Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

passe-port dans le Littré

1 article· 10 citations

passe-port s. m. (pâ-se-por)

  1. 1Permission de passer en des lieux où autrement on ne pourrait aller.

    • On le fouille et l'on trouve enfin le passe-port MAIR., Mort d'Asdrub. III, 3
  2. 2Permission donnée par l'autorité, et garantissant la liberté et la sûreté de ceux qui voyagent.

    • C'était un attentat inouï d'arrêter, sans aucun prétexte, un sujet de Charles-Quint [Servet], qui voyageait sur la foi publique, muni de bons passe-ports Voltaire, Lett. Hénault, 26 fév. 1768
    • M. l'abbé de Bernis a bien voulu m'envoyer, de la part du roi, un passe-port dans lequel Sa Majesté me conserve le titre de son gentilhomme ordinaire Voltaire, Lett. d'Argental, 21 juin 1758
    • Si vous savez un tel pays [sans gendarmes, maire, procureur du roi, etc.] sur la mappemonde, montrez-le moi et me procurez un passe-port Paul-Louis Courier, Lett. partic.
    • Demander ses passe-ports, se dit d'un ambassadeur déclarant qu'il veut se retirer ; cela indique son mécontentement ; c'est un commencement de rupture entre les puissances ; pourtant la guerre n'est pas encore déclarée.

    • Fig. Il porte son passe-port avec lui, c'est-à-dire son nom seul, son extérieur seul suffit pour le faire bien accueillir.

  3. 3Terme de marine. Permission donnée par l'État à un bâtiment de commerce, de faire un voyage déterminé.

    • La guerre déclarée avec les Anglais [en 1666] a fait prendre les armes à plusieurs personnes, dont quelques-uns se sont avisés en cette province [Bretagne] d'armer et équiper des vaisseaux sous des passe-ports du sieur duc de Beaufort, sans commission du roi... Registre secret, etc. dans JAL
    • Nom que les marins donnent à leur feuille de congé.

    • Sauf conduit délivré à un bâtiment ennemi pour se rendre dans un port désigné.

  4. 4Permission que le prince accordait de faire entrer dans ses États, ou d'en faire sortir des meubles, des marchandises, sans payer les droits.

  5. 5Fig Ce qui fait passer, accepter quelque chose.

    • Ceux qui reçoivent toutes sortes d'extravagances sous le passe-port des nouveautés NAUDÉ, Rosecroix, II, 2
    • Il [Villebrune] se loue fort de vos honnêtetés ; je crois qu'il avait un bon passe-port, en parlant de moi Mme de Sévigné, 291
    • Petits écrits de politique [de Jurieu] qui, sans le secours de l'animosité immodérée contre la France, passe-port assuré présentement pour toutes sortes de livres, bons ou mauvais d'ailleurs, auraient eu très peu d'approbateurs BAYLE, Lett. à Constant, 26 juill. 690
    • Je vous remercie bien tendrement, mon cher ami, de tant de bons passe-ports que vous avez donnés à cette philosophie de Newton Voltaire, Lett. Thiriot, 2 août 1738
    • Le peu de charmes de son style servit de passe-port à la hardiesse de ses idées D'Alembert, Éloges, l'abbé de Saint-Pierre
    • Au plur. Des passe-ports.

Étymologie

Passer, port, au sens de passage, issue.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander