provincial, ale adj. (pro-vin-si-al, a-l')
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1Qui appartient à une province. Assemblée provinciale. États provinciaux.
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Par moquerie. Qui est de la province et qui ignore les choses de la capitale ou de la cour.
Madame de Coulanges dit : .... c'est donc Mlle de Retz qui se marie [à Lauzun] ; point du tout, vous êtes bien provinciale
Mme de Sévigné, 9
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2Il se dit de l'air, des manières, du langage, etc. par opposition à l'air, aux manières, au langage de la capitale.
En tout elle a des manières provinciales
Mme de Genlis, Théât. d'éduc. Dangers du monde, I, 9On verra clairement que vous avez pleuré à la tragédie, ce qui est un peu provincial
Mme de Genlis, Vœux témér. t. III, p. 112, dans POUGENS
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3Lettres provinciales, titre d'un livre de Pascal, dirigé contre les jésuites, ainsi dites parce que le vrai titre était : Lettres écrites à un provincial par un de ses amis.
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On dit souvent absolument : les Provinciales.
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4Substantivement. Personne de province.
- Le peintre reste avec madame Alis,Provinciale assez belle et bien faite La Fontaine, Rémois.
Nul ne dit courtisan que ceux qui ne le sont pas ; pédant, qu'un pédant ; provincial, qu'un provincial
Pascal, Pens. XXV, 131, éd. HAVET.On dit qu'il faudrait que je vinsse à Paris.... vous savez comme on se moque, à la cour et à la ville, des vieux provinciaux qui viennent demander justice ou miséricorde
Voltaire, Lett. Mme de Saint-Julien, 30 oct. 1776Je suis un franc provincial qui croit qu'on peut s'occuper à Paris de ce qui se passe dans son village
Voltaire, Lett. d'Argental, 27, janv. 1766
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Il se dit souvent par dénigrement et en vue de l'ignorance où les gens de province sont des manières de la capitale ou de la cour.
Obsédée de provinciaux, la plus incommode nation du monde, tous grands parleurs, quelques-uns très impertinents
Scarron, Rom. com. I, 8Me prenez-vous pour une provinciale, madame ? - Julie : Dieu m'en garde, madame
Molière, Comtesse, 7C'est une chose bien dangereuse qu'une provinciale de qualité, et qui a pris, à ce qu'elle croit, l'air de la cour
Mme de Sévigné, 27 nov. 1675
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5S. m. Provincial, supérieur qui a le gouvernement de toutes les maisons de son ordre dans une province.
Le provincial jésuite [au Paraguay], assisté de son conseil, rédigeait les lois ; et chaque recteur, aidé d'un autre conseil, les faisait observer
Voltaire, Mœurs, 154
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Ex-provincial, celui qui a rempli les fonctions de provincial dans une communauté religieuse.
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2Ajoutez :
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Rime provinciale, rime insuffisante. Maligne rime très mal avec machine ; c'est ce qu'on appelle une rime provinciale, CHAMFORT, Notes sur les fables de La Fontaine, VI, 15. Oui, mais La Fontaine écrivait maline, ce qui est encore aujourd'hui la prononciation populaire. Ce que Chamfort nomme rime provinciale est ce qui se dit plus ordinairement assonance.
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Étymologie
Provenç. provincial ; du lat. provincialis, de provincia, province.