patient, ente adj. (pa-si-an, an-t')
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1Terme didactique. Qui souffre, reçoit l'impression d'un agent.
Dans les passions comme nous les considérons, l'âme est patiente, et elle ne préside pas aux dispositions du corps, mais elle y sert
Bossuet, Connaiss. III, 11
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S. m. L'agent et le patient, le sujet qui agit et celui sur lequel il agit.
Bien que l'agent et le patient soient souvent fort différents
Descartes, Pass. I, 1Si Dieu était nécessité, il ne serait plus agent, il serait patient
Voltaire, Métaph. 7
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Fig. et familièrement. Il n'a été que le patient, se dit de celui qui, dans une querelle avec un autre, a souffert les injures, sans rien faire pour les repousser.
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2Qui a de la patience, qui supporte, tolère.
Un Dieu qu'on fait à sa mode, aussi patient, aussi insensible que nos passions le demandent, n'incommode pas
Bossuet, Anne de Gonz.Que vous sert-il d'avoir de l'âge, de l'esprit, si vous n'êtes pas plus patient ?
Mme de Maintenon, Lett. à M. d'Aubigné, 25 juin 1684Les aventures du sage et patient Ulysse valent bien la colère de l'impétueux Achille
Fénelon, Dial. des morts anc. 4
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Dans le langage de l'Écriture, Dieu est patient et miséricordieux, il supporte nos fautes pour nous donner le temps de nous corriger.
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Dans le même langage, la charité est patiente.
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Il se dit aussi des choses.
Cette vertueuse mère plia son fils avec douceur au joug de l'autorité maternelle, l'accoutumant insensiblement à une vie simple et patiente
Fléchier, Duc de Mont.
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Substantivement. Celui qui a de la patience.
Madame m'a fait connaître la vérité de cette parole du sage : Le patient vaut mieux que le fort
Bossuet, Duch. d'Orl.
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3Qui attend et qui persévère avec tranquillité.
Ce n'est jamais qu'aux esprits patients et laborieux qu'appartient le don de l'invention dans les sciences naturelles
Voltaire, Mœurs, 178- Je serai patient pourvu que je le frappe Casimir Delavigne, Louis XI, IV, 2
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4Celui qui est condamné à mort et que l'on va exécuter.
- Est-il permis de braver sur l'échelleUn patient jugé par la Tournelle ? J.-B. Rousseau, Épît. I, 1
Ces exemples de piété [le supplice des protestants sous Henri II] consistaient à suspendre les patients à une haute potence dont on les faisait tomber à plusieurs reprises sur le bûcher
Voltaire, Mœurs, 125
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5Celui qui est entre les mains des chirurgiens, ou, en général, le malade.
Elle [la princesse de Conti] était défigurée par les martyres qu'on lui avait fait souffrir pour tâcher de la faire revenir : on lui avait rompu les dents et brûlé la tête ; c'est-à-dire que, si on ne mourait pas de l'apoplexie, on serait à plaindre dans l'état où l'on met les pauvres patients
Mme de Sévigné, 5 fév. 1672Montmartel, qui est à Genève au nombre des patients de Tronchin
Voltaire, Lett. Mme d'Argental, 2 janv. 1763
Étymologie
Provenç. patient, passien ; espagn. paciente ; ital. paziente ; du lat. patientem, de pati, souffrir.