Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

proférer dans le Littré

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proférer v. a. (pro-fé-ré. La syllabe fé prend un accent grave, quand la syllabe qui suit est muette : je profère ; excepté au futur et au conditionnel : je proférerai)

  1. Prononcer à haute et intelligible voix.

    • Madame votre mère fait une action digne de son ordinaire bonté de ne vouloir pas souffrir que l'on profère une si grande méchanceté sur ses terres Voltaire, Lett. 56 (à Mlle de Rambouillet)
    • Des termes dont un jour vous vous repentirezAvec plus de raison qu'ils ne sont proférés MAIRET, Soliman, IV, 4
    • Il est dit expressément qu'elle [la mère de Samuel] ne parlait que dans le cœur ; ses lèvres allaient sans proférer aucun mot Bossuet, États d'orais. V, 12
    • Se proférer, v. réfl. Être proféré.

      • Toutes les prostitutions [flatteries] qui se peuvent proférer Saint-Simon, 73, 193
  2. 2Au sens légal, dire à haute voix ou à voix ordinaire dans un lieu public.

    • Attendu qu'aux termes d'un arrêt rendu le 26 novembre 1834 par la cour de cassation, le mot proférer dont se sert la loi du 17 mai 1819, embrasse les propos tenus dans un lieu public sur le ton de la conversation ordinaire et n'excepte que ceux dits à voix basse ou à titre confidentiel Gaz. des Trib. 28-29 déc. 1874, p. 1242, 3e col.
    • Il [l'avocat] conclut en disant que les paroles prononcées, mais non proférées par le prévenu, ne peuvent rentrer dans l'énumération de l'article 1er de la loi de 1819 [du 17 mai] ib. 3e col.

Synonymes

PROFÉRER, ARTICULER, PRONONCER.

Étymologie

Prov. proferre ; cat. proferir ; it. profferrire ; du lat. proferre, de pro, en avant, et ferre, porter.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander