pourrir v. n. (pou-rir)
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1S'altérer par le travail intestin qui attaque et détruit les corps organisés privés de vie, au contact de l'air et à une température qui ne soit pas trop basse.
L'ouvrier habile choisit un bois fort qui ne pourrisse point
Saci, Bible, Isaïe, XL, 20D'autres arbres gisant au pied des premiers, pour pourrir sur des monceaux déjà pourris
Buffon, Morc. choisis, p. 8Les vaisseaux qui pourrissaient dans l'inaction seront réparés ; il en sera construit d'autres
Raynal, Hist. phil. XVI, 7
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2Par extension, demeurer longtemps en quelque lieu où l'on pourrit, pour ainsi dire.
Sans la considération que M. Hutin a pour moi, il vous poursuivrait, et il vous ferait pourrir dans une prison
Marivaux, Pays. parv. part. 6On commence par le décréter de prise de corps ; on l'eût arraché de son lit pour le traîner dans les mêmes prisons où pourrissent des scélérats
J.-J. Rousseau, Lett. à l'archev. de Paris
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Fig. Il ne pourrira pas dans cet emploi, il n'y restera pas longtemps, il montera plus haut.
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Fig. Pourrir dans l'ordure, dans la misère, croupir dans la saleté, dans une misère profonde et sale.
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Pourrir dans le vice, dans son ordure, persister dans ses mauvaises habitudes, dans une vie immorale.
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Il se dit aussi des choses qui restent enfouies et oubliées.
- Un éloge ennuyeux, un froid panégyriquePeut pourrir à son aise au fond d'une boutique Boileau, Sat. VII
- Un livre vous déplaît : qui vous force à le lire ?...Un auteur ne peut-il pourrir en sûreté ? Boileau, ib. IX
Ce Priscus n'a jamais été imprimé ; il pourrit dans la bibliothèque du Vatican
Voltaire, Dict. phil. Inceste.
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3Arriver à maturation, en parlant d'abcès, de maladies. Ce remède fait pourrir le rhume Votre doigt pourrira.
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4V. a. Faire pourrir. La pluie pourrit la charpenterie.
L'eau qui a, pour ainsi dire, pourri ces poudres vitreuses
Buffon, Min. t. VIII, p. 181
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Fig. Donner de mauvaises qualités.
- Et l'estomac gâté pourrit tout ce qu'il mange Régnier, Sat. v.
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Amener à maturation. Ce remède pourrit le rhume.
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5Se pourrir, v. réfl. Devenir pourri.
Quand la digestion est trop longue, il faut manger ; cela consomme un reste qui ne fait que se pourrir et fumer, si vous ne le réchauffez par des aliments
Mme de Sévigné, 29 déc. 1679Un corps mort, par la seule agitation de l'air auquel il est exposé, se corrompt et se pourrit
Bossuet, Conn. II, 9
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6Pourrir sa pourriture, achever de se dissoudre dans la corruption ; locution hardie, mais qui est analogue à dormir son sommeil, vivre sa vie.
Dans ce cas-là, brûlé par Léon X, il [Luther] eût eu le sort d'Arnold de Brescia, de Savonarole, de Bruno et de tant d'autres ; la réforme, étouffée encore, eût laissé le vieux système pourrir sa pourriture paisiblement ; point de protestants dès lors ni de jésuites
MICHELET, Réforme, p. 117
Étymologie
Bourg. pôrry ; provenç. poirir ; espagn. pudrir ; du lat. putrēre, dénominatif de puter, putris. Putrescere aurait donné pouraître ; mais pourrir, comme plusieurs verbes en ir, se conjugue d'après la conjugaison des verbes inchoatifs en escere.