Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

prêt dans le Littré

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1prêt, ête adj. (prê, prê-t')

  1. 1Qui est disposé à, préparé à. Tenez-vous prêt pour partir.

    • Il se dit aussi des choses.

  2. 2Absolument, en parlant des personnes, tout disposé, tout préparé.

    • Il n'est jamais prêt, il n'a jamais fait ses préparatifs à temps.

    • Il se dit aussi des choses. Le dîner est prêt. Il faut partir, la voiture est prête.

    • Fig. Ce n'est pas viande prête, se dit d'une chose qui ne se fait pas toute seule, qui tirera en longueur.

  3. 3Prêt sur, qui a par devant soi une préparation, une étude.

    • Mon second était prêt sur tout Pascal, Prov. IV
  4. 4Destiné.

    • Il est injuste qu'on s'attache à moi.... je ne suis la fin de personne.... ne suis je pas prêt à mourir ? Pascal, Pens. XXIV, 39 ter, édit. HAVET.
  5. 5Prêt à, sur le point de.

  6. 6Prêt de, disposé à, préparé à.

    • Il se dit aussi des choses.

    • Aujourd'hui les grammairiens ont décidé qu'il fallait dire en ce sens prêt à ; cette décision est arbitraire, car l'usage admettait, comme on voit, la préposition de ; et il n'y a rien dans prêt qui exclue cette préposition.

  7. 7Prêt de, sur le point de.

  8. 8Harengs demi-prêts, harengs qui n'ont pas été sauris très fortement.

    • À Boulogne et à Calais on fume les harengs dits francs-saures, qui ne se mangent à Paris que lorsque les demi-prêts viennent à manquer A. HUSSON, les Consommations de Paris, p. 266

Étymologie

Bourg. proo, au féminin prote ; prov. prest, pret ; cat. prest ; espagn. port. et ital. presto ; du lat. præstus, qui se trouve dans des inscriptions et dans la loi salique, et qui est dans la langue classique sous la forme invariable et adverbiale, præsto esse ; il est formé de præ et stare.

2prêt s. m. (prê ; le t ne se prononce pas et ne se lie pas ; au pluriel, l's se lie : des prê-z exigibles)

  1. 1Action de prêter de l'argent ou quelque autre objet.

    • Il y a deux sortes de prêt : celui des choses dont on peut user sans les détruire, et celui des choses qui se consomment par l'usage qu'on en fait ; la première s'appelle prêt à usage ou commodat ; la deuxième s'appelle prêt de consommation ou simplement prêt Code Nap. art. 1874
    • Prêt gratuit, se dit par opposition à prêt à intérêt, lorsque le prêteur se contente de la restitution de la chose prêtée.

    • Prêt à intérêt, prêt à condition que le débiteur en servira les intérêts.

      • Nos législateurs, s'il est possible, raisonnent encore plus ma que les casuistes ; ils condamnent le prêt à intérêt, et ils le tolèrent ; ils le condamnent sans savoir pourquoi, et ils le tolèrent parce qu'ils y sont forcés CONDILL., Comm. gouv. I, 18
    • Prêt usuraire, prêt où l'intérêt stipulé a le caractère de l'usure.

    • Prêt à la petite semaine, prêt usuraire où les intérêts se comptent et sont dus par semaines.

      • Moncrif a publié quelques lettres sur des sujets intéressants de morale, en particulier sur cette usure si commune dans le bas peuple, et connue sous le nom de prêt à la petite semaine D'Alembert, Éloges, Moncrif.
  2. 2Somme d'argent prêtée. Un prêt considérable. Prêt sur gage.

    • Les prêts que les marchands se faisaient les uns aux autres Fénelon, Tél. XI
    • Maison de prêt, établissement autorisé dans lequel on prête de l'argent sur nantissement

  3. 3Le prêt se dit dans les bibliothèques de l'action de prêter un livre que l'emprunteur emporte chez lui.

    • Registre, livre de prêt, registre, livre sur lequel on inscrit, dans les bibliothèques publiques, les livres prêtés.

  4. 4Anciennement, payement de solde que le roi faisait faire par avance aux soldats de dix en dix jours, plus ou moins, pour suppléer aux montres et pour les attendre.

      • Aujourd'hui somme payée d'avance par l'État ; la partie de ces fonds qu'on doit remettre à chaque sous-officier ou soldat reste pendant cinq jours dans la caisse du corps, et dès lors elle leur est due quand ils la reçoivent ; jusque-là on a pris toutefois sur le prêt les sommes nécessaires à l'achat des vivres, etc. LEGOARANT
    • Fig. et populairement. Recevoir son prêt, recevoir un mauvais coup, ou une semonce.

Étymologie

Prêter ; provenç. prest ; ital. presto.

3prêt s. m. (prê)

  1. Terme du service de la maison du roi. Essai que le gentilhomme servant de jour faisait faire au chef du gobelet, de tout ce qui devait servir au roi pour la table, comme pain, sel, serviettes, cuiller, fourchette, couteau et cure-dents.

    • La table de prêt, table où se faisait cet essai et qui était gardée par le gentilhomme servant.

      • Il y eut grand couvert chez Mme la Dauphine ; la nef était sur la table du prêt DANGEAU, Journal, t. XIII, p. 452

Étymologie

Prêt 1.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander