1plain, aine adj. (plin, plè-n')
-
1Qui est sans inégalités, uni.
Si le pays est bossu ou plain, couvert de bois ou découvert
VAUBAN, Dîme, p. 223Des cascades dans des lieux plains et sablonneux
J.-J. Rousseau, Hél. IV, 11
-
Velours plain, satin plain, linge plain ; on dit plutôt aujourd'hui : velours, satin, linge uni.
-
Terme de fauconnerie. Cet oiseau va de plain, il plane en l'air.
-
2De plain-pied, au même étage et de même niveau.
La duchesse de Saint-Simon reçut toute la cour sur son lit dans l'appartement de la duchesse d'Arpajon, plus commode parce qu'il était de plain-pied
Saint-Simon, 28, 69L'appartement de madame de Maintenon était de plain-pied avec celui du roi
Voltaire, Louis XIV, 27
-
De plain-pied, sans monter ni descendre. De la salle on entre de plain-pied dans le jardin.
-
Fig. De plain-pied, sans rien qui oblige à des efforts, sans difficulté.
Le socinianisme est une religion de plain-pied, qui lève toutes les difficultés et aplanit toutes les hauteurs
Bossuet, 6e avert. III, 15- Voir de plain-pied d'abord et beau-père et maîtresse Thomas Corneille, D. Cés. d'Avalos, I, 4
Combien de favoris de la fortune vont de plain-pied saisir les premiers postes !
Massillon, Drap.
-
S. m. Le plain-pied, plusieurs pièces de plain-pied. Il y a beaucoup de plain-pied dans cette maison. Un beau plain-pied.
-
Par extension.
Saint-Germain, lieu unique pour rassembler les merveilles de la vue, l'immense plain-pied d'une forêt toute joignante.... le roi l'abandonne pour Versailles
Saint-Simon, 410, 148
-
-
3Plain-chant, voy. PLAIN-CHANT.
-
4S. m. Le plain, en termes de marine, la haute mer. Un vaisseau est allé au plain, a mis au plain, a donné au plain.
Le plain de l'eau, la haute mer
DESROCHES, Dict. 1697
-
Ancien terme de marine. Le plain de la poupe, la partie du pont de l'arrière comprise entre le tabernacle et les premiers bancs de droite et de gauche de la galère.
Étymologie
Provenç. plan ; catal. pla ; esp. llano ; portug. plano ; ital. piano ; du lat. planus. L'ancienne langue employait très souvent plain, s. m. au sens de plaine. Plain et plein sont souvent confondus. Dans les anciens textes, plain pied, mieux écrit plein pied, signifie l'étendue d'un pied. Beaumanoir écrit plain champ, ce que nous écrivons aujourd'hui plein champ ; ce sont deux idées différentes qui arrivent au même sens dans l'usage : en plain champ, en champ uni ; en plein champ, dans la plénitude, l'étendue du champ.