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pourpre dans le Littré

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1pourpre s. f. (pour-pr')

  1. 1Matière colorante d'un rouge foncé et éclatant fournie autrefois par un mollusque gastéropode, le murex brandaris, et remplacée aujourd'hui par la cochenille.

    • Les étoffes teintes en pourpre faisaient une des parties les plus considérables du commerce ancien, surtout de celui de Tyr, dont l'industrie et l'extrême habileté avaient porté cette précieuse teinture au plus haut degré de perfection où elle pût être conduite Rollin, Hist. anc. Œuv. t. x, p. 547, dans POUGENS
    • La teinture en pourpre, qui n'a point été, comme on le croit, absolument perdue, ou du moins qui a été retrouvée il y a environ cinquante ans par la Société Royale de l'Angleterre Rollin, ib. t. x. p. 553
    • On y trouva [à Babylone] cinq mille quintaux de pourpre d'Hermione, qui était la plus précieuse, qu'on y avait amassés pendant l'espace de 190 ans, et qui conservait encore toute sa fleur et tout son lustre Rollin, ib. t. VI, p. 370
    • La pourpre illustre davantage cette belle contrée [la Syrie] ; celle de Tyr a été la première du monde ; elle était vendue à Rome, dans le VIIe siècle, mille deniers au moins la livre PASTORET, Instit. Mém. inscr. et belles-lett. t. V, p. 128
  2. 2Par extension, couleur rouge.

    • Ses joues animées de la plus belle pourpre mêlée au blanc de lait le plus pur Voltaire, Zadig, 13
    • Les fruits du figuier des Açores paraissaient d'une pourpre éclatante sur les rameaux ombragés Chateaubriand, Génie, I, V, 8
  3. 3Étoffe teinte en pourpre, en usage chez les anciens.

    • Ce n'est qu'or et que pourpre dans votre armée Vaugelas, Q. C. III, 2
    • On y voit de tous côtés le fin lin d'Égypte, et la pourpre tyrienne deux fois teinte d'un éclat merveilleux Fénelon, Tél. III
    • Une grande voile de pourpre flottait dans l'air au-dessus du char Fénelon, ib. IV
  4. 4Dignité des consuls à Rome et autres magistrats souverains.

  5. 5Fig. Dignité souveraine.

  6. 6Fig. Dignité des cardinaux.

    • Il [le cardinal de Retz] garde son équipage en faveur de sa pourpre ; je suis persuadée avec joie que sa vie n'est point finie Mme de Sévigné, 197
    • Il [Mazarin] avait fait prendre un cours si heureux aux conseils du cardinal de Richelieu, que ce ministre se crut obligé de l'élever à la pourpre Bossuet, le Tellier.
    • Il [Albéroni] fut prêt d'être dégradé, et ne l'évita que par l'intérêt qu'ont tous les cardinaux de rendre la pourpre invulnérable dans ceux mêmes qui la déshonorent Duclos, Œuv. t. V, p. 313
    • Les pourpres, les cardinaux eux-mêmes.

      • Il a sa place dans l'œuvre [à l'église] après les pourpres et les fourrures La Bruyère, XIV
  7. 7S. m. Couleur d'un beau rouge foncé qui tire sur le violet.

  8. 8Quelques-uns admettent le pourpre dans le blason pour cinquième couleur, quoiqu'il ne soit proprement qu'un mélange des quatre couleurs reçues ; ils s'en servent pour les raisins, les mûres, etc. et le représentent par des lignes diagonales de gauche à droite.

  9. 9Terme de chimie. Le pourpre de Cassius, considéré par quelques chimistes comme un deutostannate d'or, obtenu en précipitant le chlorure d'or par le protochlorhydrate d'étain, et par d'autres chimistes comme de l'or métallique, qui ne devrait qu'à sa grande division la couleur pourpre qu'il présente ; il s'emploie dans la peinture sur porcelaine.

    • Pourpre d'indigo, nom donné à l'acide sulfo-purpurique, qui est un dérivé de l'indigo.

  10. 10Adjectivement. Qui est de la couleur de la pourpre. La couleur pourpre. Un manteau pourpre. Il devint pourpre de colère.

    • Denys le tyran voulut que chacun s'habillât d'une longue robe pourpre Fénelon, Aristippe.
    • Vaugelas, Chapelain, Ménage, Th. Corneille ne voulaient pas que pourpre fût pris adjectivement ; l'usage a décidé contre eux ; pourpre est adjectif dès le XIIIe siècle.

Étymologie

Bourg. porpre ; provenç. porpra, polpra ; espagn. purpura ; ital. porpora ; du lat. purpura ; grec, πορφύρα.

Supplément

1. POURPRE. Ajoutez : Pourpre romaine, sorte de couleur rouge employée en teinture.

2pourpre s. m. (pour-pr')

  1. Terme de médecine. Exanthème caractérisé par de petites taches pourprées, nettement circonscrites, et produites par une hémorrhagie cutanée sous-épidermique.

    • Anciennement, nom d'une maladie fébrile avec taches de ce genre, dont le caractère n'est pas bien déterminé, et qui a dû être confondu avec des rougeoles et des scarlatines malignes.

      • Mme de Durfort se meurt d'un hoquet de fièvre maligne ; Mme de la Vieuville aussi, du pourpre de la petite vérole Mme de Sévigné, 521
      • La connaissance revint [au maréchal de Lorge], et peu à peu le pourpre parut partout Saint-Simon, 29, 79
      • Seignelay mourut fort brusquement d'une manière de pourpre Saint-Simon, 328, 34

Étymologie

Pourpre 1.

3pourpré, ée adj. (pour-pré, prée)

  1. Qui est de couleur pourpre.

Étymologie

Pourpre 1.

4pourpré, ée adj. (pour-pré, prée)

  1. Terme de médecine. Fièvre pourprée, synonyme de pourpre 2.

    • Tout le monde se meurt aux Rochers et à Vitré de la dyssenterie et des fièvres pourprées Mme de Sévigné, 312
    • Il s'était retiré à Vincennes, pour éviter le mauvais air des fièvres pourprées dont Paris était infecté OLIVET, Hist. Acad. t. II, p. 317, dans POUGENS

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander