passade s. f. (pâ-sa-d')
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1Passage d'un homme dans un lieu où il fait peu de séjour. Ce gîte est assez bon pour une passade.
Le cardinal de Bouillon demanda la passade à plusieurs personnes dont les maisons étaient plus commodes que les méchants cabarets d'une route de traverse
Saint-Simon, 200, 169
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De passade, en ne faisant que passer.
Le P. Goutery prêchant de passade dans une ville huguenotte
GARASSE, Rech. des rech. p. 794, dans LACURNE
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Fig.
Ah ! mon ami, défiez-vous des charlatans qui ont usurpé, en leur temps, une réputation de passade
Voltaire, Lett. Helvétius, 22 juill. 1761
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À la passade, en passant.
Le duc de Bourgogne conférait quelquefois, mais à la passade, sur des matières particulières
Saint-Simon, 322, 218
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En passade, en ne faisant que passer.
Vous faut-il une soubrette, une toute marquée ? Mlle Picart sort de l'Odéon, ....et s'en va en passade aux Folies-Saint-Germain jouer la Fille du millionnaire
SARCEY, Opinion nat. 1er avril 1867
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Cela est bon pour une passade, cela est bon pour une fois, mais à la charge de n'y pas revenir.
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2Fig. et familièrement. Dans le langage de la galanterie, commerce avec une femme que l'on quitte aussitôt.
L'humeur de Mme de Montespan fatiguait Louis XIV ; au plus fort de sa faveur, il avait eu des passades ailleurs
Saint-Simon, 58, 219Riom n'avait jamais imaginé causer une passion qui durât toujours, sans néanmoins empêcher les passades et les goûts de traverse
Saint-Simon, 435, 55Le prince répondit.... qu'il n'était ni assez riche ni assez sot pour payer si chèrement une passade
Voltaire, Polit. et lég. Probab. de justice, veuve Genep.Elle lui associa un jeune homme de robe, sans compter les passades qu'elle regardait comme choses qui ne tiraient pas à conséquence
Duclos, Œuv. t. VIII, p. 75
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3Fig. Il se dit de goûts qui durent peu.
Vous n'avez jamais eu qu'une passion véritable, celle de faire du bien ; tout le reste n'a été que passades
Voltaire, Lett. Mme de Saint-Julien, 5 mai 1775Mon principal emploi à présent est le siècle de Louis XIV.... c'est la sultane favorite ; les autres études sont des passades
Voltaire, Lett. Cideville, 26 juin 1735
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4Les charités, les assistances qu'on demande en passant, en voyageant (sens vieilli).
- Messieurs, d'où venez-vous ainsi ?Nous demandez-vous la passade ? Scarron, Virg. VII
- Nous n'avons pas, cher camarade,Dessein d'enlever votre bien ;Nous ne voulons que la passade LEGRAND, Cartouche, divertissement.
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5Terme de manége. Course d'un cheval qui se compose le plus souvent d'une demi-volte, faite rapidement aux deux extrémités d'une piste, pour revenir au point de départ.
- Talonne le genet et le dresse aux passades Régnier, Sat. V
Vos fréquentes passades, Joutes, tournois, devises, sérénades, M'ont avant vous déclaré votre amour
La Fontaine, Magn.
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Fermer la passade, se dit du mouvement qu'on fait avant de reprendre la ligne de passade.
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Passades furieuses ou à la française, demi-voltes, en trois temps, en marquant un demi-arrêt.
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Passades relevées, celles où les demi-voltes se font à courbettes.
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Fig. Revenir à la passade, revenir sur ses pas, sur ce qu'on a déjà dit.
Je reviens à la passade, pour vous dire encore une fois que vous ne soyez point en peine de ma jambe ni de ma santé
Mme de Sévigné, 8 juill. 1685
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6Terme d'escrime. Synonyme de passe.
Mais celles [les galères] des Grégeois se montrent mieux instruites, à provoquer l'attaque et feindre des refuites, à couper la passade avec agilité
BRÉBEUF, Phars. III
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7Terme de natation. Action par laquelle un nageur en enfonce un autre dans l'eau et le fait passer sous lui. Donner une passade.
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8En termes de théâtre, les allées et venues en travers de la scène.
Les moindres passades ont fait l'objet de longues discussions [avant la représentation]
ALPH. DAUDET, Journ. offic. 27 juill. 1874, p. 5290, 3e col.
Étymologie
Passer ; prov. passada ; esp. pasada ; ital. passata.