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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

pardonner dans le Littré

1 article· 39 citations· rimes· synonymes· étymologie· traductions· conjugaison· prononciation (2)

pardonner (par-do-né)

  1. 1V. a. Remettre la punition ou la vengeance de quelque chose. Pardonner une offense. Tes péchés te sont pardonnés. Je lui pardonne ses torts.

    • Dieu pardonne plus aisément les crimes que les vices Mme de Maintenon, Lett. à Mme de Dangeau, 16 mai 1708
    • Quelque délicat qu'on soit en amour, on pardonne plus de fautes que dans l'amitié La Bruyère, IV
    • On pardonne les maux, mais non pas les injures Delille, Parad. perdu, IV
  2. 2Excuser, tolérer.

    • Neutralement, même signification.

      • Terme de civilité. Pardonnez-moi la liberté que je prends d'être d'une autre opinion que vous.

      • On dit de même : pardonnez-moi ce langage, ces expressions.

        • Représentons-nous ce jeune prince que les Grâces semblaient elles-mêmes avoir formé de leurs mains ; pardonnez-moi ces expressions ; il me semble que je vois encore tomber cette fleur Bossuet, Mar.-Thér.
      • Il s'emploie aussi absolument dans des formules analogues de civilité. Pardonnez-moi, ou, simplement, pardonnez si je vous contredis. Vous me pardonnerez si je rectifie ce que vous venez de dire.

      • Dans cette acception, on dit quelquefois simplement et sans rien ajouter : Pardonnez-moi, vous me pardonnerez, pour exprimer civilement qu'on n'est pas d'accord de ce qu'un autre dit.

  3. 3Ne point pardonner, juger sévèrement, condamner.

  4. 4Voir sans dépit, sans jalousie. On lui pardonne ses succès à cause de sa modestie.

    • Il [Antoine Arnauld] plaida cette cause avec une véhémence et un éclat que les jésuites ne lui ont jamais pardonnés Racine, Hist. Port-Royal.
    • Les grands surtout ne pouvaient pardonner à César la vie qu'il leur avait donnée dans les plaines de Pharsale VERTOT, Révol. rom. XIII, 270
  5. 5V. n. Épargner, excepter (en cet emploi, il ne se dit qu'avec ne et à). La mort ne pardonne à personne.

    • On ne pardonne ni à âge, ni à sexe, à lieu sacré ni à profane PERROT, Tacite, 42
    • Absolument. Cette maladie ne pardonne point, on y succombe tôt ou tard.

  6. 6Se pardonner, v. réfl. Être pardonné.

Remarque

Quand ce verbe a pour régime un nom de personne, c'est toujours le régime indirect qu'il faut employer : pardonner à quelqu'un, et non pardonner quelqu'un. Cependant le passif s'emploie quelquefois ; voyez ce qui est noté au participe.

Étymologie

Prov. ét esp. perdonar ; port. perdoar ; ital. perdonare ; du latin per, et donare : proprement donner complétement, remettre.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander