1parler v. n. (par-lé)
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1Articuler des mots, prononcer des paroles. Ce malade est à l'extrémité, il ne parle plus. Parler du nez.
- Il veut parler, l'écorce a sa langue pressée La Fontaine, Philém. et Baucis.
- Les jardins parlent peu si ce n'est dans mon livre La Fontaine, Fabl. VIII, 10
Qu'importe comme ils parlent, pourvu qu'ils me disent ce que je veux savoir ?
Molière, Pourc. II, 12Il [la Fontaine] fait parler les animaux, les arbres, les pierres, tout ce qui ne parle point
La Bruyère, XII- Du langage c'est abuserQue de parler pour ne rien dire LA MOTTE, Fabl. III, 8
Les femmes ordinairement parlent mieux que les hommes ; si l'on en croit Cicéron, cela vient de ce qu'étant moins répandues, elles conservent plus fidèlement l'accent d'une bonne éducation, et risquent moins de le corrompre par un accent étranger
D'OLIVET, Prosodie franç. art. 5On remarque que ceux [enfants] qui commencent à parler fort tard, ne parlent jamais aussi aisément que les autres ; ceux qui parlent de bonne heure sont en état d'apprendre à lire avant trois ans
Buffon, Hist. nat. Œuv. t. IV, p. 220Le plus grand effort d'esprit est peut-être celui que nous faisons en apprenant à parler
D'Alembert, Élém. de philos. ch. 13Son regard ne voit qu'à peine, Et sa voix [d'un enfant] ne parle pas
Victor Hugo, Odes, I, 9
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Parler du haut de la tête, parler d'un ton de voix très aigu.
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On a dit parler du crâne et à la petite octave, dans le même sens.
Elle ne parle pas du crâne et à la petite octave
GRIMM, Correspond. t. I, p. 182
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Parler haut, parler bas, parler à haute voix, à voix basse.
Parle bas ; tu viens m'ébranler tout le cerveau, et tu ne songes pas qu'il ne faut point parler si haut à des malades
Molière, Mal. imag. II, 2
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Fig. Parler haut, parler sans ménagement, avec insolence. Il parle bien haut, mais on le fera baisser de ton.
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Parler ferme, parler avec fermeté, roideur.
- Vous me parlez bien ferme, et cette suffisance.... Molière, Mis. I, 2
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Parler à l'oreille de quelqu'un, mettre sa bouche près de l'oreille de quelqu'un et lui parler bas.
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Fig.
La doctrine ancienne, qui, selon l'oracle de l'Évangile, doit être prêchée jusque sur les toits, pouvait à peine parler à l'oreille
Bossuet, Reine d'Angl.
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Fig. et familièrement. Parler la bouche ouverte, s'exprimer franchement.
Je vous y parlerai la bouche ouverte
Mme DU DEFFANT, Lett. à Hor. Walpole, t. III, p. 307, dans POUGENSDame, je parle, moi, comme saint Paul, la bouche ouverte
COMTE DE CAYLUS (GROSLEY), les Écosseuses, Œuv. t. x, p. 569, dans POUGENS.
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Familièrement. Parlez donc, sorte d'interpellation qu'on emploie pour demander compte de quelque chose à quelqu'un. Parlez donc, n'avez-vous pas vu le livre que je cherche ?
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Fig. Il sait ce que parler veut dire, c'est-à-dire il entend à demi-mot, il comprend les intentions, les explications, les menaces, etc. il ne se fait pas dire deux fois la même chose.
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2Il se dit des oiseaux qui imitent la voix humaine. Ce perroquet parle très bien.
Le vulgaire croit qu'on enseigne aux bêtes à parler : il ne sait pas que parler c'est lier les idées à des signes arbitraires qui les représentent
Bonnet, Contempl. nat. XII, 33
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Parler comme un perroquet, parler sans savoir ce qu'on dit, et aussi parler d'après autrui.
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3S'exprimer.
Il condamne toutes nos expressions élevées, et prétend que nous parlions toujours terre à terre !
Molière, Impromptu, 3Vous me trouvez bon visage et vous désirez de m'en féliciter ; dites je vous trouve bon visage : mais, répondez-vous, cela est bien uni et bien clair, et d'ailleurs qui ne pourrait pas en dire autant ? qu'importe, Acis, est-ce un si grand mal d'être entendu quand on parle, et de parler comme tout le monde ?
La Bruyère, v.
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Pour ainsi parler, locution usitée pour adoucir une expression trop forte, trop figurée.
Par les soins d'un si grand roi [Louis XIV], la France entière n'est plus, pour ainsi parler, qu'une seule forteresse qui montre de tous côtés un front redoutable
Bossuet, Mar.-Thér.
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Pour parler avec, expression employée quand on cite quelque écrivain considérable, quelque autorité. Pour parler avec Montaigne.
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4Discourir, s'énoncer par le discours, causer. Parler en public. Parler sur des matières difficiles.
Quand une personne qui parle beaucoup se rencontre tête à tête avec une autre qui ne parle guère, et qui ne lui répond pas, elle en parle davantage
Scarron, Rom. com. II, 10- Il est bon de parler, et meilleur de se taire ;Mais tous deux sont mauvais alors qu'ils sont outrés La Fontaine, Fabl. VIII, 10
- D'un langage nouveauJ'ai fait parler le loup, et répondre l'agneau La Fontaine, ib. II, 1
- Il brûle de parler, bien plus que nous d'entendre Molière, Mélic. I, 3
Il y en a qui parlent bien et qui n'écrivent pas bien ; c'est que le lieu, l'assistance les échauffent, et tirent de leur esprit plus qu'ils n'y trouvent sans cette chaleur
PASCAL, Pensées, VII, 6, édit. HAVET.La noblesse de ses expressions [de Louis XIV] vient de celle de ses sentiments.... pendant qu'il parle avec tant de force, une douceur surprenante lui ouvre les cœurs
Bossuet, Mar.-Thér.Il y a des gens qui parlent un moment avant que d'avoir pensé
La Bruyère, v.Avec les gens qui par finesse écoutent tout et parlent peu, parlez encore moins ; ou, si vous parlez beaucoup, dites peu de chose
La Bruyère, VIIIIl pense et il parle tout à la fois ; mais la chose dont il parle est rarement celle à laquelle il pense ; aussi ne parle-t-il guère conséquemment et avec suite
La Bruyère, XIElle a trouvé moyen de parler longtemps sans rien dire, et elle vous a engagé à lui expliquer tout ce qu'elle désire savoir
Fénelon, Tél. IVIl avait de plus une grande facilité naturelle de parler, à laquelle il joignait le rare mérite de n'en abuser jamais
Fontenelle, Dodart.Généralement, les gens qui savent peu parlent beaucoup, et les gens qui savent beaucoup parlent peu
J.-J. Rousseau, Ém. IVParler beaucoup et bien, disait-il, est d'un bel esprit ; peu et bien, d'un sage ; beaucoup et mal, d'un fat ; peu et mal, d'un sot
D'Alembert, Éloges, Terrasson.Penser devient un art, et cet art est l'art de parler
Condillac, Gramm. Disc. prél. Œuv. t. v, p. XL.
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Il n'y a que pour lui à parler, se dit d'une personne qui, dans une conversation, garde constamment la parole.
Nous allâmes chez la reine ; j'étais avec Mme de Chaulnes ; il n'y eut que pour moi à parler
Mme de Sévigné, 27 janv. 1674
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Vous qui parlez, se dit à quelqu'un pour lui faire quelque avertissement, quelque reproche.
Non, ce n'est pas moi qui ne réponds point aux articles des lettres, c'est vous, vous qui parlez
Voltaire, Lett. d'Argent. 16 févr. 1761Mais vous qui parlez, il s'en faut bien que vous soyez disculpée auprès de moi pour ce chapitre
J.-J. Rousseau, Corresp. t. I, p. 74, dans POUGENS
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Par menace. Je lui apprendrai à parler, je saurai le forcer de parler avec plus de retenue.
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Parler en public, tenir un discours devant une assistance nombreuse.
Voilà la seule fois de ma vie que j'aie parlé en public et devant un souverain, et la seule fois aussi peut-être que j'aie parlé hardiment et bien
J.-J. Rousseau, Confess. IV
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Parler comme un livre, voy. LIVRE 1, n° 4.
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Parler pour parler, parler sans avoir rien à dire.
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Parler légèrement, parler sans être suffisamment informé, et aussi sans mesurer suffisamment ses paroles.
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Parler au hasard, parler sans réflexion, parler de ce qu'on ne sait pas bien.
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Parler avec passion, dire des choses que la passion suggère.
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Parler en maître, parler en qualité de maître ou comme ferait un maître.
- C'est à vous d'en sortir, vous qui parlez en maître ;La maison m'appartient, je le ferai connaître Molière, Tart. IV, 7
- Élie aux éléments parlant en souverain Racine, Ath. I, 1
Ils [ces murs].... ne s'attendaient pas, lorsqu'ils nous virent naître, Qu'un jour Domitius me dût parler en maître
Racine, Brit. III, 8
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Parler d'or, voy. OR 2.
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Parler d'abondance, parler sans être préparé, ou du moins sans réciter de mémoire.
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Parler d'abondance de cœur, parler avec épanchement, avec une pleine confiance.
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Parler le cœur dans la main, parler à cœur ouvert, parler sincèrement, avec une entière franchise.
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Parler sur-le-champ, s'est dit autrefois pour improviser. Parler bien, parler avec élégance et pureté.
Vous n'allez entendre chanter que de la prose cadencée ou des manières de vers libres, tels que la passion et la nécessité peuvent faire trouver à deux personnes qui disent les choses d'eux-mêmes et parlent sur-le-champ
Molière, Mal. im. II, 6C'est une grande misère que de n'avoir pas assez d'esprit pour bien parler, ni assez de jugement pour se taire
La Bruyère, V
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Parler mal, parler sans élégance, ni correction.
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On dit dans le même sens : ne savoir pas parler.
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Parler juste, raisonner et s'exprimer avec justesse.
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Parler en l'air, parler sans attacher d'importance à ce que l'on dit, ou sans bons renseignements.
Jésus-Christ ne parle pas en l'air, à Dieu ne plaise : il adresse manifestement sa parole à ceux qui enseignent et qui administrent les sacrements
Bossuet, 2e instr. past. 37
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Parler à bâtons rompus, parler sans ordre et sans suite.
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Parler à tort et à travers, parler sans discernement.
C'est un homme.... qui parle à tort et à travers de toutes choses
Molière, Bourg. gent. I, 1
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5Parler que, au sens de dire, avec un verbe suivant subordonné.
Vous avez ouï parler que ce monsieur Oronte a une fille ?
Molière, Pourc. II, 4Il [le prince d'Orange] fut surpris, comme s'il n'avait pas ouï parler qu'il y eût une armée en Flandre
Mme de Sévigné, 25 août 1677Vous me parlez dans votre lettre, ma bonne, qu'il faudra songer aux moyens de vous envoyer votre fille
Mme de Sévigné, 29 juill. 1671
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Parler de, avec le verbe à l'infinitif, dire, annoncer vaguement que.... Il parle de se marier.
- Oui, oui, j'ai su que ce traître d'amantParle de m'obtenir par un enlèvement Molière, Éc. des mar. II, 11
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6Parler à, adresser la parole à.
Il est ce que tu dis, s'il embrasse leur foi ; Mais il est mon époux, et tu parles à moi
Corneille, Poly. III, 2Je dis que voilà un homme qui veut parler à vous
Molière, Mal. imag. II, 2Qui sait parler aux rois, c'est peut-être où se termine toute la prudence et toute la souplesse du courtisan
La Bruyère, VIIIEnseignez premièrement aux enfants à parler aux hommes ; ils sauront bien parler aux femmes quand il faudra
J.-J. Rousseau, Ém. IApprenez à ne point oublier à qui vous parlez, et qui vous êtes
Mme de Genlis, Théât. d'éduc. le Vrai sage, II, 5
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Il vaudrait autant parler à un sourd, se dit de quelqu'un que l'on désespère de persuader.
- Ne pas louer son siècle est parler à des sourds La Fontaine, Épître à Huet.
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Fig. Parler à un mur, aux rochers, parler à des gens que rien ne touche.
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Parler à cheval à quelqu'un, lui parler avec emportement, avec empire.
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Je n'ai trouvé personne à qui parler dans cette maison, tout le monde était sorti, je n'y ai rencontré personne.
Ah ! ah ! voici une drôle de maison ; on ne trouve personne à qui parler
Dancourt, les Agioteurs, III, 9
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Je n'ai pu trouver à qui parler dans cette société, dans ce salon, je n'y ai rencontré personne de connaissance.
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Fig. Trouver à qui parler, rencontrer une personne qui nous comprenne, qui nous convienne.
Quand on pense aussi agréablement que vous, il est doux d'avoir quelqu'un à qui parler, qui vous entende
BUSSY-RABUTIN, Lett. t. III, p. 92, dans POUGENS
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Ironiquement. Trouver à qui parler, trouver des gens qui vous tiennent tête.
Parbleu ! il trouva à qui parler
Molière, Pourc. I, 6
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Moi qui vous parle, se dit pour appeler l'attention.
C'est tout ce que je puis faire, moi qui vous parle
Mme de Sévigné, 16 avr. 1670
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Fig. Parler à son bonnet, se parler à soi-même, parler sans adresser la parole à personne.
Harpagon : Je veux que tu me dises à qui tu parles quand tu dis cela. - La Flèche : Je parle.... je parle à mon bonnet
Molière, l'Avare, I, 3
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Fig. J'ai bien parlé à sa barrette, je l'ai réprimandé vertement.
- Et moi, je pourrais bien parler à ta barrette Molière, l'Avare, I, 3
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Fig. Parler des grosses dents à quelqu'un, le réprimander, lui parler avec menace.
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Parler à, avec un nom de chose pour régime, parler de manière à exercer une action sur cette chose.
Tâchons de parler à la fois aux yeux, aux oreilles et à l'âme ; on critiquera, mais ce sera en pleurant
Voltaire, Lett. d'Argental, 4 avr. 1764- Parlons à l'intérêt, semons, prodiguons l'or LAFOSSE, Marius à Mint. I, 3
La sainteté de l'Évangile parle à mon cœur
J.-J. Rousseau, Ém. IV
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Parler au cœur, à l'imagination, aux passions, parler de manière à intéresser le cœur, à plaire à l'imagination, à exciter les passions.
- C'est peu de charmer l'œil, il faut parler au cœur Delille, Jard. I
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Fig. Dieu parle au cœur des pécheurs, c'est-à-dire il leur envoie de saintes inspirations, il leur donne de bons mouvements.
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Fig. Cet adagio parle au cœur. Ce tableau ne parle qu'aux yeux.
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7Parler de, prononcer des paroles relatives à.
- Que parlez-vous, seigneur, de tête et de tyran ? Corneille, Sertor. IV, 3
Est-ce que vous croyez que je veux parler de vous ?
Molière, l'Avare, I, 3On parle fort du mariage de Bavière
Mme de Sévigné, 382Il serait superflu de parler au long de la glorieuse naissance de cette princesse
Bossuet, Reine d'Anglet.Boileau.... Qui mit à tout blâmer son étude et sa gloire, A pourtant de ce roi parlé comme l'histoire
Boileau, Ép. I- Que parlez-vous de Rome et de son alliance ?Pourquoi tout ce discours et cette défiance ? Racine, Mithr. I, 3
Ils parlent de guerre à un homme de robe, et de politique à un financier
La Bruyère, IX.Un homme vain trouve son compte à dire du bien ou du mal de soi ; un homme modeste ne parle point de soi
La Bruyère, XICe concile, ce jugement et surtout le président du concile indignèrent toute la France ; et au bout de deux jours on n'en parla plus
Voltaire, Louis XIV, 37Elle répondit avec douceur et avec cette brièveté qui est de si bon goût, lorsqu'on est forcé de parler de soi
Mme de Genlis, Vœux téméraires, t. I, p. 136, dans POUGENS
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Parler de la pluie et du beau temps, s'entretenir de choses indifférentes.
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Il en parle bien à son aise, se dit quand quelqu'un, à l'abri des inconvénients de la chose dont on parle, conseille ou excite.
Vous en parlez fort à votre aise ; et le métier de plaisant n'est pas comme celui d'astrologue
Molière, Am. magn. I, 2
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Il en parle comme un aveugle des couleurs, c'est-à-dire il se mêle de parler de choses dont il n'a aucune connaissance.
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Il en parle en maître, c'est-à-dire il parle sur une matière qu'il possède à fond ; il en parle en écolier, il n'a qu'une connaissance superficielle de ce dont il parle.
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Familièrement. Ce que j'en dis n'est pas que j'en parle, c'est-à-dire ne faites pas attention à mes paroles, je parle en l'air.
Ce que j'en dis n'est pas que j'en parle
Dancourt, Retour des officiers, sc. 1
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Cela ne vaut pas la peine d'en parler, se dit des choses peu importantes.
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Ironiquement, cela ne vaut pas la peine d'en parler, se dit aussi pour relever l'importance de la chose dont on parle. Il lui a volé cent mille francs, cela ne vaut pas la peine d'en parler, qu'on en parle, ce n'est pas la peine d'en parler.
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Ne m'en parlez pas, ne me parlez pas de cette affaire, c'est-à-dire ne me mettez pas sur ce chapitre.
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Ne me parlez pas d'un tel, ne dites pas qu'on puisse compter sur lui.
Protégés, protecteurs, au dessert ne font qu'un : Mais ne me parlez pas d'un protecteur à jeun
Casimir Delavigne, Éc. des vieill. I, 5
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Dans un sens affirmatif et laudatif.
Il y a plaisir, ne m'en parlez point, à travailler pour des personnes qui soient capables de sentir les délicatesses d'un art
Molière, B. gent. I, 1
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Parlez-moi de.... se dit pour vanter.
Parlez-moi de ces oncles et de ces pères-là, plutôt que de ceux qui dévorent leur patrimoine pour prévenir leurs héritiers
Lesage, Estev. Gonz. ch. 30Peste ! comme l'utilité vous a bientôt rapproché les distances ! parlez-moi des gens passionnés !
Beaumarchais, Barb. de Sév. I, 4
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8Se parler, se dit de personnes qui ont des entretiens ensemble.
Il est vrai qu'elle et moi nous nous sommes parlé des yeux
Molière, Sicil. 3- Cependant voulez-vous qu'avec moins de contrainteL'un et l'autre une fois nous nous parlions sans feinte ? Racine, Brit. I, 2
- Les a-t-on vus souvent se parler, se chercher ? Racine, Phèdre, IV, 6
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Se parler, s'adresser la parole à soi-même.
Je me parle à moi-même
Molière, Tart. II, 2
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9Terme de palais. Plaider. Cet avocat parle pour un tel.
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10Parler bien, parler mal d'une personne, en dire du bien, du mal.
Souvenez-vous de ne parler jamais ni en bien ni en mal de votre femme ; c'est le plus sot des personnages
Mme de Maintenon, Lett. à d'Aubigné, 28 fév. 1678Je répondis que j'avais grand soin de ne parler mal de personne ; que, pour Sa Majesté, j'aimerais mieux être mort
Saint-Simon, 255, 177Nos ancêtres chassaient des assemblées et des tournois ceux qui étaient accusés d'avoir mal parlé des femmes
SAINT-FOIX, Ess. Paris, Œuv. t. IV, p. 190, dans POUGENS
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11Parler pour quelqu'un, intercéder pour lui auprès d'un autre.
- Vous parlez mieux pour lui qu'il ne parle lui-même Racine, Bajaz. III, 6
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Fig.
- La nature ou l'amour parle pour chacun d'eux Corneille, Hor. III, 1
Deux sceptres en ma main, Albe à Rome asservie, Parlent bien hautement en faveur de sa vie
Corneille, ib. v, 3- Il ne sait pas l'amour qui vous parle pour lui Racine, Bajaz. IV, 3
Tous les avantages du corps parlaient pour lui
Hamilton, Gramm. 11- Quel nouvel intérêt vous parle en sa faveur ? Voltaire, Mérope, III, 4
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Tout parle pour lui, c'est-à-dire toutes les circonstances sont en sa faveur.
Tout parle pour lui
Mme de Sévigné, 589
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Son mérite, ses services parlent pour lui, parlent en sa faveur, son mérite, ses services le rendent recommandable, rendent ses prétentions légitimes.
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Parler contre, parler de manière à nuire. Fig.
Une parole échappe, et elle tombe de l'oreille du prince bien avant dans sa mémoire.... si ce n'est que contre nous-mêmes que nous ayons parlé.... il y a encore un prompt remède qui est de nous instruire par notre faute, et de souffrir la peine de notre légèreté ; mais si c'est contre quelque autre, quel abattement ! quel repentir !
La Bruyère, VIIIIl échappe à un troisième [ami] de parler contre mes intérêts
La Bruyère, ib.- Ce long amas d'aïeux que vous diffamez tous,Sont autant de témoins qui parlent contre vous Boileau, Sat. v.
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Il n'a rien qui parle pour lui, rien ne parle en sa faveur ; tout parle contre lui, c'est-à-dire il n'est recommandable, ou simplement agréable, par aucun côté.
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En matière d'affaires et de procès, cette pièce parle contre lui, elle est contraire à ses prétentions.
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12Expliquer ses sentiments, ses opinions, ses volontés. Expliquez-vous mieux, ce n'est pas là parler. Le roi a parlé par la bouche de son ministre.
- Quand vous lui parlerez, parlez au nom de tous Corneille, Cinna, III, 1
Ou laissez-moi parler, sire, ou faites-moi taire ; Je ne sais point répondre autrement pour un roi
Corneille, Nicom. II, 3Ne paraissez point si savant, de grâce ; humanisez votre discours, et parlez pour être entendu
Molière, Critique, 7En est-on quitte pour dire toujours : on ne nous entend pas, sans jamais vouloir parler nettement ?
Bossuet, Quiétisme, 4e écrit, I, 22- Avant que tous les Grecs vous parlent par ma voix Racine, Andr. I, 2
- ...Enfin je puis parler en liberté ;Je puis dans tout son jour mettre la vérité Racine, Athal. II, 6
- Dieu parle, et d'un mortel vous craignez le courroux Racine, Esth. I, 3
- Parlez, quel est le sang que nous devons verser ? Voltaire, Œdipe, III, 4
- C'est assez si ma voixParle encore au conseil et règle vos exploits Voltaire, Alz. I, 1
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N'avoir qu'à parler, se dit quand, pour qu'une chose se fasse, il n'est besoin que d'une parole.
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Il sait aller et parler, se dit d'un homme habile qu'on envoie négocier quelque chose.
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13Faire connaître quelque chose qui devait être tu. Il faut que quelqu'un ait parlé.
- Vous êtes fille, Eudoxe, et vous avez parlé Corneille, Héracl. II, 1
- Gardez bien de le dire ;On m'appellerait poule ; enfin n'en parlez pas La Fontaine, Fabl. VIII, 6
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14Recommander, appuyer.
Il est difficile à la cour que de toutes les pièces qu'on emploie à l'édifice de sa fortune, il n'y en ait quelqu'une qui porte à faux : l'un de mes amis qui a promis de parler ne parle point ; l'autre parle mollement
La Bruyère, VIII
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15Parler se dit quelquefois pour faire des propositions, et, particulièrement, des propositions d'argent.
Le compagnon ne put rien tirer d'elle Qu'il ne parlât
La Fontaine, F. avarePerrin : Monsieu, ma mère est malade ; et vlà deux écus que je vous apportons pour nous bailler quelque remède. - Sganarelle : Ah ! je vous entends, vous ; voilà un garçon qui parle clairement, et qui s'explique comme il faut
Molière, Méd. m. lui, III, 2
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Voilà ce qui s'appelle parler, ou, simplement, voilà parler, ou encore, c'est parler cela, se dit lorsqu'une personne fait des propositions avantageuses, ou tranche un débat par des raisons claires.
- Voilà mon dernier mot. - Voilà parler cela ! Gresset, le Méchant, I, 2
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16Parler se dit des bruits qui courent dans le monde.
- Prenez femme, abbaye, emploi, gouvernement :Les gens en parleront, n'en doutez nullement La Fontaine, Fabl. III, 1
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On parle, on en parle, se dit de bruits défavorables qui courent sur quelqu'un ou quelque chose.
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En un autre sens, on en parle, se dit d'hommes ou de choses dont la réputation dure.
- De Troie en ce pays réveillons les misères,Et qu'on parle de nous ainsi que de nos pères ! Racine, Andr. IV, 3
Combien d'hommes admirables et qui avaient de très beaux génies sont morts sans qu'on en ait parlé !
La Bruyère, IICharles IX, auteur de quelques vers, dont on n'aurait peut-être jamais parlé s'ils n'eussent été d'un souverain
D'Alembert, Ess. sur la soc. des g. de lett. Œuv. t. III, p. 27, dans POUGENSOn parlera de sa gloire Sous le chaume bien longtemps
Béranger, Souv. du peuple
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Il faut laisser parler le monde, ou, simplement, il faut laisser parler, c'est-à-dire il ne faut pas se mettre en peine de ce que le monde dit mal à propos.
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On en parle fort, c'est une chose qui fait le sujet de l'entretien public.
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On en parle diversement, se dit d'une action, d'un événement qui est raconté de différentes manières, ou d'une chose que les uns louent et que les autres blâment.
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C'est une femme, une fille dont on a parlé, c'est une femme, une fille dont la réputation n'est pas intacte.
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On en entendra parler, cela fera du bruit, de l'éclat dans le monde.
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17Fig. Manifester ses sentiments par un autre moyen que par celui de la parole. Les muets parlent par signes.
- Vois-je pas vos bontés à mon aide paraître,Et parler dans vos yeux un signe qui me dit,Que c'est assez payer que de bien reconnaître ? Malherbe, IV, 4
- Tu lui parles du cœur, tu la cherches des yeux Racine, Andr. IV, 5
- Votre trouble à Mathan n'a-t-il point trop parlé ? Racine, Athal. III, 6
Astarté est femme ; elle laisse parler ses regards avec d'autant plus d'imprudence qu'elle ne se croit pas encore coupable
Voltaire, Zadig, 8- Vous voyez quel effroi me trouble et me confond ;Il parle dans mes yeux, il est peint sur mon front Voltaire, Alz. I, 5
Après avoir entendu, avec quelque peine, un langage qui parle plus aux oreilles qu'aux yeux, nous en sentirons mieux les avantages d'un langage qui parle plus aux yeux qu'aux oreilles
Condillac, Lang. calc : II, 16
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18Fig. Il se dit des choses inanimées qui ont ou qui semblent avoir une sorte de langage. La peinture parle aux yeux. Son visage parle.
- Dans les murs, hors des murs, tout parle de sa gloire Corneille, Hor. v, 3
- Car tout parle dans l'univers ;Il n'est rien qui n'ait son langage La Fontaine, Fabl. XI, Épilogue.
Toutes choses parlent de Dieu à ceux qui le connaissent
Pascal, Lett. 1er avril 1648Vous me dites que je suis en peine de votre maigreur : je vous l'avoue ; c'est qu'elle parle et dit votre mauvaise santé
Mme de Sévigné, 3. juill. 1677Vous dites quelquefois que votre estomac vous parle ; vous voyez que votre tête vous parle aussi : on ne peut pas vous dire plus nettement que vous la cassez, que vous la mettez en pièces....
Mme de Sévigné, 1er avr. 1689Le cœur d'une grande reine, autrefois élevée par une si longue suite de prospérités, et puis plongée tout à coup dans un abîme d'amertume, parlera assez haut
Bossuet, Reine d'Anglet.- Hélas ! jusqu'au silence mêmeTout me parle de ce que j'aime QUIN., Amad. II, 2
- Venez, fuyez l'aspect de ce climat sauvageQui ne parle à vos yeux que d'un triste esclavage Racine, Mithr. I, 3
Leurs postures suppliantes parlaient pour eux
Fénelon, Tél. XI- Ces deux grands yeux qui ne savent que voir,Auront d'abord une beauté nouvelle :Ils regardaient, Philis : ils parleront ST-LAMB., Pièc. fug. Épître A....
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Les murailles parlent, c'est-à-dire il se trouve souvent des témoins des choses même les plus cachées.
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Il se dit de même des choses morales.
- On n'aime point à voir ceux à qui l'on doit tant ;Tout ce qu'il a fait parle au moment qu'il m'approche ;Et sa seule présence est un secret reproche Corneille, Nic. II, 1
- De vos hauts faits pour vous laissez parler l'éclat Corneille, Pulch. I, 5
- Laissons, laissons parler mon chagrin et le vôtre Molière, Psyché, I, 1
- Et, quand la gloire parle, il n'écoute plus rien Racine, Alex. I, 2
- L'honneur parle, il suffit ; ce sont là nos oracles Racine, Iphig. I, 2
- Est-ce donc votre cœur qui vient de nous parler ? Racine, ib. I, 3
C'est la nature qui parle, qui se fait sentir
Fénelon, Tél. XXIVElle laisse parler son cœur, elle s'abandonne à toute sa tendresse
Massillon, Carême, Prière, 1- Quand l'amour veut parler, la raison doit se taire Regnard, le Joueur, I, 2
Quand l'amour parle, il est le maître, et il parlera
Marivaux, Fauss. confid. I, 2- Et tu n'y peux rester sans renier ton père,Ton honneur qui te parle et ton Dieu qui t'éclaire Voltaire, Zaïre, II, 3
- L'humanité vous parle ainsi que votre père Voltaire, Alz. I, 1
La mort de l'un et de l'autre a fait taire l'amitié et la haine, et ne laisse plus parler que la justice
D'Alembert, Élog. Crébillon.- Un repentir tardif vous parle et vous éclaire M. J. CHÉN., Charles IX, v, 3
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Cela parle de soi, cela parle tout seul, ou, la chose parle d'elle-même, c'est-à-dire cela se comprend sans qu'il soit besoin de l'expliquer.
- Allez, indigne époux, le fait parle de soi Molière, Amph. II, 2
Cela parle tout seul : voici la suite
Mme de Sévigné, 591Si les paroles nous manquent, si les expressions ne répondent pas à un sujet si vaste et si relevé, les choses parleront assez d'elles-mêmes
Bossuet, Reine d'Anglet.Rosine : C'est par pure amitié tout ce que je fais. - Figaro : Cela parle de soi ; tudieu ! l'amour a bien une autre allure
Beaumarchais, Barb. de Sév. II, 2
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La vérité parle par sa bouche, ce qu'il dit est rempli de vérité.
- L'indulgente vertu parle par votre bouche Voltaire, Alz. I, 1
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19Expliquer sa pensée par écrit. Les auteurs qui ont parlé de ce sujet.
De quoi vous parle-t-il dans sa lettre ? Comme parle l'apôtre
Fléchier, Serm. I, 233
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Parler dans un contrat, parler au contrat, déclarer sa volonté dans un contrat, intervenir au contrat, s'obliger par le contrat.
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20Il se dit de ce qui est exprimé dans un écrit. La loi est formelle là-dessus et parle très clairement.
- L'ordonnance avec soi porte sa fin expresse ;C'est à nous qu'elle parle, à nous qu'elle s'adresse Rotrou, Antig. III, 5
Vous diriez, à entendre parler l'Écriture, que Jésus-Christ....
Bourdaloue, Myst. Circonc. t. I, p. 55
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21On dit que les tuyaux d'un orgue parlent bien, pour exprimer que le son est juste, clair et net.
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On le dit aussi de quelques autres instruments.
Vous avez Dracon le joueur de flûte.... c'est une chose infinie que le nombre des instruments qu'il fait parler
La Bruyère, III
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Voilà une note qui ne parle pas, se dit d'une touche de piano qui est muette.
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22Terme de vénerie. Aboyer. Le limier ne parle pas.
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Parler aux chiens, allonger les mots, et, pour ainsi dire, les chanter, afin d'exciter les chiens à la chasse. Terme de jeux. Dire ce que l'on veut faire sur le coup qui se joue, ou, au piquet, dire ce qu'on veut compter. C'est à vous à parler.
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24Faire parler quelqu'un, tirer de lui ce qu'il sait.
Ils tâchaient de me faire parler
Fénelon, Tél. III
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Fig.
Il [un auteur né copiste] doit éviter comme un écueil de vouloir imiter ceux.... que le cœur fait parler, à qui il inspire les termes et les figures
La Bruyère, I
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Par forme de menace. Ne me faites pas parler, craignez que je ne dise des choses qui ne seraient pas à votre avantage.
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Faire parler, mettre un langage dans la bouche de.
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Fig. Faire parler quelqu'un, lui prêter des paroles, des discours.
- Pourquoi faut-il au moins que, pour me consoler,L'ingrat ne parle pas comme on le fait parler ? Racine, Bajaz. I, 3
Non, ce n'est pas lui qui parle ainsi ; c'est ainsi qu'on le fait parler
Diderot, Claude et Nér. II, 91
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On m'a fait parler, on m'a prêté des discours que je n'ai pas tenus.
-
Fig. Faire parler, se dit des choses inanimées auxquelles on prête un langage.
- Savoir faire parler et son front et ses yeux Rotrou, Vencesl. I, 1
- Elle aura devant lui fait parler ses douleurs Racine, Bajaz. III, 3
- Je devrais faire ici parler la vérité Racine, Phèdre, IV, 2
Quoique Thomas Corneille eût pris son frère pour modèle, on voit que, malgré lui, il ne pouvait s'empêcher de chercher à suivre Racine quand il s'agissait de faire parler les passions
Voltaire, Comm. Corn. Rem. Ariane, IV, 3
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Faire parler à quelqu'un, procurer un entretien avec quelqu'un.
Je lui conseille comme la vieille femme, de prier Sa Majesté de la faire parler à M. Colbert
Mme de Sévigné, 311
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Faire parler, être cause de bruits qui se répandent.
- Assez de sots sans moi feront parler la ville Boileau, Sat. VIII
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Faire parler de soi, se faire une réputation bonne ou mauvaise.
Et comme elle recommençait à faire parler d'elle....
GUI PATIN, Nouv. lett. t. I, p. 331, dans POUGENSEt, de la maison de la Prudoterie, il y a plus de trois cents ans qu'on n'a pas remarqué qu'il y ait eu une femme, Dieu merci, qui ait fait parler d'elle
Molière, G. Dand. I, 4
-
Cet homme n'a point fait parler de lui, il n'a rien fait qui lui ait donné de la réputation.
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Cette femme n'a jamais fait parler d'elle, elle a toujours eu une conduite régulière, elle n'a jamais donné prise à la médisance.
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25V. a. Dire, prononcer.
Je vous demande, ce que je parle avec vous, ce que je vous dis à cette heure, qu'est-ce que c'est ?
Molière, Bourg. gent. III, 3Si un animal.... parlait par esprit ce qu'il parle par instinct, pour la chasse et pour avertir ses camarades que la proie est trouvée ou perdue
Pascal, Pens. XXV, 11, éd. HAVET.
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Prononcer comme on parle.
Je rirais d'un homme qui voudrait sérieusement parler mon ton de voix, ou me ressembler de visage
La Bruyère, IÀ l'égard des acteurs, j'oserais presque dire que la pièce [les Guèbres] n'en a pas besoin ; c'est une tragédie qu'il faut plutôt parler que déclamer
Voltaire, Lett. d'Argental, 18 nov. 1768
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26S'exprimer en une langue. Il parle français et italien. Il parle l'allemand. Il parle plusieurs langues.
Je me plais à répéter ces paroles [de dévotion, chez la princesse Anne].... et je voudrais ne parler plus que ce langage
Bossuet, Anne de Gonz.L'évêque de Meaux a créé une langue que lui seul a parlée
Chateaubriand, Génie, III, IV, 4
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Fig. Parler un langage, s'exprimer d'une certaine façon.
- Je sais qu'un empereur doit parler ce langage Corneille, Tite et Bér. v. 1
On l'entend, mes pères, ce langage de votre école ; et c'est une chose étonnante que vous ayez le front de le parler si haut
Pascal, Prov. XII- Chaque passion parle un différent langage Boileau, Art p. III
Il vous est utile qu'un homme sans intérêt et sans conséquence vous parle en secret un langage dur
Fénelon, Tél. XIJ'ai compris.... comment sa plume devait mieux que sa langue parler le langage des passions
J.-J. Rousseau, 2e dial.
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Parler français, voy. FRANÇAIS, n° 3.
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Parler chrétien, parler clairement, sans ambiguïté.
Par ma foi.... il faut parler chrétien, si vous voulez que je vous entende
Molière, Préc. 7
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Fig. Parler grec, bas-breton, haut-allemand, s'exprimer d'une façon inintelligible.
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Parler gascon, parler normand, parler français avec un accent gascon, normand.
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Familièrement. Parler phébus, s'exprimer avec emphase, en termes ampoulés.
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27S'entretenir de. Parler géométrie, musique, peinture. Parler affaires.
- Ore ils parlaient soldat, et ore citoyen Régnier, Sat. X
- Et sans parler curé, doyen, chantre ou Sorbonne.... Régnier, ib. X
- Moi, j'irais me charger d'une spirituelle,Qui ne parlerait rien que cercle et que ruelle Molière, Éc. des f. I, 1
Parler affaires, c'est en faire son unique objet ; au lieu que parler d'affaires n'exclut pas tout autre objet dont on voudrait parler par occasion
CONDILL., Gramm. I, 13Je parlerai belles-lettres une autre fois ; je ne parle aujourd'hui que tristesse et tendresse
Voltaire, Lett. d'Argental, 11 oct. 1771- À parler sentiment son mérite consiste DESMAHIS, l'Impertinent, sc. 2
J'osais vous parler bataille, Et chanter nos fiers soldats
Béranger, Plus de pol.
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Parler chicane, s'exprimer en termes de procès, parler de procès.
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Parler raison, parler raisonnablement, sagement.
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Parler raison, signifie aussi quelquefois se mettre à la raison. Voilà parler raison.
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Parler Voiture, parler comme Voiture
RICHELETEt voilà qu'on la chasse avec un grand fracas, à cause qu'elle manque à parler Vaugelas
Molière, Femm. sav. II. 7
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Avoir sans cesse à la bouche.
Il faut laisser Aronce parler proverbe
La Bruyère, v.
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28Au passif et impersonnellement.
Vous voulez que j'en écrive dans la même liberté qu'il en fut parlé
Guez de Balzac, Entretien 18- Dans les traités il n'est point parlé d'eux Corneille, Médée, I, 3
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Il en est fort parlé dans le monde, se dit d'une chose qui fait l'objet de l'entretien public.
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Il en sera parlé, cela fera du bruit, de l'éclat dans le monde.
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Il en sera parlé à jamais, la postérité en conservera le souvenir.
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29Se parler, v. réfl. Être parlé. La langue française se parle au Canada.
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Impersonnellement. Il se parle de, on parle de.
En vérité, est-ce là une question entre les chrétiens [de parler de Jésus-Christ, homme], et peut-on parmi eux chercher un état où il ne se parle pas de Jésus-Christ ?
Bossuet, États d'oraison, II, 2Les histories seront abolies avec les empires, et il ne se parlera plus de tous ces faits éclatants dont elles sont pleines
Bossuet, Louis de Bourbon.Il ne se parlait que de liberté dans ces assemblées
Bossuet, Hist. III, 7
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30Généralement parlant, loc. adv. à prendre la chose en général.
Toutes les choses, généralement parlant, qui sont comprises dans l'objet de la géométrie spéculative
Descartes, Médit. VI, 9
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Humainement parlant, en parlant comme un homme.
Il semble, humainement parlant, que ce soit le climat qui a prescrit des bornes à la religion chrétienne
Montesquieu, Esp. XXIV, 26
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31Sans parler de, indépendamment de.
Remarque
1. Parler mal et mal parler sont deux expressions différentes : parler mal, c'est manquer aux principes de la grammaire ; mal parler, c'est dire des paroles offensantes, médire. Mais les écrivains n'ont pas observé scrupuleusement cette distinction. D'ailleurs il faut remarquer qu'aux temps simples mal se met toujours après le verbe : Cet homme parle mal, il s'exprime incorrectement ; il parle mal de vous, il en dit du mal. 2. Trouver à qui parler, signifie que nous trouvons des gens qui nous répondent, qui nous rabattent le caquet. Trouver avec qui parler signifie que l'on trouve des gens avec qui l'on peut s'entretenir.
Proverbes
Il parle latin devant les cordeliers
, il parle d'une chose à un homme qui la sait fort bien. Quand les ânes parleront latin
, se dit pour indiquer un temps fort éloigné. Il est aisé de parler, mais il est malaisé de faire
. Trop gratter cuit, trop parler nuit
. De l'abondance du cœur la bouche parle
, nous parlons surtout de ce qui nous touche le plus. Qui parle du loup le tient par la queue
, quand on parle du loup on en voit la queue
, se dit quand quelqu'un arrive dans une compagnie où l'on parlait de lui. Il y a un temps de parler et un temps de se taire
.
Étymologie
Bourg. pairôllai, palai ; picard, paroler, bavarder ; Berry, paler, paller ; norm. paroler, parler avec affectation ; wallon, pârlé, paûrlé ; prov. et esp. parlar ; port. palrar ; ital. parlare ; du bas-latin parabolare, paroler, et, avec chute de l'o, parler (voy. PAROLE).