paradoxe s. m. (pa-ra-do-ks')
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1Opinion contraire à l'opinion commune.
On aime à soutenir des opinions extraordinaires et à réduire tout en paradoxe
Montesquieu, Lett. pers. 38Rien n'est si aisé et par conséquent rien ne prouve moins que de soutenir des paradoxes et des idées singulières
ST-FOIX, Ess. Paris, Œuv. t. IV, p. 222, dans POUGENSLe Tout est bien de Shaftesbury, de Bolingbroke et de Pope n'est qu'un paradoxe de bel esprit, une mauvaise plaisanterie
Voltaire, Dict. phil. Puissance.J'aime mieux être homme à paradoxe qu'homme à préjugés
J.-J. Rousseau, Ém. IIComme depuis mille ans les vérités nouvelles et fécondes sont infiniment rares, il [Helvétius] avait pris pour thèse le paradoxe qu'il a développé dans son livre de l'Esprit
Marmontel, Mém. VI
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Crier au paradoxe, dénoncer une opinion comme contraire à l'opinion commune.
Tous les hommes vulgaires, tous les petits littérateurs sont faits pour crier toujours au paradoxe, pour me reprocher d'être outré
J.-J. Rousseau, Lett. à M. Moultou, Corresp. t. VI, p. 34, dans POUGENS.
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Par extension.
Connaissez donc, superbe, quel paradoxe vous êtes à vous-même ; humiliez-vous, raison superbe ; taisez-vous, nature imbécile
Pascal, Pens. VIII, 1, éd. HAVET.Faut-il que sur l'office de votre salut seulement vous soyez un abîme de contradictions et un paradoxe incompréhensible ?
Massillon, Avent, Délai de la conv.
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2Chose qui est contre l'opinion commune (peu usité en ce sens).
Le tempérament a beaucoup de part à la jalousie, et elle ne suppose pas toujours une grande passion ; c'est cependant un paradoxe qu'un violent amour sans délicatesse
La Bruyère, IV
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3Adj. Paradoxal.
Les béatitudes de Jésus-Christ en apparence si paradoxes et si incroyables, authentiquement et sensiblement vérifiées
Bourdaloue, Avent, Réc. des saints, 28Une réponse qui paraîtra d'abord avoir quelque chose de paradoxe, mais dont on reconnaîtra bientôt la solidité
Bourdaloue, Pensées, t. I, p. 207Une carte de l'empire d'Alexandre, dont il rendait l'étendue beaucoup moindre, par ce même principe paradoxe dont il se servait pour la retraite des dix mille
Fontenelle, Delisle.Cette proposition si paradoxe et si chimérique
Fontenelle, Amontons.
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Comme adjectif il a vieilli.
Remarque
Paradoxe, adjectif, s'est dit des personnes.
Étymologie
Παράδοξος, de παρὰ, à côté, et δόξα, opinion.
Supplément
PARADOXE. Ajoutez : Paradoxe hydrostatique, nom du principe de physique, en vertu duquel la pression exercée par un liquide sur le fond du vase qui le renferme est indépendante de la forme du vase ; ainsi dénommé à cause de ce qu'il paraît paradoxal, au premier abord, de dire qu'avec un poids constant de liquide on peut exercer des pressions différentes sur une surface donnée.