philosophie s. f. (fi-lo-zo-fie)
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1Étude des principes et des causes, ou système des notions générales sur l'ensemble des choses.
Je ne dirai rien de la philosophie, sinon que, voyant qu'elle a été cultivée par les plus excellents esprits qui aient vécu depuis plusieurs siècles, et que néanmoins il ne s'y trouve encore aucune chose dont on ne dispute et par conséquent qui ne soit douteuse, je n'avais point assez de présomption pour espérer d'y rencontrer mieux que les autres
Descartes, Méth. I, 12Ces neuf années s'écoulèrent avant que j'eusse pris aucun parti touchant les difficultés qui ont coutume d'être disputées entre les doctes, ni commencé à chercher les fondements d'aucune philosophie plus certaine que la vulgaire
Descartes, ib. III, 7La foi tient lieu de philosophie aux chrétiens
Bossuet, 6e avert. 107Et comment puis-je me fier à toi, ô pauvre philosophie ? que vois-je dans tes écoles, que des contentions inutiles qui ne seront jamais terminées ? on y forme des doutes, mais on n'y prononce point de décisions
Bossuet, Sermons, Quinquagés. ILes barbares sont bien loin d'avoir même une fausse philosophie
Voltaire, Russie, I, 1La philosophie, ou la portion de la connaissance humaine qu'il faut rapporter à la raison, est très étendue ; il n'est presque aucun objet aperçu par les sens dont la réflexion n'ait fait une science
D'Alembert, Explic. Conn. hum. Œuv. t. I, p. 331La philosophie est un océan, et les philosophes ne sont souvent que des pilotes, dont les naufrages nous font connaître les écueils que nous devons éviter
Condillac, Art de rais. IV, 2Cicéron a défini la philosophie la science des choses divines et humaines et de leurs causes ; l'école de Leibnitz a dit que la philosophie est une science des raisons suffisantes ; selon Wolf, la philosophie est une science de toutes les choses possibles, comment et pourquoi elles sont possibles ; suivant Reinhold, la philosophie est la science de la liaison déterminée des choses, indépendamment de l'expérience
VILLERS, Kant, p. 29
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Philosophie première, s'est dit, dans l'école péripatéticienne, de la partie qui depuis a été appelée métaphysique.
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2Système particulier de philosophie.
Jamais philosophie ne fut moins entendue et plus calomniée que celle d'Épicure
Diderot, Opin. des anc. philos. (Épicurisme)Le défaut de la philosophie d'Aristote était d'employer comme causes tous les effets particuliers ; celui de Descartes est de ne vouloir employer comme causes qu'un petit nombre d'effets généraux, en donnant l'exclusion à tout le reste ; il me semble que la philosophie sans défaut serait celle où l'on n'emploierait pour causes que des effets généraux, mais où l'on chercherait en même temps à en augmenter le nombre, en tâchant de généraliser les effets particuliers
Buffon, Nat. des anim. ch. III
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3Philosophie naturelle, par opposition à philosophie morale, ensemble des sciences astronomique, physique, chimique et biologique.
Il faut dire en gros : cela se fait par figure et mouvement.... mais de dire quels.... cela est ridicule... et, quand cela serait vrai, nous n'estimons que toute la philosophie vaille une heure de peine
Pascal, Pens. XXIV, 100 bis, éd. HAVET.La mort de Tycho mit Kepler en possession de la collection précieuse de ses observations ; et il en fit l'emploi le plus utile, en fondant sur elles trois des plus importantes découvertes que l'on ait faites dans la philosophie naturelle
LA PLACE, Exp V, 4Toute la philosophie naturelle, dit Newton, consiste en trois choses : trouver et déterminer d'abord les phénomènes, puis leurs lois, puis enfin les forces qui les produisent
BIOT, Instit. Mém. acad. scienc. t. III, p. 178
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Philosophie corpusculaire, synonyme de philosophie mécanique (voy. MÉCANIQUE, n° 2).
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4Système des idées générales qui appartiennent à une science, à un art. La philosophie de la chimie, de l'art de la guerre.
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Philosophie de l'histoire, théorie des faits historiques telle qu'elle fasse saisir l'enchaînement des phases de la civilisation et des époques du genre humain.
Nous tâchâmes, dans un discours préliminaire [à l'Essai sur les mœurs] qu'on intitula philosophie de l'histoire, de démêler comment naquirent les principales opinions qui unirent des sociétés, qui ensuite les divisèrent, qui en armèrent plusieurs les unes contre les autres ; nous cherchâmes toutes ces origines dans la nature, elles ne pouvaient être ailleurs
Voltaire, Mél. hist. Fragm. hist. XLa philosophie de l'histoire néglige les changements eux-mêmes, et ne voit que le fait général de la mobilité humaine dont ils sont la manifestation ; elle cherche la cause et la loi de cette mobilité
JOUFFROY, Prem. mél.
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Nom donné à des ouvrages composés sur la philosophie d'une science (avec une majuscule). La Philosophie de la botanique.
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5Cours de philosophie qui se fait dans les colléges. Professeur de philosophie.
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La classe où l'on enseigne la philosophie. Faire sa philosophie.
Quand il fut en philosophie, il prit peu de goût pour celle qu'on lui enseignait ; il n'y trouvait point la nature qu'il se plaisait tant à observer, mais des idées vagues et abstraites, qui se jettent, pour ainsi dire, à côté des choses, et n'y touchent point
Fontenelle, Tournefort.
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6Nom donné aux doctrines d'un certain nombre de penseurs du XVIIIe siècle qui attaquaient les opinions traditionnelles en religion et en politique.
Une affreuse philosophie se répand en secret
Massillon, Carême, Avenir.La superstition met le monde en flammes ; la philosophie les éteint
Voltaire, Dict. phil. Superstition.On aura beau faire, cette chienne de philosophie sera, comme le prince d'Orange, souvent battue et jamais défaite
D'Alembert, Lett. à Volt. 5 nov. 1776Dans ce pays-là, on dit à toutes les sottises qui se font : c'est la philosophie ; comme Crispin dit : c'est votre léthargie
D'Alembert, ib. 12 janvier 1763
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7Étude de la société et de la morale.
Un ministre.... étant appelé au gouvernement en ces temps fâcheux.... doit passer de la philosophie des paroles à celle des actions
Guez de Balzac, Des ministres et du ministèreÉcoutons donc la philosophie qui prêche dans le désert une petite troupe d'auditeurs qu'elle a choisis, parce qu'ils savaient déjà une bonne partie de ce qu'elle peut leur apprendre
Fontenelle, Bonh. Œuv. t. III, p. 249, dans POUGENSSocrate est regardé comme le fondateur de la philosophie morale chez les Grecs
Rollin, Hist. anc. liv. XXVI, I, 1Défions-nous d'une philosophie en paroles, défions-nous d'une fausse vertu qui sape toutes les vertus, et s'applique à justifier tous les vices pour s'autoriser à les avoir tous
J.-J. Rousseau, Hél. III, 18
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8Fermeté et élévation d'esprit par laquelle on se met au-dessus des événements et des préjugés.
La philosophie triomphe aisément des maux passés et des maux à venir ; mais les maux présents triomphent d'elle
LA ROCHEFOUC., Max. 22Et, comme vous dites, ma belle, toutes les philosophies ne sont bonnes que quand on n'en a que faire
Mme de Sévigné, 25 mai 1680Il y a de certaines philosophies qui sont en pure perte et dont personne ne nous sait gré
Mme de Sévigné, 28 juillet 1677Il y a une philosophie qui nous élève au-dessus de l'ambition et de la fortune
La Bruyère, XIIBonne ou mauvaise santé Fait notre philosophie
CHAUL., La première attaque de goutteLa philosophie est bonne à quelque chose, elle console
Voltaire, Lett. à Mme du Deffant, 21 oct. 1770Il croit être un sage, parce qu'il prend son mécontentement pour un noble détachement des grandeurs humaines, et son humeur pour de la philosophie
Mme de Genlis, Mères riv. t. I, p. 4, dans POUGENS
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Philosophie païenne ou naturelle, philosophie fondée sur les lumières naturelles.
Elle [sainte Catherine] n'emploie sa science que pour faire connaître la vérité ; mais, afin qu'elle paraisse comme triomphante, elle met à ses pieds la philosophie [païenne], qui est son ennemie capitale
Bossuet, Panég. Ste Cather. 2
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Philosophie chrétienne, philosophie fondée sur les croyances du christianisme.
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Philosophie naturelle, se dit aussi d'un certain caractère naturel de raison, de modération et de force d'âme.
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9Système particulier qu'on se fait pour la conduite de la vie. Sa philosophie consiste à ne se tourmenter de rien.
Est-il permis de s'abandonner à une philosophie sauvage, de se préférer à tout le reste du genre humain ?
Fénelon, Tél. XIIl est bon d'être philosophe, mais il est triste d'être toujours oblige de se servir de sa philosophie
Voltaire, Lett. Damilaville, 27 mars 1767La vraie philosophie est de voir les choses telles qu'elles sont
Buffon, De la vieill. et de la mort.
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10Terme d'imprimerie. Caractère de dix points entre le cicero et le petit romain.
Étymologie
Prov. philosophia ; esp. et ital. filosofia ; du grec φιλοσοφία (voy. PHILOSOPHE).