Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

purge dans le Littré

2 articles· 10 citations· rimes· synonymes

1purge s. f. (pur-j')

  1. 1Action de nettoyer.

    • L'alimentation des machines à vapeur avec l'eau de mer force les mécaniciens à faire des purges qui sont indispensables, et qui ne sont pas suffisantes en général, quelles que soient les précautions prises DOMATIEN, Presse scientifique, 1863, t. II, p. 151
    • Action de purger le fil grége.

    • Terme d'administration. Action de désinfecter des marchandises qui pouvaient porter le germe de la peste.

  2. 2Médicament purgatif. J'ai pris une bonne purge aujourd'hui.

    • Je me porte très bien de ma purge Mme de Sévigné, 25 juin 1690
    • On peut en prendre deux fois par semaine [de la casse mondée], sans trop accoutumer son estomac à cette purge domestique Voltaire, Lett. Mme du Deffant, 19 avr. 1775
  3. 3Purge d'hypothèques, moyen accordé au tiers détenteur, pour affranchir l'immeuble des hypothèques qui le grèvent du fait des précédents propriétaires.

    • Les papiers mêmes, les actes qui établissent la purge.

Étymologie

Voy. PURGER ; ital. purga.

2purgé, ée part. passé (pur-jé, jée)

  1. 1Débarrassé de ce qui est grossier. Des métaux purgés par le feu.

    • Fig.

      • Purgée, par ses désastres, des restes de l'idolâtrie, elle [Rome] ne subsiste plus que par le christianisme qu'elle annonce à tout l'univers Bossuet, Hist. III, 1
      • Mon sentiment pour vous est purgé de ce vilain alliage Mlle DE LESPINASSE, Lett. t. I, p. 51, dans POUGENS
  2. 2Il se dit du style, de la langue.

    • Mme de Pompadour ayant désiré que le Venceslas de Rotrou fût purgé des grossièretés de mœurs et de langage qui déparaient cette tragédie Marmontel, Mém. VI
    • En un sens particulier, débarrassé, en parlant d'un livre, de ce qui est jugé condamnable.

      • L'exemplaire de M. d'Argental [du Dépositaire] est, dit-on, purgé de toutes ces horreurs [attaques contre les dévots] Voltaire, Lett. le Kain, 25 avr. 1770
      • Si cet homme a vu les livres, en Italie, purgés, c'est-à-dire biffés, raturés, mutilés par la cagoterie, il cessera de se plaindre de nos bibliothèques Paul-Louis Courier, Lettre III
  3. 3Qui a pris un purgatif.

    • Le plus souvent, quand je reviens de la ville, je suis tout étonné que je les trouve [mes enfants, ma famille] saignés ou purgés par son ordre Molière, Pourc. I, 7
  4. 4Pour quoi on a rempli les formalités nécessaires.

    • Quelques décrets mal purgés m'ont fait résoudre à me mettre auprès de quelque honnête personne qui eût soin de moi Dancourt, la Désol. des joueuses, sc. 3

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander