pétrir v. a. (pé-trir ; du temps de Ménage on prononçait pêtrir, écrit souvent paistrir)
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1Détremper de la farine avec un liquide, la remuer, et en faire de la pâte. Pétrir du pain.
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Absolument. Ce boulanger pétrit bien.
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Par extension.
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2Presser l'argile pour en lier les différentes parties et leur donner de la consistance.
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Fig.
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Fig. Dieu nous a tous pétris du même limon, il nous a tous faits semblables et égaux.
- On dirait que le ciel est soumis à sa loi,Et que Dieu l'a pétri d'autre limon que moi Boileau, Sat. V
Soit.... Que d'une débonnaire et généreuse argile On ait pétri mon âme innocente et facile
André Chénier, Épît. 4
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3Presser avec les mains comme on fait pour la pâte.
Cet usage où l'on est de plier l'esprit de nos enfants, comme les femmes caraïbes pétrissent la tête des leurs
Voltaire, Dial. XXIV, 9On dit que plusieurs sages femmes prétendent, en pétrissant la tête des enfants nouveau-nés, lui donner une forme plus convenable : et on le souffre !
J.-J. Rousseau, Ém. I
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4Fig. Composer, former.
De vous et de Mme du Fresnoi, on en pétrirait une personne dans le juste milieu : vous êtes aux deux extrémités
Mme de Sévigné, 4 mars 1672- Qui ne croirait que la tendre nature,En pétrissant l'homme sa créature.... J.-B. Rousseau, Allég. II, 3
À mon plaisir j'ai pétri sa jeune âme
Voltaire, l'Enf. prod. I, 1
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5Se pétrir, v. réfl. Être pétri. Cette argile se pétrit facilement.
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6Fig. Pétrir le cœur, former les dispositions morales, les volontés d'une personne.
Le cœur de l'abbé [de Coulanges] est pour vous comme si je l'avais pétri de mes propres mains
Mme de Sévigné, Lett. à Mme de Grignan, 18 mai 1671, dans Lett. inédites, éd. Capmas, t. I, p. 125
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Il avait paru douteux que Mme de Sévigné se fût servie de cette locution ; mais le nouveau manuscrit lève tous les doutes.
Étymologie
Wallon, prusti ; bourg. preuti ; provenç. pestir, prestir ; bas-lat. pistrire, du lat. pistum, supin de pinsere, piler ; sanscr. pish, piler, broyer.