Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

outrage dans le Littré

2 articles· 25 citations· rimes· synonymes

1outrage s. m. (ou-tra-j')

  1. 1Ce qui outre-passe les bornes en fait d'offense, d'injure.

    • Faire outrage, offenser.

    • Fig. Faire outrage à la raison, à la morale, faire ou dire quelque chose qui y soit fort contraire.

    • On dit de même : faire outrage à la grammaire, au bon sens, au droit, dire ou écrire quelque chose grossièrement contraire à la grammaire, au bon sens, au droit.

      • Un tel discours tenu à un sujet eût été odieux ; tenu à un ministre étranger, c'était un insolent outrage au droit des nations Voltaire, Louis XIV, 21
    • Le dernier outrage, se dit quelquefois pour exprimer l'infidélité qu'une femme fait à son mari.

      • Je veux croire que c'est là tout votre crime, et que vous ne m'avez point fait le dernier outrage Lesage, Diable boit. ch. 13, p. 243, dans POUGENS
    • Le dernier outrage signifie aussi l'attentat à la pudeur.

  2. 2Fig. et dans le style élevé. Dommage apporté par les choses inanimées, que l'on compare à une offense.

  3. 3En termes de jurisprudence, outrage à la religion, à la morale publique, offense commise par la voie de la presse contre la religion, la morale publique.

    • On ne l'accusait pas seulement [Courier], dans le principe, d'outrage à la morale publique ; d'autres textes avaient été essayés.... l'outrage à la morale publique est resté seul, parce que le sens de ces termes, fixé, à la vérité, aux yeux des jurisconsultes, offre pourtant, aux personnes qui n'ont pas étudié la législation, une sorte de latitude et d'arbitraire dont l'accusation peut profiter BERVILLE, dans P. L. COUR. Procès

Étymologie

Bourguig. otraige ; provenç. oltratge ; catal. ultratge ; espagn. ultraje ; ital. oltraggio ; d'une forme non latine ultraticum, de ultra, outre (voy. OUTRE 2). Palsgrave écrit oultraige et prononce outraige, p. 63.

2outragé, ée part. passé (ou-tra-jé, jée)

  1. 1Qui a subi un outrage.

    • N'importe, elle se sent comme vous outragée Racine, Brit. I, 4
    • Les théologiens commencent trop souvent par dire que Dieu est outragé, quand on n'est pas de leur avis Voltaire, Dict. phil. Locke.
    • Les auteurs outragés par une satire ingénieuse n'en sentent que trop toute la malice ; mais plus ils la sentent, moins ils se pressent de la faire sentir aux autres D'Alembert, Éloges, Trublet.
    • Substantivement.

      • Distinguons principalement dans tout procès, dans toute contention, dans toute querelle, l'agresseur de l'outragé Voltaire, l'Homme aux 40 écus, Des proportions
  2. 2Qui a subi une atteinte odieuse.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander