Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

peste dans le Littré

1 article· 29 citations· rimes· synonymes

peste s. f. (pè-st')

  1. 1Il se dit, en général, de graves maladies contagieuses ou épidémiques. La fièvre jaune est une peste originaire d'Amérique.

    • Le Seigneur envoya la peste dans Israël, depuis le matin de ce jour-là jusqu'au temps arrêté ; et depuis Dan jusqu'à Bersabée il mourut du peuple soixante et dix mille personnes Saci, Bible, Rois, II, XXIV, 15
  2. 2Particulièrement, en termes de médecine, maladie fébrile, généralement contagieuse, endémique dans le Levant, souvent épidémique, caractérisée par des bubons et des anthrax.

    • M. Musnier, de Gênes, m'a écrit que la peste a été si grande à Naples, qu'il y est mort, outre une infinité de monde, quarante-quatre médecins GUI PATIN, Lettres, t. II, p. 250
    • Un mal qui répand la terreur, Mal que le ciel en sa fureur Inventa pour punir les crimes de la terre, La peste (puisqu'il faut l'appeler par son nom) La Fontaine, Fabl. VII, 1
    • MM. Chicoineau et Verny, arrivés à Marseille, trouvèrent la peste accompagnée de toute la désolation, de toute la consternation, de toutes les horreurs qu'elle a jamais traînées après elle Fontenelle, Chirac
    • Vous avez vu des tremblements de terre ; mais, mademoiselle, avez-vous jamais eu la peste ? - Jamais, répondit la baronne Voltaire, Candide, XI
    • Peste noire, la plus formidable épidémie dont l'histoire ait conservé le souvenir, et qui régna dans le milieu du XIVe siècle ; c'était une vraie peste.

    • Fuir quelqu'un ou quelque chose comme la peste, s'en écarter le plus possible.

      • Je m'aperçois tous les jours que tous ceux qui me connaissent me fuient comme la peste, disant que je suis trop médisante LEGRAND, le Fleuve d'oubli, sc. 3
    • Fig. et familièrement. Dire peste et rage de quelqu'un, en dire tout le mal possible.

  3. 3Fig. Chose pernicieuse, funeste, qui corrompt le cœur ou l'esprit.

    • La Discorde aux crins de couleuvre,Peste fatale aux potentats Malherbe, III, 2
    • Tous les livres semblables [à ceux d'Escobar, de Sanchez, etc.] que Nos seigneurs les évêques appellent la peste des consciences Pascal, 2e factum pour les curés de Paris
    • Plusieurs n'étant ni excités à leur salut ni instruits de leur devoir, frappés de la maladie et du péché, renfermaient dans leur sein deux pestes ensemble et mouraient d'une double mort Fléchier, Panég. II, 331
  4. 4Il se dit aussi des personnes qui peuvent faire beaucoup de mal.

    • Il se dit aussi des animaux nuisibles ou incommodes. Les loirs sont la peste des jardins.

      • Nous fûmes extrêmement incommodés des moucherons, qui sont la peste de ce pays Regnard, Voyage de Laponie.
    • Familièrement et par exagération. C'est une méchante peste, se dit d'un méchant petit garçon, d'une jeune fille très malicieuse.

    • Des pestes de.... des gens très désagréables.

  5. 5Adj. C'est un petit peste, se dit d'un petit garçon qui est malicieux.

  6. 6Par imprécation.

    • La peste du.... Peste soit du.... La peste Soit du causeur ! Molière, le Dép. II, 7
    • Peste soit des carognes qui me laissent dans l'inquiétude ! Molière, Mar. forcé, X
  7. 7Par exclamation, peste ou la peste !

Étymologie

Wallon, pest ; du latin pestis, fléau en général, et, particulièrement, maladie dangereuse et commune à beaucoup. Corssen, Beitr. p. 396, pense que pestis est pour perdtis, de perdere, perdre, ruiner.

Supplément

PESTE. Ajoutez : - REM. Les quatre vers de Mlle de la Vigne, cités au n° 5, d'après Richelet, appartiennent à une pièce qui se trouve dans Mélange curieux contenant les meilleures pièces attribuées à M. de St-Évremond, t. I, p. 78, Cologne, 1708.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander