pitance s. f. (pi-tan-s')
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1La portion qu'on donne à chacun à chaque repas, dans les communautés.
La belle Agnès [Sorel] laissa un fonds pour la pitance d'œufs, au jour de son anniversaire
ST-FOIX, Ess. Paris, Œuvr. t. III, p. 229, dans POUGENS
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Populairement. Aller à la pitance, aller chercher les provisions.
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2Par extension, ce qu'il faut pour un repas d'une personne.
- Certain chien, qui portait la pitance au logis La Fontaine, Fabl. VIII, 7
On m'apporta ma pitance, que je commençai à expédier avec beaucoup d'appétit
Lesage, Gil Blas, VII, 9
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3Populairement. La chair ou le poisson qu'on mange dans le repas outre le pain. Il donne sur la pitance.
Étymologie
Bourguig. Berry et genev. pidance ; provenç. piatansa, piedansa, pidanza, pitansa, pitié, miséricorde ; espagn. pitanza ; ital. pietanza ; lombard, pitansa ; bas-lat. pictancia. La forme pietanza a fait supposer que le mot venait du latin pietas, et signifiait œuvre charitable ; piteux prouvant que le radical piet peut devenir pit. D'autres ont indiqué pittacium, billet, pitance signifiant dans cette hypothèse la remise d'aliments en échange d'un billet. Diez y a vu le radical pit qui signifie petit ; de sorte que pitance serait la petite portion. Mais la présence du bas latin pictantia paraît donner raison à du Cange, qui le tire de picta, pite, sorte de petite monnaie ; une pitance de moine, sens primitif du mot, étant estimée une pite. D'un autre côté, il faut admettre que pietas a agi pour modifier au sens de charité la forme du mot. Pitance paraît signifier la viande ou en général le mets par opposition au pain, au potage, au vin.