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un seul est le mot juste.

port dans le Littré

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1port s. m. (por ; le t ne se prononce pas et ne se lie pas ; au pluriel, l's ne se lie pas ; cependant quelques-uns la lient : des por-z avantageux)

  1. 1Lieu sur une côte où la mer s'enfonce dans les terres et offre un abri aux bâtiments.

    • On dit souvent port de mer pour le distinguer des ports sur des rivières.

    • Port militaire, celui où stationnent d'ordinaire les bâtiments de guerre d'un État.

    • Port marchand, celui qui reçoit les bâtiments marchands.

    • Port fermé, port garanti de la violence du vent et des lames. On dit par opposition : port ouvert.

    • Port de toute marée, celui où les bâtiments peuvent entrer en tout temps.

    • Port de marée, petit port où l'on ne peut entrer que lorsque le flot a acquis une certaine hauteur.

    • Port de barre, celui dont l'entrée est fermée par une barre.

    • Port franc, celui où les marchandises ne payent point de droits, tant qu'elles n'entrent pas dans l'intérieur du pays.

    • Port franc se dit aussi d'un édifice situé près du port, dans lequel on entrepose les marchandises étrangères.

    • Avoir un port sous le vent, se trouver en position de se réfugier dans un port voisin.

    • Prendre port, surgir au port, entrer dans un port.

    • Fig. Prendre port, atteindre son but, réussir dans ce qu'on a entrepris.

    • Fermer un port, fermer les ports, empêcher qu'il n'en sorte aucun bâtiment.

    • Faire naufrage au port, périr en arrivant au port.

    • Fig. Manquer de réussir ou périr, au moment où l'on touchait au succès ou au salut.

    • Arriver à bon port, atteindre heureusement le terme d'une navigation.

      • Sur tous ses compagnons Atropos et Neptune Recueillirent leurs droits, tandis que la Fortune Prenait soin d'amener son marchand à bon port La Fontaine, Fabl. VII, 14
    • Fig. Arriver à bon port, arriver heureusement et en bonne santé au lieu où l'on voulait aller.

    • Arriver à bon port, signifie aussi achever, terminer, réussir.

    • Capitaines et officiers de port, fonctionnaires chargés de surveiller les ports de commerce.

  2. 2Endroit, dans une rivière, où l'on embarque et débarque les marchandises.

    • Bas port, se dit, à Paris, de certaines parties des quais de la Seine, qui sont assez peu élevées pour qu'on y débarque et embarque commodément les marchandises.

  3. 3Ville bâtie autour d'un port. Brest est un beau port.

  4. 4Fig. Lieu de refuge, de repos.

    • Il est arrivé au port, il est dans le port, se dit d'un homme de bien qui est mort et que l'on croit jouir du bonheur éternel.

      • Il est dans le port, il est hors des atteintes de l'injustice et de l'envie PATRU, Lett. à Olinde, dans RICHELET
    • Fig. Port de salut, lieu où l'on se retire à l'abri d'une tempête. Cette rade a été pour lui un port de salut.

    • Port de salut, se dit aussi de tout lieu où l'on se retire loin des embarras du monde, où l'on se met à l'abri de quelque danger

Étymologie

Provenç. port ; esp. puerte ; ital. porto ; du lat. portus, qui se rapporte à πόρος, passage.

2port s. m. (por ; le t ne se prononce pas et ne se lie pas)

  1. 1Action de porter, d'apporter.

    • ... Pour le port de si bonnes nouvelles, C'est trop peu d'un baiser Corneille, Clit. v, 3. 1re éd.
  2. 2Port d'un navire, ce que ce navire peut porter de charge. En France, en Angleterre, en Hollande, en Espagne, le port d'un navire s'exprime en tonneaux. Un vaisseau du port de cinq cents tonneaux.

    • Pour connaître le port et la capacité d'un vaisseau, et en régler la jauge, le fond de cale, qui est le lieu de la charge, sera mesuré, à raison de 42 pieds cubes pour tonneau de mer Ordonn. août 1681
    • Port permis dans la marine marchande, ce qu'un capitaine de navire ou un passager peut charger pour son compte, sans avoir de fret à payer.

      • Le port permis est, pour le capitaine, d'un tonneau ou deux, et d'une fraction de tonneau pour chaque officier LEGOARANT
  3. 3Le prix payé pour le transport des effets que voiturent les rouliers et les messagers, et pour celui des lettres qu'on reçoit par la voie de la poste.

    • Port payé, se dit d'un paquet, d'un colis, d'une lettre dont celui qui l'envoie a payé le port. Le colis est arrivé port payé.

    • Avoir ses ports francs, expédier et recevoir ses lettres franches de port.

      • Un secrétaire de l'Académie devrait bien avoir ses ports francs Voltaire, Lett. d'Alembert, 8 févr. 1775
  4. 4Port d'armes, l'attitude du soldat qui porte les armes. Se mettre au port d'armes.

    • Port d'armes, l'action de porter sur soi des armes.

      • Cette république d'Italie [Venise] où le port des armes à feu est puni comme un crime capital, et où il n'est pas plus fatal d'en faire un mauvais usage que de les porter Montesquieu, Esp. XXVI, 24
    • Permis qu'on obtient, moyennant le payement d'un droit, de porter des armes de chasse et de chasser.

  5. 5Terme de jeu. Les cartes que l'on réserve, après en avoir écarté quelques-unes, pour les joindre à celles qui doivent rentrer. Mon port est de carreau, de cœur.

  6. 6La manière dont une personne se tient, marche et se présente.

    • Elle a le port d'une reine, un port de reine, se dit d'une femme qui a la taille belle et l'air noble.

    • Cette personne a un beau port de tête, sa tête est bien placée, elle la porte bien.

    • Port de bras, manière de tenir les bras.

      • Plus de cadence dès les premiers pas ; il [le fils de Montbrun] crut la rattraper et couvrir son défaut par des airs penchés et un haut port de bras Saint-Simon, 1, 58
  7. 7Terme de manége. Position que le cheval donne à sa tête.

  8. 8Terme de botanique. Aspect d'une plante, manière d'être, ensemble des caractères apparents. Cette plante a le port de la ciguë.

    • Le pin a quelque chose de monumental ; ses branches ont le port de la pyramide Chateaubriand, Mont-Blanc.
  9. 9

    • En musique, port de voix, l'articulation de deux sons qui se font en unissant le premier au second par une liaison du gosier FÉTIS, la Musique, III, 19
  10. 10Dans le centre des Pyrénées, passage entre deux montagnes, ainsi dit parce que c'est par là que se portent les marchandises. Le port de Venasque.

  11. 11Ancien terme de jurisprudence. Port d'armes, désignation d'une espèce de crime.

    • Le port d'armes n'est pas pour être garni d'arquebuses, hallebardes, cuirasses ou autres armes offensives et défensives, mais est quand aucuns s'assemblent en nombre de dix ou plus, estant armés avec propos délibéré pour faire insulte et outrage à autrui ; ainsi le crime de port d'armes implique en soi l'assemblée illicite d'hommes en armes GUY COQUILLE, Inst. au droit franç. p. 3, éd. 1666 de ses œuvres

Étymologie

Voy. PORTER ; prov. esp. et port. porte ; ital. porto.

3port s. m. (por) supplément

  1. Se dit, par abréviation, pour porto.

    • Le plus célèbre de tous les vins portugais est, nous avons à peine besoin de le nommer, le porto, par abréviation port Journ. offic. 6 sept. 1873, p. 5748, 1re col.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander