1pouvoir v. n. (pou-voir)
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1Avoir la faculté de, être en état de.
Chimène : Va, je ne te hais point. - Rodrigue : Tu le dois. - Chimène : Je ne puis
Corneille, Cid, III, 4Et quand je vous demande après quel est cet homme [à qui vous venez de faire tant d'amitiés], à peine pouvez-vous dire comme il se nomme
Molière, Mis. I, 1Il faut bien.... Répondre comme on peut à ses empressements
Molière, ib. I, 1Je me vois dans l'estime autant qu'on y peut être, Fort aimé du beau sexe, et bien auprès du maître ; Je crois qu'avec cela, mon cher marquis, je croi Qu'on peut par tout pays être content de soi
Molière, ib. III, 1- Sans songer où je vais, je me sauve où je puis Boileau, Sat. VI
- Par quel gage éclatant et digne d'un grand roiPuis-je récompenser le mérite et la foi ? Racine, Esth. II, 5
- Dans leur sang odieux j'ai pu tremper mes mains Racine, Mithr. V, 1
L'on peut s'enrichir dans quelque art, ou dans quelque commerce que ce soit, par l'ostentation d'une certaine probité
La Bruyère, VIGouverne qui peut ; et, quand on est parvenu à être le maître, on gouverne comme on peut
Voltaire, Dict. phil. Gouvernement.
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Elliptiquement, après un verbe à l'impératif : qui peut, celui qui peut. Sauve qui peut ! se tire du péril qui pourra !
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On dit par une construction analogue : le fera qui pourra, c'est-à-dire celui qui pourra le faire le fera.
- Je ne m'ennuierai point pour ma chère moitié ;Aimera qui pourra Gresset, le Méch. II, 1
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On ne peut être.... on ne peut faire.... il est impossible d'être.... de faire....
On ne pouvait pas avoir été plus mal pendu que je l'avais été
Voltaire, Candide, 28
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Au tric-trac, jan qui ne peut (voy. JAN 1).
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Je ne puis qu'y faire, je n'ai aucun moyen d'empêcher la chose dont il s'agit.
- Je vois bien que j'ai tort, mais je n'y puis que faire Molière, Femm. sav. v, 1
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2Ne pouvoir pas que.... ne..., ou ne pouvoir que.... ne.... (avec le subjonctif), être dans l'impossibilité de ne pas....
Je ne puis, monseigneur, qu'au milieu de mes maux je ne m'estime fort heureux
Guez de Balzac, liv. I, lett. 4- Je ne puis, cher ami, qu'avec toi je ne rieDes subtiles raisons de sa poltronnerie Corneille, la Suiv. IV, 6
- Vous ne pouvez pas que vous n'ayez raison Molière, l'Av. I, 7
Je ne puis, ma bonne, que je ne sois en peine de vous, quand je songe....
Mme de Sévigné, 12 fév. 1672Je ne puis que je n'admire cette modestie
Bossuet, Cornet.- Je ne puis cette fois que je ne les excuse Boileau, Sat. X
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Ne pouvoir que ne, avec un nom de chose pour sujet, ne pouvoir point ne pas.
- Ce reproche vraiment ne peut qu'il ne m'étonne Corneille, Suiv. II, 11
La nouvelle ne put qu'elle ne causât quelque mouvement dans la faculté de théologie
Auteurs déguisés, p. 63
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3En parlant des choses, être capable de.
Si la réputation et la vertu pouvaient dispenser de la loi commune, l'illustre Julie vivrait encore
Fléchier, Mme de Mont.Plus le prince [fils de Louis XIV] qu'il gouvernait avait de bonté et de docilité naturelle, plus il éloignait tout ce qui pouvait le corrompre
Fléchier, Duc de Mont.- L'honneur seul peut flatter un esprit généreux Racine, Esth II, 5
- Rien ne peut prospérer sur des terres ingrates L. RAC., la Grâce, I
Le vrai est comme il peut, et n'a de mérite que d'être ce qu'il est
STAAL, Mém. t. I, p. 55- Tu sais qu'un mot de moi peut donner le trépas Casimir Delavigne, Mar. Faliero, I, 8
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4Avoir la permission, la liberté de.
- Puis-je me plaindre a vous d'un retour inégal.... Corneille, Sertor. IV, 2
- Cependant aujourd'hui puis-je vous demanderQuels amis vous avez prêts à vous seconder ? Racine, Athal. I, 2
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5Souvent il exprime le doute, la possibilité.
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Avec un nom de personne pour sujet.
- Non, non, ce cher objet à qui j'ai pu déplaire Corneille, Cid, III, 1
On pouvait le prévenir, mais on ne pouvait le corrompre
Fléchier, Duc de Mont.- Pourriez-vous n'être plus ce superbe Hippolyte,Implacable ennemi des amoureuses lois.... Racine, Phèdre, I, 1
- Oenone, il peut quitter cet orgueil qui te blesse Racine, Phèdre, III, 1
- Il rit de cette perfidie,Et j'aurais pu m'en courroucer ;Mais je sais qu'il faut se passerDes bagatelles dans la vie Voltaire, Ép. XIX.
Pouvant mourir dans peu d'instants, il ne disait pas un mot qui fût religieux ni sensible
Mme de Staël, Corinne, XII, 2
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Avec un nom de chose pour sujet.
- Quelque juste pourtant que puisse être sa peine Corneille, Cid, II, 8
Sganarelle : J'ai une grande inclination pour la fille. - Marphurius : Cela peut être
Molière, Mar. forcé, 8Le traité de Versailles qui durera ce qu'il pourra
Diderot, Salon de 1765, Œuv. t. XIII, p. 27, dans POUGENS
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Il se dit aussi impersonnellement en ce sens. Il pourra venir un temps meilleur.
- Il en sera ce qu'il pourra Molière, Mar. forcé, 8
Tout allait comme il pouvait
Bossuet, Hist. III, 5Il ne peut y avoir de mœurs, il ne peut point y avoir de bonne éducation, partout où c'est l'argent et non le talent qui conduit aux grandes places
D'HOLBACH, Essai préj. dans DUMARSAIS, Œuv. t. VI, p. 79
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Il peut être midi, c'est-à-dire il est probable qu'il est midi.
Il pouvait être dix heures : je venais d'éteindre ma lampe et de me coucher
Bernardin de Saint-Pierre, Paul et Virg.
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6Se résoudre à.
- Et je puis dans son sein enfoncer un poignard ! Corneille, Cinna, III, 2
- Et qui peut immoler sa haine à sa patrie,Lui pourrait bien aussi sacrifier sa vie Racine, Théb. III, 6
- Lui qui me fut si cher, et qui m'a pu trahir ! Racine, Andr. II, 1
- Tyrans que j'ai vaincus, je pourrais vous servir !Peuples que j'ai sauvés, je pourrais vous trahir ! Voltaire, Brutus, III, 7
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7Cette salle est grande, il y peut cent personnes, il y a place pour cent personnes.
On se sert de ce verbe d'une façon bien étrange, qui néanmoins est si ordinaire à la cour, qu'il est certain qu'elle est très française ; on dit en parlant d'une table ou d'un carrosse : il y peut huit personnes, pour dire il y a place pour huit personnes, ou il y peut tenir huit personnes
Vaugelas, Rem. p. 163 (éd. 1704).
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8Au subjonctif, il sert à exprimer un vœu, un souhait ; alors il se met en tête de la phrase, avec son sujet après lui.
- Puissent tous ses voisins ensemble conjurésSaper ses fondements encor mal assurés....Puissé-je de mes yeux y voir tomber ce foudre.... Corneille, Hor, IV, 5
- Vos yeux me reverront dans Oreste mon frère ;Puisse-t-il être, hélas ! moins funeste à sa mère ! Racine, Iphig. v, 3
- Puisse périr comme eux quiconque leur ressemble ! Racine, Athal. IV, 2
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Avec un nom exprimé avant le verbe, il faut ajouter après le verbe un pronom.
- Les dieux de ce dessein puissent-ils le distraire ! Racine, Brit. IV, 4
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9Le se peut se placer devant pouvoir, sans que pouvoir soit pour cela verbe réfléchi ; se appartient alors au verbe à l'infinitif qui suit : Il se peut faire, pour il peut se faire.
- Mais ce champ ne se peut tellement moissonner,Que les derniers venus n'y trouvent à glaner La Fontaine, Fabl. III, 1
Partout où se pouvait étendre son pouvoir, l'oppression et l'injustice n'étaient pas libres
Fléchier, Duc de Mont.
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Dans ce cas, pouvoir se conjugue comme les verbes réfléchis, c'est-à-dire avec le verbe être.
Je ne voulus point commencer à rejeter tout à fait aucune des opinions qui s'étaient pu glisser autrefois en ma créance sans y avoir été introduites par la raison
DESCH., Méth. II, 5Je m'imagine que tu ne t'es pu empêcher de rire
D'ABLANCOURT, Lucien, Défense du discours sur ceux qui servent les grandsUn embarras qui a continué et qui ne s'est pu débrouiller
Pascal, dans COUSIN
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10V. a. Avoir l'autorité, le crédit, le moyen, etc.
Sachant ce que vous pouvez.... je ne me mets plus en peine de mon intérêt
Guez de Balzac, liv. I, lett. 2Sous lui [Louis XIV], la France a appris à se connaître.. . si les Français peuvent tout, c'est que leur rot est partout leur capitaine
Bossuet, Mar.-Thér.- J'ai vengé l'univers autant que je l'ai pu Racine, Mithr. v, 5
- Vous pouvez sur Pyrrhus ce que j'ai pu sur lui Racine, Andr. III, 4
- Que peuvent contre lui tous les rois de la terre ? Racine, Esth. I, 3
Je lui demandai en quoi consistait l'autorité du roi, et il me répondit : il peut tout sur les peuples ; mais les lois peuvent tout sur lui
Fénelon, Tél. v.Peut-être ne ferait-on pas tout ce qu'on peut, sans l'espérance de faire plus qu'on ne pourra
Fontenelle, Dodart.- Lorsqu'on ne peut, monsieur, faire ce que l'on veut,Il faudrait essayer à vouloir ce qu'on peut BARON, Andrienne, II, 1
L'homme ne peut rien sur le produit de la création ; il ne peut rien sur les mouvements des corps célestes, sur les révolutions de ce globe qu'il habite ; il ne peut rien sur les animaux, les végétaux, les minéraux en général ; il ne peut que sur les individus
Buffon, Quadrup. t. I, p. 5Ils raisonnent comme s'ils ne pouvaient rien ; ils agissent comme s'ils pouvaient tout
Barthélemy, Anach. ch. 71
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Absolument.
- Lui seul pouvait pour soi, cédez alors qu'il tombe Corneille, Pomp. I, 1
- Adieu, madame, adieu, je n'ai pu davantage Corneille, Héracl. III, 2
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11Il se dit, en un sens analogue, des choses qui exercent une action.
- Ce que n'a pu jamais combat, siége, embuscade,Ce que n'a pu jamais Aragon, ni Grenade Corneille, Cid, II, 9
- Essayez sur Cinna ce que peut la clémence Corneille, Cinna, IV, 4
La violence et la vérité ne peuvent rien l'une sur l'autre
Pascal, Prov. XILa fortune ne pouvait rien sur elle : ni les maux qu'elle a prévus, ni ceux qui l'ont surprise, n'ont abattu son courage
Bossuet, Reine d'Anglet.- Mais que peuvent pour lui vos inutiles soins ? Racine, Athal. v, 2
On ne saurait comprendre ce que peut sur les esprits une parole, un air de bonté, un regard du général, dans un jour d'action
Rollin, Hist. anc. Œuv. t. IV, p. 154, dans POUGENS
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12On ne peut rien de plus habile, de plus plaisant, etc. que..., c'est-à-dire on ne peut faire, on ne peut dire rien de plus....
On ne peut rien de plus plaisant que ce que vous dites
Mme de Sévigné, 288On ne peut rien de plus joli que toutes vos imaginations
Mme de Sévigné, 14 oct. 1694On ne peut certainement rien de plus fort que ce que dit Votre Altesse Royale pour prouver la nécessité absolue
Voltaire, Lett. Pr. roy. de Pr. 23 janv. 1738On ne peut rien de plus précis, pour prouver l'innocence naturelle de l'homme
Bernardin de Saint-Pierre, Chaum. ind. Préamb.
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13Les mots beaucoup, peu, plus moins, construits avec pouvoir, doivent être considérés comme les régimes directs de ce verbe, qui reste actif.
Pouvant beaucoup sur l'esprit du roi comme vous pouvez
Guez de Balzac, liv. IV, lett. 18Commençant dès lors à ne compter pour rien les miennes propres [opinions], à cause que je les voulais remettre toutes à l'examen, j'étais assuré de ne pouvoir mieux que de suivre celle des mieux sensés
Descartes, Méth. III, 2- Mais sur le grand César je puis fort peu de chose Corneille, Pomp. IV, 2
- Et l'État qu'il soutient ne pouvait moins pour lui Voltaire, Tancr. I, 1
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On ne peut plus, on ne peut mieux, c'est-à-dire il n'est pas possible de faire plus, de faire mieux.
Vous voilà on ne peut pas mieux, ajouta-t-elle en me prenant par la main pour me faire asseoir
Marivaux, Pays. parv. part. IVLes métaphysiciens plagiaires sont on ne peut pas plus communs
Condillac, Art de pens. I, 6
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14N'en pouvoir plus, être fatigué, abattu, sans force.
Donnez, je vous prie, du pain à ceux qui sont avec moi, parce qu'ils n'en peuvent plus
Saci, Bible, Juges, VIII, 5- Enfin, n'en pouvant plus d'effort et de douleur,Il met bas son fagot La Fontaine, Fabl. I, 16
J'ai le cœur serré à n'en pouvoir plus, quand je suis dans cette grande chambre où j'ai tant vu ma très chère et très aimable enfant
Mme de Sévigné, 182L'empire d'Occident n'en pouvait plus
Bossuet, Hist. I, 11Ce pauvre garçon n'en pouvait plus d'amour pour elle
Hamilton, Gramm. 10L'horreur pour le fanatisme s'introduit dans tous les esprits éclairés... je ne suis plus bon à rien ; je suis comme ce Danois qui, étant las de tuer à la bataille d'Hochstett, disait à un Anglais : brave Anglais, va-t'en tuer le reste, car je n'en puis plus
Voltaire, Lett. Saurin, 28 févr. 1764Candide, n'en pouvant plus [il passait par les verges], demanda en grâce qu'on voulût bien avoir la bonté de lui casser la tête
Voltaire, Cand. 2- Vous n'en pouvez plus, lui dit-il, mon cherReichel ; j'ai dormi une heure, je suis frais.... Voltaire, Russie, II, 6
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N'en pouvant plus que.... avec le verbe au subjonctif, impatient de....
À peine tenait-elle à terre, n'en pouvant plus qu'elle ne fût seule pour donner un libre cours à sa joie
La Fontaine, Psyché. II, p. 150
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Il n'en peut mais, ce n'est pas sa faute (dans cette locution, mais représente le latin magis).
- Le malheureux lion se déchire lui-même, ....Bat l'air qui n'en peut mais La Fontaine, Fabl. II, 9
- Sur la tentation ai-je quelque crédit,Et puis-je mais, chétif, si le cœur leur en dit ? Molière, Dép. am. v, 3
- Faut-il de vos chagrins sans cesse à moi vous prendre,Et puis-je mais des soins qu'on ne va pas vous rendre ? Molière, Mis. III, 5
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Tel en pâtit qui n'en peut mais, c'est-à-dire on porte la peine de ce dont on n'est point cause.
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15Se pouvoir, v. réfl. Être possible (mot à mot, être pu ; c'est le réfléchi de pouvoir, actif).
Avez-vous donc espéré de faire l'impossible, que vous n'êtes pas satisfait d'avoir fait tout ce qui s'est pu ?
Voiture, Lett. 89Je ne sais pas si cela se peut ; mais je sais bien que cela est
Molière, Am. méd. II, 2
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Impersonnellement.
Le pauvre : [Mon occupation est] de prier le ciel tout le jour pour la prospérité des gens de bien qui me donnent quelque chose. - D. Juan : Il ne se peut donc pas que tu ne sois bien à ton aise ?
Molière, D. Juan, III, 2- Il ne se peut rien de plus beau Molière, Am. magn. III, 1
On ne saurait assez louer tout ce qu'a dit et fait Monsieur le Prince [Condé] jusqu'au dernier moment, et sa mort est, s'il se peut, plus belle que sa vie
DANGEAU, I, 427, 11 déc. 1686- Se peut-il que Renaud tienne Armide asservie ? QUIN., Arm. III, 1
Il peut haïr les hommes en général, où il y a si peu de vertu ; mais il excuse les particuliers.... et il s'étudie à mériter le moins qu'il se peut une pareille indulgence
La Bruyère, XIIl se peut que la vue de toutes ces étoiles favorise la rêverie
FONT., Mondes, 1er soir.
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Tout ce qui se peut, autant qu'il est possible.
Les sociniens étaient ignorants, tout ce qui se peut, dans la connaissance des Pères
BAYLE, Lett. à Marais, 2 oct. 1698
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16L'infinitif pris substantivement.
Une action que nous faisons ... doit encore venir immédiatement de Dieu, qui étant, comme premier être, cause immédiate de tout être, comme premier agissant doit être cause de toute action ; tellement qu'il fait en nous l'agir même, comme il y fait le pouvoir agir
Bossuet, Libre arb. 8
Remarque
On dit : je ne puis et je ne puis pas. Dans le premier exemple la négative est moins forte. Je ne puis suppose des embarras, des difficultés, des inconvénients. Je ne puis pas, exprime une impossibilité absolue.
Proverbes
Qui ne prend le bien quand il peut, ne le trouve pas quand il veut
, c'est-à-dire celui qui laisse échapper une bonne occasion d'obtenir ce qu'il désire, la retrouve rarement. Qui peut plus peut moins
, celui qui peut le plus peut pour cela même le moins.
Étymologie
Bourguig. pôvoi ; wallon, poleur ; provenç. et espagn. poder ; ital. potere ; d'une forme latine potēre, au lieu de posse, justifiée par le bas-latin poteret pour posset, potemus pour possumus, potebat pour poterat, etc. (voy. DIEZ, à potere). La forme wallone poleur se rapporte à puelent pour peuvent, qui s'est dit dans le Hainaut (voy. l'historique). La forme ancienne est pooir, le v est moderne et de prononciation.
Supplément
1. POUVOIR. - REM. Ajoutez : 2. Dans le XVIe s. et au commencement du XVIIe, on écrivait peu ce que nous écrivons pu. Régnier l'a fait rimer avec feu : Était-ce une rime pour les yeux, ou prononçait-on en effet peu ? 3. La tournure : il s'est pu faire, vieillit ; et au n° 10 je n'en cite d'exemples que pris chez des écrivains du XVIIe siècle. En voici un du XVIIIe : Elle n'est donc pas tombée en désuétude ; et on peut s'en servir. 4. Par un gallicisme singulier, mais reçu, on dit : il peut tant de personnes à cette table ; il peut tant de linge en cette armoire. Mais c'est une faute de dire : tant de personnes peuvent à cette table, tant de linge peut en cette armoire. Cette faute ou, si l'on veut, ce provincialisme se rencontre souvent dans la bouche des Normands. 5. Voltaire a dit : Que je fais ou que je fasse ? cela dépend de l'intention de celui qui parle. L'indicatif est plus affirmatif que ne serait le subjonctif.