souvent, et en offensent leurs mères et leurs nourrices
Guez de Balzac, 2e disc. sur la cour.
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Faire une lésion à quelque organe. La balle a offensé le poumon.
La blessure de M. de Marsillac est un coup de mousquet dans l'épaule et dans la mâchoire, qui n'offense pas l'os
Mme de Sévigné, 17 juin 1672
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Terme de manége. Blesser la bouche d'un cheval.
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Par analogie.
La petite poitrine [de Mme de Coulanges] est fort offensée de cette fièvre
Mme de Sévigné, 18 sept. 1676Je me suis fort bien portée et comportée par les chemins ; la contrainte offense un peu mes genoux ; mais en marchant elle se passe
Mme de Sévigné, 24 mars 1676Comme la lumière offense les yeux des animaux qui ont accoutumé de ne sortir de leurs retraites que pendant la nuit
Fénelon, Tél. XVIII- Le froid n'offense point son corps sans vêtement ST-LAMB., Saisons, IV
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6S'offenser, v. réfl. Se faire à soi-même une offense.
Je m'offenserais moi-même, si je pouvais un moment me défier de vous
J.-J. Rousseau, Hél. IV, 5
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7Se fâcher, se piquer. S'offenser d'un rien.
- Ne vous offensez pas, princesse, de nous voirDe vos yeux à vous-même expliquer le pouvoir Corneille, Rodog. III, 4
- Hé ! mon Dieu ! tout cela n'a rien dont il s'offense Molière, Fem. sav. IV, 3
- Vous qui, vous offensant de mes justes terreurs,Avez dans tout le camp répandu vos fureurs Racine, Iphig. IV, 6
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Il se dit aussi des choses.
Notre amour s'en offense
Corneille, Rodog. III, 4
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S'offenser contre quelqu'un, se fâcher, s'irriter contre lui. M. de Vaugelas remarque qu'il faut dire s'offenser contre quelqu'un, au lieu de s'offenser de quelqu'un, Acad. Obs. sur Vaugel. p. 409, dans POUGENS.
Étymologie
Offense. L'ancienne langue disait ofendre, qui s'est perpétué jusque dans le XVIe siècle, mais qui ne l'a pas dépassé.