Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

police dans le Littré

3 articles· 32 citations· rimes· synonymes

1police s. f. (po-li-s')

  1. 1Organisation politique.

    • La pente vers soi est le commencement de tout désordre, en guerre, en police, en économie Pascal, Pens. XXIV, 56, éd. HAVET.
    • La police céleste avec laquelle Dieu régit les hommes l'oblige à leur faire connaître qu'il déteste infiniment le péché Bossuet, Sermons, Rechutes, 2
    • C'est là que, chargé de la protection des lois et des polices humaines.... il réprimait la licence des uns, relevait la faiblesse des autres.... Fléchier, le Tellier.
    • Les cyclopes ne connaissent point de lois ; ils n'observent aucune règle de police Fénelon, t. XXI, p. 393
    • Des peuples sauvages qui vivaient sans loi, sans police Massillon, Panégyr. Saint Benoît.
    • Les Grecs n'imaginèrent point la vraie distribution des trois pouvoirs dans le gouvernement d'un seul : ils ne l'imaginèrent que dans le gouvernement de plusieurs, et ils appelèrent cette sorte de constitution police Montesquieu, Esp. XI, 11
    • Quoi ! depuis que vous êtes établis en corps de peuple, vous n'avez pas encore le secret d'obliger tous les riches à faire travailler tous les pauvres ? vous n'en êtes dont pas encore aux premiers éléments de la police ? Voltaire, Dial. 1
  2. 2Ordre, règlement établi dans un État, dans une ville, pour tout ce qui regarde la sûreté et la commodité des citoyens.

    • Un homme de bien laisse régler l'ordre des successions et de la police aux lois civiles, comme il laisse régler le langage et la forme des habits à la coutume Bossuet, Connaiss. IV, 5
    • Et par une exacte police il sauva ce peuple Fléchier, Duc de Mont.
    • Si l'on faisait une exacte police,On ne souffrirait point tous ces vilains mots-là BOURSAULT, Mots à la mode, 15
    • Selon Jurieu l'unité d'une Église n'est qu'une simple police Fénelon, t. II, p. 86
    • À Sparte les magistratures brisaient les instruments dont l'harmonie était trop délicieuse, et c'était là une de leurs plus importantes polices Fénelon, t. XVII, p. 103
    • Les adultères, les vengeances.... ne sont plus pour vous que des défenses humaines, et des polices établies par la politique des législateurs Massillon, Carême, Vérité de la relig.
    • Elle [une certaine loi] confond toutes les idées, faisant un crime d'État de ce qui n'est qu'une violation de police Montesquieu, Esp. XX, 14
    • Dans l'exercice de la police, c'est plutôt le magistrat qui punit que la loi ; dans les jugements des crimes, c'est plutôt la loi qui punit que le magistrat Montesquieu, ib. XXVI, 24
  3. 3L'administration qui exerce la police. Le préfet de police à Paris. Commissaire de police. Agent de police. Inspecteur de police. Espion de police.

    • Haute police, l'ensemble des moyens employés, des dispositions prises ou à prendre dans l'intérêt de l'État et de la sécurité des citoyens. Ce personnage a été sous la surveillance de la haute police.

    • Être sous la surveillance de la police, se dit de ceux qui, par suite d'un jugement, ne peuvent, pendant plus ou moins longtemps, disposer de leur personne sans l'autorisation de la police.

    • Lieutenant de police, nom du magistrat qui présidait à la police de la ville de Paris.

  4. 4Police correctionnelle, tribunal connaissant des délits qui sont plus graves que les contraventions à la police ordinaire, mais qui ne le sont pas assez pour être déférés aux cours d'assises.

    • Tribunal de police, de simple police, tribunal qui connaît des infractions aux règlements de police. Cette juridiction est attribuée au juge de paix et au maire, ou au juge de paix seulement, suivant les cas.

    • On dit de même : juge de police ; jugement de police ; citation à la police.

  5. 5L'ordre et le règlement établi dans une assemblée, dans une société.

    • Que pour l'ordre, la police et les lois de cette assemblée [l'Académie française], on a trouvé à propos de les réduire en un statut à part PELLISSON, Hist. de l'Acad. I
    • Les prêtres chez les Germains mettaient la police dans l'assemblée Montesquieu, Esp. XVIII, 31
    • On entend par police des grains les règlements que fait le gouvernement lorsqu'il veut lui-même diriger le commerce des grains Condillac, Comm. gouv. II, 12
    • Quelle doit être la police des diètes ? quelles règles doivent-elles suivre en délibérant sur les affaires ? Condillac, Études hist. III, 5
    • Par extension.

      • La seconde tentative de centralisation météorologique eut lieu sous les ordres d'un grand navigateur, le célèbre capitaine Beecher ; vainement le nouveau directeur de la police atmosphérique indique le moyen de mettre de l'ordre dans tous ces documents confus.... FONVIELLE, Presse scientifique, 16 juin 1863, p. 747
    • Faire la police, faire régner l'ordre, la sûreté.

      • Nos frégates faisaient la police, et les Ottomans respiraient sous le pavillon français Chateaubriand, Itin. 1re part.
    • Fig. Faire la police, régenter.

      • Croyez-moi, monsieur, peu de gens ont le droit de faire la police du monde Marmontel, Cont. mor. Misanth.
  6. 6Police médicale ou sanitaire, tout ce qui se rapporte à la conservation de la santé dans les villes et durant les épidémies.

  7. 7Bonnet de police, bonnet de drap dont les militaires font usage quand ils ne sont pas en tenue.

    • Salle de police, voy. SALLE.

Proverbes

Bonne police est cause d'abondance.

Étymologie

Lat. politia, du grec πολιτεία, gouvernement (voy. POLITIQUE).

2police s. f. (po-li-s')

  1. 1Contrat par lequel on s'engage à indemniser quelqu'un de certaines pertes.

    • Police d'assurance est un contrat par lequel le marchand répond du vaisseau au bourgeois [c'est-à-dire, par lequel le marchand qui loue le navire pour y mettre ses marchandises en répond au propriétaire], ou bien un contrat par lequel on promet indemnité et assurance des choses qui sont transportées par mer de pays en un autre, au moyen de tant pour cent que l'assuré paye à son assureur quand le navire est de retour Ms. du XVIIe siècle, dans JAL
    • Le contrat appellé police d'assurance sera rédigé par écrit, et pourra être fait sous signature privée Ordonn. août 1681
  2. 2Terme de marine. Police de chargement, se dit quelquefois pour connaissement.

    • Des connaissements ou polices de chargement : les connaissements, polices de chargement ou reconnaissances des marchandises chargées dans le vaisseau, seront signées par le maître, ou par l'écrivain du bâtiment Ordonn. août 1681
  3. 3Terme de typographie. Police d'un caractère, l'assortiment des différentes sortes dont il est composé, lettres, capitales, points, virgules, etc.

Étymologie

Prov. polissia ; ital. polizza ; bas-lat. pollex, polegium, poletum, poleticum, registre, pièce écrite, altération de polyptychum (voy. POUILLÉ et POLYPTIQUE).

3policé, ée part. passé (po-li-sé, sée)

  1. 1Formé par la civilisation, par la police.

    • Rien ne démontre mieux la distance immense qui se trouve entre l'homme sauvage et l'homme policé que les conquêtes de celui-ci sur les animaux Buffon, t. VIII, p. 279
    • Tous les peuples policés ont été sauvages Raynal, Hist. phil. XIX, 2
  2. 2Réglé par la police (emploi vieilli).

    • M. Sarrazin [médecin] en a fait bien d'autres en ce pays ; Paris est trop mal policé ; le désordre vient du même endroit d'où nous devrions avoir le remède GUI PATIN, Lett. t. II, p. 179

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander