Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

proie dans le Littré

1 article· 42 citations· rimes· synonymes

proie s. f. (proî)

  1. 1Ce que les animaux carnassiers ravissent pour leur nourriture.

    • L'âne sauvage est la proie du lion dans le désert ; ainsi les pauvres sont la proie des riches Saci, Bible, Ecclésiast. XIII, 23
    • Nous sommes quatre à partager la proie La Fontaine, Fabl. I, 6
    • Ni loups, ni renards n'épiaientLa douce et l'innocente proie La Fontaine, ib. VII, 1
    • Comme un lion qui tient sa proie dans ses ongles, tout prêt à la mettre en pièces Bossuet, Anne de Gonz.
    • Le corps de mon frère aurait été la proie des vautours Fénelon, Tél. XVII
    • Tout animal qui se nourrit d'autres animaux vivants, quoique très petits, est un animal de proie Buffon, Ois. t. v, p. 279
    • Lorsqu'il [le lion] saute sur sa proie, il fait un bond de douze ou quinze pieds, tombe dessus, la saisit avec les pattes de devant, la déchire avec ses ongles, et ensuite la dévore avec les dents Buffon, Quadrup. t. III, 124
    • Oiseau de proie, oiseau qui donne la chasse au gibier et qui s'en nourrit.

      • Dans chaque grande division de l'espèce animale, elle [la nature] a choisi un certain nombre d'animaux qu'elle a chargés de dévorer les autres ; ainsi il y a des insectes de proie, des reptiles de proie, des oiseaux de proie, des poissons de proie et des quadrupèdes de proie, J. DE MAISTRE, Soirées de St-Pétersbourg, 7e entretien
    • Fig. Un oiseau de proie, un homme qui vit, qui s'enrichit de rapines et de fraudes.

    • Terme de fauconnerie. Être âpre à la proie, se dit en parlant d'un oiseau qui se sert courageusement de son bec et de ses ongles.

    • Fig.

  2. 2Butin fait à la guerre.

    • Par extension, tout ce qu'on prend par la guerre.

      • Tu céderas, ou tu tomberas sous ce vainqueur, Alger, riche des dépouilles de la chrétienté ; tu disais en ton cœur avare : Je tiens la mer sous mes lois, et les nations sont ma proie Bossuet, Mar.-Thér.
      • Ils [les indiscrets] ressemblent, dit le sage, à une ville sans murailles, qui est ouverte de toutes parts, et qui devient la proie du premier venu Bossuet, Duch. d'Orl.
    • En proie à, devenu la conquête.

      • Ce roi [saint Louis] qui deux fois donna Sidon en proie à ses peuples françois Régnier, Sat. X
      • Nos ennemis communs attendent avec joie Qu'un des partis défait leur donne l'autre en proie Corneille, Hor. I, 4
      • Poussé de tous côtés, il faut qu'il [Merci] laisse en proie au duc d'Enghien non-seulement son canon et son bagage, mais encore tous les environs du Rhin Bossuet, Louis de Bourbon.
      • Ainsi fut livrée en proie aux Mèdes cette superbe Babylone Bossuet, Hist. II, 4
      • Elle [Rome] est en proie aux barbares Bossuet, ib. III, 1
    • Fig. En proie à, exposé à, tourmenté par.

    • Absolument. En proie, exposé, livré comme une proie.

      • Tout ce que la religion a de plus saint a été en proie ; l'Angleterre a tant changé, qu'elle ne sait plus elle-même à quoi s'en tenir Bossuet, Reine d'Anglet.
      • Il [le prince de Condé] part à ce premier mouvement [de l'armée ennemie] ; déjà l'armée hollandaise avec ses superbes étendards ne lui échappera pas ; tout nage dans le sang ; tout est en proie Bossuet, Louis de Bourb.
  3. 3Toute chose dont on s'empare avec violence, avec une sorte de rapacité. Sa fortune devint la proie d'avides héritiers.

  4. 4Fig. Il se dit des personnes dont on s'empare.

  5. 5Celui qui est persécuté par un autre, qui en devient la victime.

  6. 6Il se dit des choses qui ravagent, détruisent. Cette maison a été la proie des flammes. Le pays était en proie à la disette.

  7. 7Il s'est dit pour bétail.

    • Défenses sont faites à toutes personnes habitant la censive de Testmilon, de faire aucunes proies ou troupeaux à part, ni de les mener pâturer à garde séparée, même le long des chemins, Arrêt du parl. 14 août 1787

Étymologie

Provenç. et ital. preda ; du latin præda que les étymologistes regardent comme étant pour præ-hida (comparez præbeo pour prœhibeo), représentant la forme non nasalisée de prehendere, prendre ; pour l'absence de nasalisation comparez ἔχαδον aor. 2 de χανδάνω, hendere.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander