pocher v. a. (po-ché)
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1Mettre en sac (vieilli en ce sens).
Sans que ledit fermier soit tenu, si bon ne lui semble, de pocher ni mesurer ledit sel auxdits entrepôts,
Bail Gautier, 6 mars 1660
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2Terme de cuisine. Pocher des œufs, les casser dans de l'eau ou du bouillon bouillant, et les y laisser quelques minutes pour la cuisson ; au sortir, ils sont entourés du blanc mat et ferme, et mollets en dedans.
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3Faire une boucle à l'extrémité de certaines lettres. Pocher les L, les G.
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4Terme d'atelier. Esquisser d'une manière négligée et hardie.
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5Faire une meurtrissure suivie d'enflure.
- Laissez-moi lui pocher les yeux à coups de poing BOISROBERT, Belle plaideuse, v, 1
Étymologie
Poche ; norm. poquer, porter des fruits dans sa poche. La série des sens est claire : mettre en sac ; pocher une lettre, y faire une boucle ronde comme une poche ; pocher des œufs, les envelopper, par le mode de cuisson, de leur blanc comme d'une poche. Reste pocher les yeux, qui est douteux ; il peut venir de ce qu'on a comparé un œil meurtri à un œuf poché au beurre noir ; mais il peut venir aussi de l'ancien verbe poucher, froisser avec le pouce ; picard, pocher, tâter avec le pouce : XVe s. Icelluy Vincent dist que s'il trouvoit le suppliant à son avantaige, qu'il lui creveroit et poucheroit les deux yeux, DU CANGE, pollex. Quant au pocher des artistes, c'est sans doute un emploi figuré : faire lâchement, comme une poche, ou peut-être froisser du pouce, et alors le mot viendrait originairement des modeleurs.