plaider v. n. (plè-dé)
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1Contester quelque chose en justice.
- Depuis qu'il est des lois, l'homme pour ses péchésSe condamne à plaider la moitié de sa vie La Fontaine, Fabl. XII, 27
C'est être damné dès ce monde que d'avoir à plaider
Molière, Fourber. II, 8- Mais vivre sans plaider, est-ce contentement ? Racine, Plaid. I, 7
L'on n'entend.... que des mots d'exploit, de saisie, d'interrogatoire, de promesse, et de plaider contre sa promesse
La Bruyère, XI- Conseillez-vous au palais, en Sorbonne ;Puis, quand vos cas seront bien décidés,Accordez-vous, si votre affaire est bonne ;Si votre cause est mauvaise, plaidez J.-B. Rousseau, Épigr. II, 17
Je parierais que cet homme-là plaide en séparation
Casimir Delavigne, Cons. rapp. I, 1
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2Défendre, soutenir de vive voix la cause d'une partie devant les juges.
Vraiment il plaide bien
Racine, Plaid. III, 3Quand on a ainsi distingué l'éloquence du barreau de la fonction de l'avocat, et l'éloquence de la chaire du ministère du prédicateur, on croit voir qu'il est plus aisé de prêcher que de plaider, et plus difficile de bien prêcher que de bien plaider
La Bruyère, XV
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Fig.
- Quand mon esprit, poussé d'un courroux légitime,Vint devant la raison plaider contre la rime Boileau, Épître X
Une conscience qui plaide au dedans de vous pour la foi
Massillon, Avent, Délai.- Je plaide pour le pauvre et contre les tyrans M. J. CHÉN., Gracques, II, 3
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Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
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3V. a. Soutenir, par devant la justice, une affaire, une contestation.
Votre avocat ne se trouvera point lorsqu'on plaidera votre cause
Molière, Fourber. II, 8Orante plaide depuis dix ans entiers en règlement de juges une affaire juste, capitale, et où il y va de toute sa fortune : elle saura peut-être dans cinq années quels seront ses juges, et dans quel tribunal elle doit plaider le reste de sa vie
La Bruyère, XIV
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Plaider une cause, se dit en parlant de l'avocat qui soutient le droit ou apprécie les intérêts d'une partie.
Nous plaidons son affaire demain, et nous sommes descendus chez M. de la Pommeraie, notre juge rapporteur
Casimir Delavigne, Cons. rapp. I, 2
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Plaider un fait, un moyen, le faire valoir. Plaider l'alibi.
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Plaider que, avancer, soutenir en plaidant, que....
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Fig. Plaider la cause, prendre la défense.
Je n'ai pas besoin d'un ministre officieux ; toute l'Angleterre plaide notre cause [le culte des saints], puisqu'elle célèbre comme nous le culte des saints
Bossuet, Avert. repr. d'idol. 29- Là de l'humanité je plaiderai la cause M. J. CHÉN., Fén. III, 2
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Fig. Plaider les causes perdues, soutenir une mauvaise cause.
On ne plaide guère devant le public que les causes perdues, ou du moins équivoques, et on se met peu en peine d'étayer son droit par de froids préceptes, quand on se sent en état de gagner son procès par des exemples
D'Alembert, Éloges, Lamotte.
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Familièrement et fig. Plaider le faux pour savoir le vrai, dire à quelqu'un une chose fausse pour lui faire avouer la vérité.
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4Plaider quelqu'un, lui faire un procès, l'appeler en jugement.
Le fils de Mme de Valençai, si malhonnête homme, est mort de maladie, comme il les allait tous plaider
Mme de Sévigné, 1er mars 1680- Le moindre d'entre nous, sans argent, sans appui,Eût plaidé le prélat et le chantre avec lui Boileau, Lutr. III
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Fig. Plaider quelqu'un, lui chercher querelle.
Vous trouverez à dire à tout, et M. de Grignan ne songe, à l'heure qu'il est, qu'à me plaider
Mme de Sévigné, 19 janv. 1674
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5Se plaider, v. réfl. Être en procès les uns avec les autres.
- Leur terre près du Mans pour laquelle ils se plaident DUFRESNY, Réconcil. norm. I, 2
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6Être plaidé. Mon affaire se plaide aujourd'hui.
Étymologie
Wallon, plaitî ; provenç. plaidejar, plaideiar, playejar, plaegar ; catal. pledejar ; espagn. pleitar ; ital. piateggiare, piatire ; du bas-latin, placitare, de placitum, plaid. L'ancienne langue disait aussi plaidier, plaidoier.