poser v. a. (pô-zé)
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1Placer, mettre sur.
Il la retira [Psyché] du gouffre, et, lui faisant prendre un autre chemin que celui qu'elle avait choisi, il l'éloigna de ces lieux funestes, et l'alla poser avec ses habits sur les bords d'un fleuve
La Fontaine, Psyché, II, p. 110Lui-même [Dieu] la posa dans le sein de la reine, sa mère, ou plutôt dans le sein de l'Église catholique
Bossuet, Duch. d'Orl.Comme la colombe qui revient à l'arche, ne sachant où poser son pied
Bossuet, Exp. doct. cath. Avertiss.- Mon fils, avec respect posez sur cette tableDe notre sainte loi le livre redoutable Racine, Ath. IV, 1
C'est dans cette demeure élevée au-dessus de la terre que Jupiter a posé son trône immobile
Fénelon, Tél. IXDe vastes salles Où.... Veillaient assis en cercle et se regardant tous Des dieux d'airain, posant leurs mains sur leurs genoux
Victor Hugo, Orientales, 1
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Poser à terre, mettre sur la terre.
Cet animal [l'hyène] est si fort, qu'il enlève aisément un homme et l'emporte à une ou deux lieues sans le poser à terre
Buffon, Quadrup. t. IX, p. 60
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Dans les exercices militaires, poser l'arme à terre, mettre son arme à terre, devant soi, le bout du canon en avant.
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Il se dit, au piano, de la manière de placer la main. Cet enfant pose mal sa main.
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2Mettre dans le lieu, dans la disposition convenable. Poser des rideaux, des draperies, une glace.
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Poser un modèle, le mettre dans l'attitude la plus favorable pour l'imitation.
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En termes de guerre, poser des sentinelles, les placer en quelque endroit.
- Madame, à chaque porte on a posé des gardes Corneille, Suréna, IV, 2
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Dans un sens analogue.
J'ai posé des gens pour épier
IMBERT, Jaloux sans amour, V, 1
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3Fixer une pierre, une poutre, une colonne, une statue, etc. à la place qu'elle doit occuper. Poser la première pierre d'un édifice.
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Poser à sec, construire sans mortier.
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Poser à cru, élever sans fondation une charpente, un pilier.
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Poser de champ, placer sur la face la plus étroite une brique, une planche, etc. et, dans le sens contraire, poser de plat.
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Poser une sonnette, des sonnettes, les fixer à un mur, et établir les fils d'archal qui doivent les mettre en mouvement.
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4En arithmétique, poser des chiffres, les mettre en colonne aux rangs d'unités, de dizaines, de centaines, etc. dans l'opération de l'addition ou de la soustraction.
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Elliptiquement, pose pour : je pose ou posons.
Dans le schisme des donatistes on ne peut guère compter moins de 400 personnes assommées : pose.... 400
Voltaire, Phil. Déf. de Bolingbr. 42
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5Jouer un dé ou un domino.
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Absolument. C'est à vous à poser.
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6Terme de typographie. Poser une forme, la dresser.
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7Quitter, déposer, en parlant de quelque vêtement, de quelque chose que l'on porte sur soi.
Oui, nous jurons.... De ne poser le fer entre nos mains remis Qu'après l'avoir vengé [Joas]....
Racine, Ath. IV, 3Je quittai la dorure et les bas blancs, je pris une perruque ronde, je posai l'épée
J.-J. Rousseau, Confess. VIIILes Morvandiaux sont bons soldats ; conscrits, ils quittent leurs chères montagnes avec regret ; mais à peine ont-ils posé leurs sabots et endossé l'habit militaire....
DUPIN, Morvand, p. 24
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Faire poser, faire déposer.
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Fig. Poser l'épée, renoncer à l'état militaire.
Il pouvait sans risque poser l'épée, bien sûr qu'on ne l'obligerait pas à la reprendre
J.-J. Rousseau, Conf. XI
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Poser les armes, les mettre bas, se retirer.
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Fig. Poser les armes, faire la paix ou une trêve.
Il ne put les obliger à poser les armes
Bossuet, Hist. III, 5
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8Fig. Établir quelque chose, comme on fait un fondement.
Il ne s'agit pas de preuves, il s'agit de bien poser la doctrine
Bossuet, Var. IV, 38Quand nous nous mettons à raisonner, nous devons d'abord poser comme indubitable que nous pouvons connaître très certainement beaucoup de choses dont toutefois nous n'entendons pas toutes les dépendances ni toutes les suites
Bossuet, Libre arbitre, 4Quelque vieux Chrysippe Voudrait follement Poser un principe Contre un sentiment
BERNARD, Poés. div. Ép. 4
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Absolument.
On commence par rejeter ce qui est mauvais, et on le fait assez bien ; poser sera la grande peine
Bossuet, Var. XI
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Poser une question, la fixer, la préciser.
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9Fig. Supposer.
Posez le cas que je ne sois point roi, mais seulement personne privée
Vaugelas, Q. C. 418- Mais posons qu'en ceci le sénat vous outrage MAIRET, Sophon. V, 2
Ayant une fois posé Sabine pour femme d'Horace, il est nécessaire que tous les incidents de ce poëme lui donnent les sentiments qu'elle en témoigne avoir
Corneille, Hor. examen.
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10Terme de musique. Attaquer un son avec fermeté et sûreté, et surtout le maintenir pendant toute la durée de la note. Il pose mal sa voix.
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11Fig. Poser quelqu'un, lui donner du crédit (emploi néologique). Cette action, ce livre l'ont posé. Poser un jeune homme dans le monde.
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Mettre en évidence. Voilà un manége qui pose une femme.
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12V. n. Être posé, appuyé sur quelque chose. Poser à faux.
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Fig.
Notre crainte [de la mort], ne pouvant poser sur rien de certain, n'est plus qu'un sentiment vague et confus, qui ne porte sur rien du tout
Massillon, Carême, Mort.
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Chez les doreurs, poser au livret, appuyer le bord de la feuille et ouvrir le livret à mesure que la feuille s'étend, sans faire aucun pli.
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13Prendre une attitude pour se faire dessiner ou peindre. Cet homme pose dans les ateliers de peinture.
- Jetant le voile qui te pèse,Réalité que l'art rêva,Comme la princesse BorghèseTu poserais pour Canova TH. GAUTIER, Émaux et camées, à une robe rose
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Fig. Étudier ses attitudes pour produire de l'effet, chercher à paraître ce qu'on n'est pas (cet emploi est nouveau, c'est-à-dire date d'une quarantaine d'années). Cet homme pose toujours.
Que cherches-tu sous les meubles ? - Le naïf pour qui tu poses
E. AUGIER, les Effrontés, III, 1
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Faire poser, mystifier.
Monsieur, dit-il tranquillement, comptez-vous me faire poser longtemps ?
CH. DE BERNARD, le Gentilhomme campagnard, I, 20
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14Se poser, v. réfl. Se mettre, se placer.
Comme une aigle qu'on voit toujours, soit qu'elle vole au milieu des airs, soit qu'elle se pose sur quelque rocher....
Bossuet, Louis de Bourbon.- Les brises du matin se posent pour dormir,Le rivage se tait, la voile tombe vide Lamartine, Harm. II, 6
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Être posé. Son pied se posait sur le tapis.
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15Se créer un rôle original. Se poser en réformateur des abus.
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16S. m. L'instant où, dans la marche, le pied du cheval arrive sur le sol. Le poser, dit aussi appui ou foulée.
Étymologie
Provenç. pausar, pauzar ; espagn. posar ; port. pousar ; ital. posare ; du bas-lat. pausare (Lex Alam. tit. 45, § 2 : et pausant arma sua josum), qui est le lat. pausare, cesser (voy. PAUSE). L'intermédiaire se trouve dans l'emploi qu'on en faisait dans les épitaphes chrétiennes : Hic pausat in pace ingenua, Inscr. chrét. par LE BLANT, 3e liv. p. 373, fin du IVe siècle. Mais il ne faut pas méconnaître qu'il y a eu confusion entre poser, de pausare, et le verbe ponere, positus.