Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

physionomie dans le Littré

1 article· 14 citations· rimes· synonymes

physionomie s. f. (fi-zi-o-no-mie)

  1. 1L'air, les traits du visage.

    • On ne peut faire une bonne physionomie qu'en accordant toutes nos contrariétés Pascal, Pens. XVI, 10 bis, éd. HAVET.
    • S'il [un jeune homme de bonne figure disant des sottises] m'eût donne des coups de massue sur la tête, il ne m'aurait pas plus affligée ; je jurai de ne me plus fier aux physionomies Mme de Sévigné, 233
    • La physionomie n'est pas une règle donnée pour juger des hommes ; elle nous peut servir de conjecture La Bruyère, XII
    • Une physionomie qui promet une âme et qui ne ment pas J.-J. Rousseau, Ém. V
    • On disait à l'un d'entre eux [homme de la cour] : On ne vous a point vu à la cour depuis la mort du roi ; il répondit : C'est que je n'ai point encore trouvé ma physionomie d'avénement Diderot, Claude et Nér. I, 34
    • Personne n'a plus que lui la physionomie de son âme Diderot, Salon de 1767, Œuv. t. XIV, p. 40, dans POUGENS
    • Physionomie heureuse, résultat de tous les traits d'une personne, qui prévient en faveur de son caractère.

    • Mauvaise physionomie, physionomie qui annonce la méchanceté.

      • Qui es-tu donc, vieux romain [Caton] ? tu as la physionomie mauvaise, un visage dur et rébarbatif Fénelon, t. XIX, p. 278
      • On trouve toujours la physionomie mauvaise à un homme qui a fait une méchante action Voltaire, Mél. litt. Lett. à M le prince de***, lett. X
  2. 2Absolument. Certain air de vivacité et d'agrément répandu habituellement sur le visage.

    • Jamais aucun visage de femme n'a tant mérité que le sien, qu'on se servît de ce terme de physionomie pour le définir et pour exprimer tout ce qu'on en pensait en bien Marivaux, Marianne, 4e part.
    • On croit que la physionomie n'est qu'un simple développement de traits déjà marqués par la nature ; pour moi, je penserais qu'outre ce développement, les traits du visage d'un homme viennent insensiblement à se former et à prendre de la physionomie par l'impression fréquente et habituelle de certaines affections de l'âme J.-J. Rousseau, Ém. IV
    • Nous serions fort embarrassés de dire bien précisément ce que c'est que d'avoir de la physionomie Diderot, Lett. sur les aveugles.
    • Il se dit aussi des animaux.

      • Le lion fait mouvoir la peau de sa face, ce qui ajoute beaucoup à sa physionomie Buffon, Morceaux choisis, p. 217
  3. 3Aspect particulier qui, pour chaque être vivant, résulte de l'ensemble de ses parties tant intérieures qu'extérieures.

    • Ce qu'on peut appeler la physionomie dans tous les êtres vivants, dépend de l'aspect que leur tête présente lorsqu'on les regarde de face Buffon, Ois. t. XIII, p. 162
  4. 4Fig. Caractère qui distingue certaines choses de toutes les autres. Ce pays a une physionomie particulière.

  5. 5Art de juger, par les traits du visage, quel est le caractère d'une personne.

    • Ou toutes les règles de la métoposcopie et de la physionomie sont fausses, ou il devait être pendu HAUTEROCHE, Crispin méd. II, 4

Étymologie

Altération de physiognomonie ; prov. phizonomia ; esp. et ital. fisonomia.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander