promettre v. a. (pro-mè-tr')
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1S'engager verbalement ou par écrit à quelque chose.
- Je promettais beaucoup et j'exécutais peu Corneille, Rodog. I, 6
Il [Richelieu] n'était pas libéral, mais il donnait plus qu'il ne promettait.... il [Mazarin] promit tout, parce qu'il ne voulait rien tenir
Retz, Mém. IIJe les rappellerai [les Hébreux] dans la terre que j'ai promise avec serment à Abraham, à Isaac et à Jacob
Saci, Bible, Baruch, II, 34Je vous ai promis ma nièce, et je vous la promets
HAUTER., le Coch. SC. 2Je me figure un auteur Qui dit : Je chanterai la guerre Que firent les Titans au maître du tonnerre ; C'est promettre beaucoup ; mais qu'en sort-il souvent ? Du vent
La Fontaine, Fabl. V, 10Que ne lui promit-on pas alors ?
Bossuet, Anne de Gonz.Celui qui promet quelque chose s'est déjà, en quelque sorte, dessaisi lui-même, en s'ôtant la liberté d'en disposer d'une autre manière
Bossuet, Sermons, Soumission à la parole, 3- Je ne révoque rien de ce que j'ai promis Racine, Brit. III, 5
- Avez-vous bien promis de me haïr toujours ? Racine, Bérén. V, 5
- Je promets d'observer ce que la loi m'ordonne Racine, Athal. IV, 3
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Promettant... obligeant... renonçant... formule que les notaires emploient par abréviation à la fin de quelques actes.
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Absolument.
Nous promettons selon nos espérances, et nous tenons selon nos craintes
LA ROCHEFOUC., Max. 38Le plus lent à promettre est toujours le plus fidèle à tenir
J.-J. Rousseau, Émile, IV
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Promettre monts et merveilles, faire toutes sortes de promesses avantageuses.
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Promettre plus de beurre que de pain, promettre plus qu'on ne veut ou peut tenir.
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Par plaisanterie. Promettre d'excellentes choses.
Je te jure par Mahomet Que le ciel ici te promet Tant de bien qu'on ne le peut dire, à tes enfants un grand empire, Et plus de beurre que de pain Au valeureux peuple romain
SCAR., Virg. VIII
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Promettre quelqu'un, promettre sa visite, sa société.
Il a un ami qui n'a pas d'autre fonction sur la terre que de le promettre longtemps à un certain monde, et de le présenter enfin dans les maisons comme homme rare et d'une exquise conversation
La Bruyère, V
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2Familièrement. Assurer qu'une chose sera. Je vous promets qu'il sera puni.
Je vous promets que je ne saurais les donner à moins [des fagots]
Molière, Méd. malgré lui, I, 6
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3Annoncer, prédire, avec un nom de personne pour sujet. Je vous promets du beau temps pour demain.
- Je ne lui promets pas ce qu'il doit espérer,Si je ne lui promets la conquête du monde Malherbe, V, 2
- Aux plus savants auteurs comme aux plus grands guerriersApollon ne promet qu'un nom et des lauriers Boileau, Art p. IV
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Faire espérer.
Toutes deux [Anne d'Autriche et Marie-Thérèse] d'une si heureuse constitution qu'elles semblaient nous promettre le bonheur de les posséder un siècle entier
Bossuet, Mar.-Thér.
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Annoncer, avec un nom de chose pour sujet.
C'est une physionomie qui promet une longue vie
Mme de Sévigné, 601On apporta dans des corbeilles tous les fruits que le printemps promet et que l'automne répand sur la terre
Fénelon, Tél. ILe vent qui enflait nos voiles nous promettait une heureuse navigation
Fénelon, ib. VI- Je crus trouver ici le repos de mon cœur ;Il n'est point dans l'éclat dont le sort m'environne ;La gloire le promet, l'amour, dit-on, le donne Voltaire, Orph. II, 6
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4Se promettre, c'est-à-dire promettre à soi, espérer.
Que peut-on se promettre d'une populace émue, conjurée, furieuse ?
Bourdaloue, Exhort. sur le jugem. du peuple contre J. C. t. II, p. 44- Quel fruit te promets-tu de ta coupable audace ? Racine, Mithr. V, I
La jeunesse se promet tout d'elle-même
Fénelon, Tél. IQui peut se promettre d'éviter, dans la société des hommes, la rencontre de certains esprits vains, légers...
La Bruyère, VPromettez-vous, si vous voulez, de conserver jusqu'au dernier soupir la raison aussi saine et aussi entière que vous l'avez aujourd'hui
Massillon, Carême, Impén.
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Se promettre signifie aussi prendre une ferme résolution. Il se promet de profiter de vos sages avis.
- Vous vous promettez plus que vous ne voudrez faire,Et vous n'en croirez pas toute cette colère Corneille, Tois. d'or, IV, 3
Vous qui ne sauriez vous promettre d'être fidèle
Massillon, Panégyr. St Benoît.
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5V. n. Faire espérer, donner des espérances, en parlant de choses. Les blés, les vignes promettent.
Cette inclination invincible pour la guerre promettait beaucoup, et elle tint tout ce qu'elle promettait
Fontenelle, Bessons.
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Il se dit aussi des personnes.
Ils promettaient beaucoup dans l'exercice, ils ont plié d'abord dans le combat
Bossuet, Sermons, Par. de Dieu, 3On n'y doit admettre [à la pratique des arts] que des jeunes gens d'un génie qui promette beaucoup
Fénelon, Tél. XIPompone le cadet, qui promettait, fut tué de bonne heure à la tête d'un régiment de dragons
Saint-Simon, 71, 169
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6Se promettre, v. réfl. Promettre sa propre personne.
Je vous dirai au reste que ce n'a été qu'après m'être promise à M. de Sercour, que j'ai su que vous étiez son neveu
Marivaux, Marianne, 9e part.
Proverbes
Au riche ne promets rien, et au pauvre ne lui manque pas
, se dit parce que l'un pourra te contraindre et que tu fais tort à l'autre. Promettre et tenir sont deux
. Ce n'est pas tout de promettre, il faut tenir
. Il se ruine à promettre, et s'acquitte à ne rien tenir, ou s'enrichit à ne rien tenir
, c'est-à-dire il promet beaucoup et ne tient rien.
Étymologie
Bourg. i te premô, je te promets ; wall. promett ; prov. prometre ; espagn. prometer ; ital. promettere ; du lat. promittere, de pro, en avant, et mittere (voy. METTRE).
Supplément
PROMETTRE. Ajoutez : - REM. Malherbe a joint promettre à un infinitif sans de : vingt et cinq écus, moyennant lesquels je promettais relâcher ledit Sauvecanne, Lexique, éd. L. Lalanne.