Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

onde dans le Littré

6 articles· 149 citations· rimes· synonymes

1onde s. f. (on-d')

  1. 1Eau qui se soulève. Le vent fait des ondes sur la rivière.

  2. 2Fig. Il se dit des passions, des sentiments qui se soulèvent comme une onde.

    • La douleur.... a ses vagues impétueuses, qu'elle pousse avec violence ; elle s'élève par ondes ainsi que la mer, et, lorsqu'on la croit apaisée, elle s'irrite souvent avec une nouvelle furie Bossuet, 1er sermon, passion, 1
    • Il l'a dite cette injure, il l'a dite d'un ton aigre et méprisant ; les ondes de la colère s'élèvent plus fort.... Bossuet, Sermons, Charité fratern. 1
  3. 3Dans le style élevé, l'eau en général.

  4. 4Onde se dit de tout ce qui a un mouvement de soulèvement semblable à celui de la mer.

    • S. F. pl. Terme de beaux-arts. Lignes composées d'une succession de courbes alternativement concaves et convexes. Les ondes d'une colonne torse, les courbes du profil de cette colonne.

  5. 5Il se dit des teintes, des nuances qui imitent une onde. Les ondes de la moire. Les ondes d'un bois veiné.

    • Elle a déterminé Mme de Lesdiguières à prendre une livrée magnifique et modeste ; c'est un fond isabelle.... et sur ce fond.... elle a mis un large velouté noir de quatre doigts, en onde Mme de Sévigné, à Guitaut, 11 mai 1683
    • La gorge, la tête, tout le dessus du corps jusqu'au bout de la queue sont noirs ; on voit seulement au dos et aux épaules quelques ondes roussâtres Buffon, Ois. t. IX, p. 333
    • Son plumage est très richement émaillé par le fauve jaunâtre et le beau noir qui s'y entremêlent en ondes, en taches et en festons Buffon, ib. t. XIII, p. 45
    • Ondes, nom donné à des lignes de différentes couleurs, qui vont en serpentant sur la robe d'un coquillage.

  6. 6Soulèvement dans une matière solide.

    • Il se forme, à la surface de ces masses, des trous, des ondes, des aspérités ; et au-dessous de la surface il se fait des vides, des cavités, des boursouflures Buffon, 2e ép. nat. Œuvr. t. XII, p. 101
    • Défaut dans le verre.

  7. 7Nom donné aux traces circulaires qui se propagent à la surface d'un liquide qui a été ébranlé dans un de ses points.

    • Lorsqu'on agite l'eau à un endroit de sa surface, on voit se former des ondes qui se propagent circulairement autour d'un centre commun POISSON, Inst. Mém. scienc. t. I, p. 71
    • Expériences dans lesquelles on a observé le temps que la première onde produite par l'immersion d'un corps solide d'une figure connue emploie à parcourir un espace égal à un mètre POISSON, ib. p. 172
    • Si l'on agite l'eau en plusieurs endroits à la fois, les ondes produites auront lieu simultanément et sans aucune modification résultant de leur coexistence POISSON, ib. t. VIII, p. 574
    • Onde positive, onde marchant dans le sens du mouvement communiqué à un liquide, par l'injection d'une certaine quantité de liquide. Onde négative, onde marchant en sens inverse et produite par le retrait d'une certaine quantité.

    • Onde sismique, ondulation du terrain, dans un tremblement de terre.

  8. 8Terme de physique. Ondes sonores, ondulations de l'air, que l'on admet, par analogie avec les ondes de l'eau, pour expliquer les phénomènes du son.

    • Onde muette, vibration trop lente pour être perceptible à l'oreille.

  9. 9Ondes lumineuses, ondulations qu'on suppose dans un fluide hypothétique, l'éther, et qui ont la propriété de représenter pour le calcul les phénomènes de la lumière.

    • Suivant le système des ondulations, la variété infinie des rayons de diverses couleurs qui composent la lumière blanche provient tout simplement de la différence de longueur des ondes lumineuses, comme les divers tons musicaux de celle des ondes sonores FRESNEL, Inst. Mém. scienc. 1821 et 1822, t. V, p. 342
  10. 10Masse de matière qui double l'épaisseur du cerveau d'une cloche.

  11. 11Sorte de levier qui joue sur la barre fendue du métier à bas.

    • Ondes d'échappement, sorte de rateau mobile établi à la partie supérieure du métier à tricot.

  12. 12Outil à ondes, outil servant en menuiserie à faire les moulures.

Synonymes

ONDE, FLOT. Onde exprime seulement le mouvement de va-et-vient d'une onde qui se soulève. Le flot ajoute à cette idée quelque chose de plus fort, de plus soulevé.

Étymologie

Wallon, ombe ; provenç. onda, unda, honda ; espagn. et ital. onda ; du lat. unda, flot ; sansc. uda, eau, de und, être humide.

2ondé, ée adj. (on-dé, dée)

  1. 1Qui présente des lignes colorées irrégulières en forme d'ondes. Une surface ondée.

    • La queue est ondée de blanc Buffon, Ois. t. II, p. 192
    • Il [le bois de quinquina] est ondé d'aurore ; on en pourrait orner Les maisons où le luxe a droit de dominer La Fontaine, Quinquina, II
    • La manière de porter la Toison d'or a fort varié, et est maintenant fixée au ruban rouge ondé au cou Saint-Simon, 83, 86
    • Une levrette blanche, au museau de gazelle, Au poil ondé de soie, au cou de tourterelle Lamartine, Joc. III, 120
  2. 2Qui présente des élévations et des enfoncements.

    • Il a les bords du bec supérieur non pas droits mais ondés Buffon, Ois. t. XII, p. 41
    • Les couches [d'un certain terrain] sont peu épaisses, ondées et coupées fréquemment par des fentes parallèles entre elles et perpendiculaires à leurs plans SAUSSURE, Voy. Alpes, t. III, p. 247, dans POUGENS
    • Cheveux ondés, cheveux en bandeaux plats, il est vrai, mais qui y sont rangés en lignes ondulées, non droites.

Étymologie

Onde.

3fécond, onde adj. (fé-kon, kon-d' ; le d se lie et se prononce comme un t : un fé-kon-t écrivain ; au pluriel, l's se lie : de fé-kon-z écrivains)

  1. 1Propre à la reproduction, qui peut produire beaucoup.

    • Les négresses sont fort fécondes et accouchent avec beaucoup de facilité et sans aucun secours Buffon, Hist. nat. hom. Œuv. t. V, p. 132, dans POUGENS
    • On peut dire en général que les grands animaux sont moins féconds que les petits : la baleine, l'éléphant, le rhinocéros, le chameau, le bœuf, le cheval, l'homme, etc. ne produisent qu'un fœtus et très rarement deux Buffon, Hist. anim. chap. 9
    • Race féconde, race d'animaux qui se fait remarquer dans l'espèce par son abondante multiplication.

    • Plante féconde, plante qui produit beaucoup.

    • Fleur féconde, fleur qui donne du fruit

    • Œuf fécond, œuf dont le germe a été fécondé.

  2. 2Qui produit abondamment, en parlant de la terre ou de ce qui est comparé à la terre. Des champs féconds. Des terres fécondes.

  3. 3Fig. Il se dit de tout ce qui, par comparaison à la terre, produit abondamment.

    • Principe fécond, principe dont on déduit un grand nombre de conséquences.

    • Sujet, matière féconde, sujet, matière qui prête beaucoup à l'imagination de l'artiste, du poëte.

    • On dit de même esprit fécond, imagination féconde.

    • Auteur fécond, auteur qui a beaucoup écrit.

  4. 4Fécondant. Des pluies fécondes. Les eaux fécondes du Nil.

Synonymes

FÉCOND, FERTILE. Étymologiquement fécond est ce qui engendre, donne la naissance, a la vertu d'engendrer, de donner la naissance ; fertile est ce qui porte, et, ici, ce qui porte moisson, production, etc. On voit donc que l'on peut dire sans nuance bien sensible une terre féconde, et une terre fertile, mais on dira une vertu féconde et non une vertu fertile ; car partout où l'idée de force productive intervient, c'est fécond qui doit être employé et non fertile. De même on dira un esprit fécond, parce que cet esprit est représenté comme ayant la vertu de produire ; mais, si on le dit fertile, il faudra ajouter en quoi : fertile en ressources, en inventions, etc. parce que, avec fertile, il faut énoncer ce qui est porté, produit. On trouve la différence entre ces deux mots bien marquée dans cette phrase : Fertile est pour la terre un sens propre ; fécond n'y est qu'une métaphore. On dit d'une femelle qu'elle est féconde, et non pas fertile. Fécond s'applique à l'organisme produisant, fertile à la terre.

Étymologie

Lat. fecundus, de l'inusité feo, produire (voy. FÉTUS), qui se rapporte à φύω, produire, et au sanscrit bhu, être.

4profond, onde adj. (pro-fon, fon-d' ; le d du masculin se lie et se prononce comme un t : un profon-t archéologue ; au pluriel, l's se lie : de pro-fon-z archéologues)

  1. 1Dont le fond est très éloigné de l'ouverture, du bord. Puits profond.

    • Fig.

      • C'est dans cet abîme profond [l'incrédulité] que la princesse palatine allait se perdre Bossuet, Anne de Gonz.
  2. 2Qui pénètre fort avant. Blessure profonde.

  3. 3Il se dit d'une eau qui coule dans un lieu profond. Rivière profonde.

  4. 4Terme d'anatomie. Muscles profonds, certains muscles situés plus loin sous la peau que leurs congénères.

    • Terme de médecine. Pouls profond, pouls dont les battements se font sentir comme si l'artère était très enfoncée sous la peau.

  5. 5Il se dit, en certains cas, de ce qui présente une grande longueur perpendiculairement à la façade. Cette maison n'a guère de face, mais elle est profonde.

    • Terme de tactique. L'ordre profond par opposition à l'ordre mince, disposition d'une troupe sur une grande profondeur.

      • D'un pas ferme et pressé, d'un front toujours égal S'avance vers nos range la profonde colonne [des Anglais] Voltaire, Fontenoi.
  6. 6Fig. Difficile à pénétrer, à connaître. Sciences profondes. De profonds mystères. Je vous demande un profond secret.

  7. 7Fig. Qui pénètre fort avant dans la connaissance des choses. Une profonde érudition.

    • Et si dans une profonde doctrine vous n'aviez une plus profonde humilité Guez de Balzac, liv. XII, lett. 16
    • Quiconque voit bien l'homme, et, d'un esprit profond,De tant de cœurs cachés a pénétré le fond... Boileau, Art poét. III
    • Un homme d'un esprit profond Fénelon, Tél. XII
    • Des livres profonds ne donneront point de cours à une langue ; on les traduira, on apprendra la philosophie de Newton ; mais on n'apprendra pas l'anglais pour l'entendre Voltaire, Dict. phil. Langues.
    • M. de Villoison, que son profond savoir a fait recevoir à l'Académie des belles-lettres de Paris avant l'âge de vingt ans D'Alembert, Lett. au roi de Pr. 25 avril 1774
    • Après la plus profonde discussion Raynal, Hist. phil. IV, 32
    • En parlant des personnes. Un profond politique.

      • Très instruit dans l'histoire, profond dans la jurisprudence, et, ce qui est plus rare, éloquent Voltaire, Louis XIV, écrivains, d'Aguesseau.
      • Montrant dans toutes ces études un esprit juste et de la facilité, mais s'y livrant avec trop peu de suite et de constance pour mériter, dans aucun genre, le titre d'homme vraiment profond, titre qui ne s'acquiert jamais que par un travail continu et opiniâtre Condorcet, Courtanvaux.
      • Paraître profond quand on n'est, comme on dit, que vide et creux Beaumarchais, Mar. de Figaro, III, 5
      • Pour paraître profond aux yeux des gens du monde, il faut être ennuyeux Mme de Genlis, Veillées du château t. III, p. 31, dans POUGENS
    • Un profond scélérat, un scélérat consommé.

  8. 8Dont l'âme ressent fort avant.

    • Profonde dans vos sentiments et légère dans vos goûts Mme de Staël, Corinne, I, 3
    • Il se dit des sentiments en un sens analogue.

      • Il me semble que la retraite rend les passions plus vives et plus profondes Voltaire, Lett. Mme du Deffant, 31 déc. 1774
  9. 9Grand, extrême dans son genre.

    • Dans un profond ennui ce lièvre se plongeait La Fontaine, Fabl. II, 14
    • Tant de mémorables circonstances, la colère de Dieu si marquée.... le [Titus] tenaient dans un profond étonnement Bossuet, Hist. II, 8
    • Le calme profond de nos jours devait-il être précédé par de tels orages ? Bossuet, Anne de Gonz.
    • L'empire jouissait d'une paix profonde depuis la défaite de Maxime Fléchier, Hist. de Théod. IV, 1
    • C'est un homme d'honneur, de piété profonde,Et qui veut rendre à Dieu ce qu'il a pris au monde Boileau, Sat. IX
    • Sa douleur profonde M'ordonne toutefois d'écarter tout le monde Racine, Phèd. I, 2
    • Qu'en un profond oubliCet horrible secret demeure enseveli ! Racine, ib. II, 6
    • C'était pendant l'horreur d'une profonde nuit Racine, Ath. II, 5
    • On était à Varsovie dans une tranquillité profonde, et Stanislas comptait en partir dans peu de jours... Voltaire, Charles XII, 3
    • Telle était la profonde ignorance dans laquelle Charles II avait été élevé que, quand les Français assiégèrent Mons, il crut que cette place appartenait au roi d'Angleterre Voltaire, Louis XIV, 17
    • Je sais le profond respect que la prose doit à la poésie Voltaire, Lett. St-Lambert, 7 mars 1769
    • Il [le renard] a le sommeil profond ; on l'approche aisément sans l'éveiller Buffon, Quadrup. t. II, p. 214
    • Ma tête fatiguée et presque épuisée par quarante ans de méditations profondes D'Alembert, Tomb. L'Espin.
    • Profonde révérence, profonde inclination, révérence, inclination faite en se courbant extrêmement bas.

    • Solitude profonde, retraite profonde, solitude, retraite éloignée de la société des hommes.

      • Un rat.... Dans un fromage de Hollande Se retira loin du tracas ; La solitude était profonde La Fontaine, Fabl. VII, 3
  10. 10Il se dit de la couleur noire dont la nuance est foncée.

    • Leur couleur [des nègres de Gorée], qui est d'un noir d'ébène profond et éclatant Buffon, Hist. nat. hom. Œuv. t. v, p. 133
  11. 11S. m. Le fond, la profondeur.

  12. 12Terme de turf. La piste est profonde, quand la boue dont elle est couverte pénètre fort avant dans le sol.

Étymologie

Norm. et Berry, parfond ; prov. preon, prion, preion ; cat. pregon ; esp. profundo ; ital. profondo ; du lat. profundus, de pro, en avant, et fundus (voy. FOND).

5rond, onde adj. (ron, ron-d')

  1. 1Qui est de telle figure que toutes les lignes droites tirées du centre à la circonférence sont égales. Un cercle est rond, une sphère est ronde. Table ronde. Rond comme une boule.

  2. 2Cylindrique. Un bâton bien rond. Une barre de fer ronde. Un bras rond et potelé.

  3. 3Fil rond, fil un peu retordu. Toile ronde, faite avec du fil retordu.

  4. 4Une bourse ronde, une bourse bien remplie.

  5. 5Figures de ronde bosse, celles dont les différentes parties ont tout leur contour.

    • La sculpture de ronde bosse me paraît autant au-dessus de la peinture, que la peinture est au-dessus de la sculpture en bas-relief Diderot, Observ. sur la sculpture, Œuv. t. XV, p. 311, dans POUGENS.
  6. 6Terme de pêche. Morue ronde, morue qui n'est fendue que jusqu'à l'anus.

    • Filet rond, filet qui a la forme d'un entonnoir.

  7. 7Lettre ronde, ou, substantivement, la ronde, sorte d'écriture à la main dont les jambages sont presque perpendiculaires ; ainsi dit à cause de la rondeur affectée aux caractères, qui sont composés surtout de lignes courbes et aussi larges que hauts. Écrire en lettre ronde, en ronde.

    • B rond, nom que les Italiens donnent au bémol.

  8. 8En Angleterre, tête ronde, se dit des partisans de Cromwell, des puritains, à cause de leur manière de se coiffer.

    • Voici nos têtes rondes Victor Hugo, Cromwell, I, 8
  9. 9Terme d'anatomie. Le muscle grand rond, ou, substantivement, le grand rond, muscle étendu de la partie inférieure et du bord axillaire de l'omoplate à la coulisse bicipitale de l'humérus.

    • Ligament rond, ligament de l'articulation radio-cubitale moyenne, qui s'étend de l'apophyse coronoïde au bas de la tubérosité du radius.

    • Ligaments ronds de la matrice, ceux qui fixent la matrice dans sa position.

  10. 10Par exagération. Il est tout rond, il est rond comme une boule, il est gros et court.

    • Familièrement, une personne un peu ronde, une femme enceinte.

    • Populairement. Il est rond, bien rond, il a bu ou mangé avec excès.

      • Ces trois grands coquins de frères S'en donnent jusqu'au menton.... Puis ronds comme des futailles.... Chanson du frère Étienne
  11. 11Fig. et familièrement. Rond, tout rond, sans façon, plein de sincérité.

    • Et suis homme fort rond de toutes les manières Molière, Dép. amour. I, 1
    • M. le duc de Berry, qui était tout bon et tout rond Saint-Simon, 356, 197
    • Je n'ai même encore aujourd'hui foi qu'en quelques bonnes âmes d'hommes tout ronds et de femmes sans prétention Diderot, Lett. à Mlle Voland, 20 déc. 1765
    • Rond en affaires, qui traite les affaires largement, sans chicanes ni petites difficultés.

      • Oh ! des billets, de l'argent, de bon papier, de bonnes signatures.... moi, je suis rond en affaires PICARD, Duhautcours, V, 12
    • Il se dit aussi du parler, de la mine.

      • Un discours aussi rondFait taire l'éloquence et l'art de Cicéron Regnard, Distr. IV, 9
      • Le ton rond et sans fard de Mme de Fécourt, et cette façon d'être la première à me demander mon amitié Marivaux, Pay. parv. 6e part.
      • L'autorité qu'il se concilie n'est due qu'à des grâces, à sa modération et à une physionomie ronde qui est tout à fait persuasive Voltaire, L'homme aux 40 écus, grande querelle
  12. 12Fig. Terme de musique. Voix ronde, voix pleine et égale.

  13. 13Terme de littérature. Période ronde, période nombreuse et d'une agréable cadence.

  14. 14Fig. Compte rond, compte sans fraction.

    • ....Quatre, c'est compte rond La Fontaine, Psaut.
    • On dit de même : nombre rond.

      • La rapidité d'un rayon de soleil est, en nombre rond, 1 660600 fois plus forte que celle d'un boulet de canon Voltaire, Phil. newt. II, 2
  15. 15Terme de marine. Vent rond, vent de force uniforme et assez vif.

  16. 16Terme de meunerie. Farine ronde, farine dont le toucher est sec, et où l'on sent cette granulation appelée gruau par les meuniers, gruau qui n'est pas, comme dans la farine du rayon de Paris, repassé sous les meules et bluté, ce qui donne à cette farine la douceur au toucher et la blancheur. La farine ronde est généralement faite et employée dans le Midi, elle est moins blanche et plus difficilement panifiable ; c'est un pétrissage tout autre que le nôtre, mais elle est de meilleur rendement pour le boulanger.

  17. 17Une heure bien ronde, une heure au moins, une bonne heure.

    • Cela [la prière et la méditation] vous tiendra une heure bien ronde Lettre de saint François de Sales, dans Histoire de sainte Chantal, Paris, 1870, 7e éd. t. I, p. 251

Étymologie

Provenç. redon, redun ; catal. redó, rodó ; espagn. redondo ; ital. rotondo, ritondo ; du lat. rotundus, qui vient de rotare, dénominatif de rota, roue ; il en est le participe en dus.

6second, onde adj. (se-gon, gon-d' ; au XVIIe siècle, Marg. Buffet, Observ. p. 131, regarde comme une faute de prononcer le c comme un g ; au contraire, Chifflet, Gramm. p. 225, dit que le c se prononce comme un g ; le d se lie : un se-gon-t avis ; Chifflet dit que le d ne se lie jamais, quoi qui le suive ; au pluriel, l's se lie, les se-gon-z et les combattants)

  1. 1Deuxième, qui suit immédiatement le premier. Il n'est pas premier, il n'est que second. Remporter le second prix. Se marier en secondes noces.

    • ....ô bon Dieu, Nous te sommes si chers qu'entre les créatures, Si l'ange est le premier, l'homme a le second lieu Malherbe, I, 1
    • Seconde partie : Que l'homme sans la foi ne peut pas connaître le vrai bien ni la justice Pascal, Pens. VIII, 2, éd. HAVET.
    • Et quoique le roi d'Angleterre, dont le cœur égale la sagesse, sût que la princesse sa sœur, recherchée de tant de rois, pouvait honorer un trône, il lui vit remplir avec joie la seconde place de France, que la dignité d'un si grand royaume peut mettre en comparaison avec les premières du reste du monde Bossuet, Duch. d'Orl.
    • La princesse Anne n'était point heureuse pour avoir la confiance de Philippe et des deux princesses qui ont fait successivement avec lui la seconde lumière de la cour Bossuet, Anne de Gonz.
    • Utique était la seconde place d'Afrique, fort riche et fort opulente Rollin, Hist. anc. Œuvr. t. I, p. 527, dans POUGENS
    • L'impression est le juge naturel du premier moment ; la discussion l'est du second D'Alembert, Œuv. t. III, p. 428
    • Terme de classe. Cet écolier est second, ou, substantivement, le second, il est celui que le professeur a jugé avoir le mieux fait une composition après un autre élève.

    • Terme de vénerie. Ce cerf est à sa seconde tête, il prend trois ans.

    • Se dit, dans certains calendriers, d'un mois embolismique.

    • Pain second, voy. PAIN, n° 1.

    • En chimie, eau seconde, eau-forte affaiblie.

    • Causes secondes, les créatures, autant qu'elles sont causes elles-mêmes, comparativement au Créateur qui est la cause première.

      • Dieu agit par les causes secondes ; il a voulu que ces causes produisissent leurs effets, et que ces effets devinssent causes à leur tour Bonnet, Causes prem. II, 8
    • Causes secondes se dit aussi des lois irréductibles ou effets généraux auxquels l'expérience conduit.

    • La seconde main, un intermédiaire. Acheter une chose de la seconde main, l'acheter à celui qui l'a achetée au producteur.

    • Fig. Ne tenir une nouvelle que de la seconde main, de seconde main, ne l'avoir apprise que par un intermédiaire.

    • Érudition de seconde main, érudition qui est puisée non aux sources, mais aux compilations.

  2. 2Il se dit de celui qui, dans une série de mêmes noms, y est le deuxième.

    • Le second des Césars, le premier des humains, C'est Auguste.... Delille, Én. VI
  3. 3Fig. Autre.

    • Pour lui les plus beaux jours sont de secondes nuits La Fontaine, Poés. mêlées, XVIII, Élégie pour Fouquet.
    • Qui ne voit combien courtes et fragiles sont encore ces secondes vies que notre faiblesse nous fait inventer pour couvrir en quelque sorte l'horreur de la mort ? Bossuet, Duch. d'Orl.
    • Marly sera bientôt un second Versailles Mme de Maintenon, Lett. au cardin. de Noailles, 19 juil. 1698
    • Qu'ils cherchent dans l'Épire une seconde Troie Racine, Andr. I, 2
    • Une manière de faire des grâces qui est comme un second bienfait La Bruyère, X
  4. 4Fig. Qui s'ajoute à. C'est un second crime de tenir un serment criminel.

  5. 5Inférieur, surtout au féminin.

  6. 6Poétiquement. Sans seconde, sans pareille.

    • On dit de même : N'avoir point de seconde, en parlant d'un objet du genre féminin.

    • On le trouve au masculin, avec un nom masculin.

      • [Chez Marie-Thérèse], de fort beaux cheveux blonds, Une vive blancheur, les plus beaux yeux du monde, Et d'autres appas sans seconds D'une personne sans seconde La Fontaine, Lett. I
  7. 7Terme de musique. Épithète qui, entre deux parties ou voix égales, indique la plus basse. Second violon. Second ténor.

    • On dit seconde basse pour baryton ou basse moins grave que la basse proprement dite.

  8. 8Terme de marine. Second foc, synonyme de faux foc.

    • Second pont, pont supérieur au premier, pont qui porte la seconde batterie.

    • Second entre-pont, faux entre-pont.

    • La seconde ancre, celle qui est immédiatement inférieure en grosseur à la maîtresse ancre.

  9. 9S. m. Le second, le second étage d'une maison. Il demeure au second.

    • Lisette : Du côté de la place Maubert, chez un marchand de café, au second. - Frontin : Une place Maubert, une madame Dorman, un second ! non, mon enfant, je ne connais point cela, et je prends toujours mon café chez moi Marivaux, l'Épreuve, sc. 12
    • Les personnes qui habitent cet étage. Le second était brouillé avec le troisième.

  10. 10Terme de jeu de paume. Ouverture de la galerie qui est entre le dernier et la porte.

  11. 11Celui qui tient le second rang.

    • Jonathas demandait pour toute grâce à David d'être le second après lui Bossuet, 5e avert. 28
    • Je vous fis.... Le second de la terre, et non pas mon égal Voltaire, Sémir. II, 7
    • Celui qui, dans une partie de paume, tient le second lieu d'un côté.

  12. 12Celui qui accompagnait un homme dans un duel et se battait contre l'homme amené par l'adversaire.

    • Meillancour, écuyer de mon frère qui me servait de second, et qui avait été blessé dans le petit ventre et désarmé, et le chevalier du Plessis, second de Praslin, nous vinrent séparer Retz, Mém. t. I, liv. I, p. 12, dans POUGENS
    • M. de Nemours estima assez Villars pour le prendre pour second au duel qu'il eut contre M. de Beaufort Saint-Simon, 3, 50
    • Ils [les ducs de Beaufort et de Nemours] s'appelèrent en duel, ayant chacun quatre seconds Voltaire, Louis XIV, 5
    • Aujourd'hui les seconds ne sont plus en usage ; dans un duel il y a des témoins qui ne se battent pas.

  13. 13Celui qui fait société à un autre.

    • L'homme seul est quelque chose d'imparfait ; il faut qu'il trouve un second pour être heureux Pascal, Pass. de l'amour.
  14. 14Celui qui aide un autre dans une entreprise, dans une affaire.

    • Celui qui appuie ou soutient quelqu'un dans une discussion.

      • Mon second, soutenant mon discours, lui dit : Vous feriez bien, mon père.... Pascal, Prov. IV
      • Je viens à la hâte vous donner un avis, César, et je mène avec moi un bon second pour vous persuader ; c'est Catilina Fénelon, Dial. des morts anc. Dial. 38
  15. 15Terme de marine militaire. Le second, ou, plus souvent, le matelot d'un vaisseau, le vaisseau qui est destiné à en soutenir un autre dans le combat. Second de l'avant, second de l'arrière se dit pour marquer le poste que le second doit prendre dans le combat.

    • M. du Quesne, qui avait MM. de Valbelle et de Tourville pour ses seconds, était au centre de notre corps de bataille Mém. de Villette, 1675, dans JAL
    • Le second se dit du second capitaine ou lieutenant.

    • Terme de marine marchande. L'officier qui commande après le capitaine. Le capitaine et le second.

  16. 16Terme de musique. Partie secondaire ou d'accompagnement dans un duo. Faire le second.

  17. 17Mon second, se dit, dans une charade, de la seconde partie du mot décomposé. On dit mieux le dernier : le premier, le dernier et l'entier, à moins que le mot ne soit partagé en plus de deux parties, ce qui est rare.

  18. 18En second, loc. adv. qui exprime subordination, infériorité. Il ne tient pas la première place, il n'est qu'en second.

    • L'âme perd sa faculté de juger, et même son empire ; elle ne veut plus qu'en second, et souvent elle veut l'impossible Buffon, Nature des anim.
    • Capitaine en second, le capitaine qui doit commander à défaut du capitaine en pied.

    • On dit dans le même sens : colonel en second, lieutenant en second.

    • Signer en second, se dit d'un notaire qui signe avec celui qui a reçu, qui a dressé l'acte.

Remarque

1. Second se met toujours avant son substantif, excepté quand on parle d'un tome, d'un livre, d'un chant, où l'on peut le mettre avant ou après : le tome second, ou le second tome, le second livre ou le livre second de Télémaque, le second chant ou le chant second de l'Iliade. 2. Deuxième était peu employé au XVIIe siècle ; cependant on le trouve dans Balzac : Aristippe. Discours deuxième, édit. 1658 ; dans Descartes. La deuxième objection n'est qu'une supposition.... Réponse aux instances de Gassendi, 4 ; dans la Fontaine : Le premier [ail] passe, aussi fait ce deuxième, Paysan ; et dans Bossuet : Deuxième point, 1er sermon sur la Providence. 3. Deuxième ne se dit guère (si ce n'est dans les nombres composés : vingt-deuxième, cent-deuxième, etc.) ; c'est second qu'on emploie le plus souvent. En faveur de deuxième, on a prétendu qu'il valait mieux que second, pourvu que le nombre des objets dépassât deux, second terminant une énumération après premier, et deuxième indiquant qu'il sera suivi de troisième, etc. Mais cette raison, tout arbitraire, laisse prévaloir l'usage.

Étymologie

Berry, seu ; provenç. segon ; espagn. et portug. segundo ; ital. secondo ; du lat. secundus, de sequi, suivre, (voy. ce mot).

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander