opiniâtrer v. a. (o-pi-ni-â-tré)
-
1Soutenir en opiniâtre.
Après que le temps, qui consume tout, a fait cesser celle [douleur] qu'elles avaient en effet, elles ne laissent pas d'opiniâtrer leurs pleurs, leurs plaintes et leurs soupirs
LAROCHEFOUC., Réflex. mor. n° 233On ne saurait opiniâtrer plus mal à propos une affaire
Mme de Sévigné, 21 janv. 1689
-
Absolument.
L'évêque de Saint-Omer a été à l'extrémité.... il a opiniâtré de n'être point saigné avec une grosse fièvre, une inflammation ; le médecin anglais le fit saigner par force
Mme de Sévigné, 17 janv. 1680
-
2Contredire, contrarier quelqu'un de manière à le rendre opiniâtre. N'opiniâtrez point cet enfant.
-
3S'opiniâtrer, v. réfl. S'attacher à une opinion avec ténacité. Ne vous opiniâtrez point à cela.
Vous vous étiez toujours opiniâtré à le refuser
Pascal, Prov. XVIIIJ'apprends qu'elle [Mme de Marboeuf] s'opiniâtre à ne voir aucun médecin
Mme de Sévigné, 28 janv. 1685Lorsqu'il voit que, malgré toute son indifférence, on s'opiniâtre à le rechercher....
Bourdaloue, 14e dim. après la Pentec. Dominic. III, p. 430
-
Se tenir avec constance. Il [Masnau, un des juges de Fouquet et malade d'une colique néphrétique] se fit traîner à la chambre de justice, il y souffrit des douleurs inconcevables ; M. le chancelier le vit pâlir, il lui dit : Monsieur, vous n'en pouvez plus, retirez-vous. Il lui répondit : Monsieur, il est vrai, mais il faut mourir ici.
M. le chancelier le voyant quasi s'évanouir lui dit, le voyant s'opiniâtrer....
Mme de Sévigné, à Pompone, 17 déc. 1664
-
4Opiniâtrer (avec un nom de chose pour sujet) quelqu'un dans quelque chose, faire qu'il s'y attache avec opiniâtreté.
Cette promesse opiniâtre ce prince dans sa résolution
Corneille, Dess. d'Andr.
Étymologie
Opiniâtre.