Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

passager dans le Littré

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1passager (pâ-sa-jé. Le g prend un e devant a et o : passageant)

  1. 1V. a. Passager un cheval, le faire marcher de côté, soit au pas soit au trot, de manière que ses hanches tracent un chemin parallèle à celui que tracent ses épaules.

  2. 2V. n. Il se dit du cheval qui exécute cette action. Ce cheval passage bien.

    • On dit aussi passéger.

Étymologie

Passage.

2passager, ère adj. (pâ-sa-jé, jè-r')

  1. 1Qui ne s'arrête pas et qui ne fait que passer. Les grues sont des oiseaux passagers.

    • Fig.

      • [à son livre] Va-t'en, pauvre oiseau passager, Que Dieu te mène à ton adresse ! Alfred de Musset, Poésies, au lecteur.
  2. 2Qui n'a point de demeure fixe.

    • Je suis médecin passager, qui vais de ville en ville Molière, Mal. imag. III, 14
  3. 3Fig. Qui est de peu de durée.

    • Ils n'aspirent enfin qu'à des biens passagers Corneille, Poly. IV, 3
    • Des contestations et des disputes qu'il avait eues [sur la religion], il était sorti je ne sais quelles clartés passagères.... Fléchier, Duc de Mont.
    • De nos ans passagers le nombre est incertain Racine, Athal. II, 9
    • Persuadé que, dans les affaires d'État, la mauvaise foi ne peut avoir qu'un succès court et passager Rollin, Hist. anc. Œuvr. t. IV, p. 245, dans POUGENS
    • Des afflictions passagères ne nous auraient faits que des justes passagers Massillon, Avent, Afflict.
    • Ce reste importun de la séditionN'est qu'un bruit passager des flots après l'orage Voltaire, Fanat. v, 1
    • Il vint à Rome, séjour toujours passager des empereurs, accompagné de Castracani, tyran de Lucques, ce héros de Machiavel Voltaire, Mœurs, 68
    • Tout est fini, tout est passager dans la vie humaine J.-J. Rousseau, Ém. V
    • Nos rires passagers, nos passagères larmes Delille, Dithyr.
    • Ce noble ami, dont les regards si touchants ne peuvent s'effacer de mon souvenir, n'est-il pas un être passager comme moi ? Mme de Staël, Corinne, XV, 4
    • L'âme ne reçoit aucun plaisir de ce qu'elle reconnaît elle-même passager Mme de Staël, ib. III, 1
  4. 4Terme de botanique. Se dit de la corolle de la plupart des plantes, qui tombe aussitôt après la fécondation.

  5. 5Fortification passagère, par opposition à fortification permanente, se dit de la fortification relative à toutes les opérations qui ont pour but de renforcer des positions qui ne doivent être occupées que momentanément pendant la durée d'une guerre. On la distingue aussi sous le nom de fortification de campagne.

  6. 6Terme de peinture. Se dit de ce qui est peu prononcé.

  7. 7S. m. et f. Passager, passagère, celui, celle qui ne fait que passer en un lieu. Je ne demeure pas en ce lieu, je n'y suis que passager. Les hommes ne sont que passagers sur la terre.

    • Un passager, un homme qui n'est dans un lieu qu'en passant. Je l'ai ouï dire à des passagers.

      • Sur la route d'Italie, on rançonne assez durement les passagers J.-J. Rousseau, Hél. I, 23
      • Il accueillit le jeune passager, lui offrit le gîte dont il paraissait avoir grand besoin J.-J. Rousseau, Confess. III
  8. 8Celui, celle qui s'embarque pour passer en quelque lieu.

    • Fig.

      • J'ai pris pour passagère La muse des chansons Béranger, Nacelle.

Étymologie

Passage, et la terminaison ier qui se contracte en e après les articulations chuintantes ch, j et g sifflant ; picard et Genève, rue passagère, rue où il passe beaucoup de monde (on le dit aussi à Paris ; ce n'en est pas moins un provincialisme qui n'est pas admis ; c'est passant qu'il faut employer).

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander