quand conj. (kan ; le d se lie et se prononce t : quand on a, kan-t on a)
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1Dans le temps où. J'irai vous trouver, mais je ne puis dire quand.
- Mais quel autre intérêtNous fait tous deux aînés quand et comme il vous plaît ? Corneille, Rodog. IV, 6
- Amour ! amour ! quand tu nous tiens,On peut bien dire : adieu prudence La Fontaine, Fabl. IV, 1
Quand Pompée vient s'emparer de Jérusalem, quand Crassus pille le temple, quand Pompée fait passer le roi juif Alexandre par la main du bourreau, quand Antoine donne la Judée à l'Arabe Hérode, quand Titus prend d'assaut Jérusalem, quand elle est rasée par Adrien, il ne se fait aucun miracle
Voltaire, Dict. phil. Miracl.Quand on voyage de Saint-Dizier à Moyenvic, on dit : c'est le cardinal de Fleury qui a donné toutes ces terres à la France
Voltaire, Mél. hist. Mens. impr. test. Albéroni.
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2Il marque quelquefois, ainsi que lorsque, une simple corrélation entre deux membres de phrase.
- Je sens ce que je perds, quand je vois ce qu'il vaut Corneille, Cid, IV, 2
On ne se trompe pas quand on attribue tout à la prière
Bossuet, Mar.-Thér.
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3Lorsqu'il y a dans la phrase deux ou plusieurs verbes régis par quand, on peut mettre que devant le second, au lieu de répéter quand ; on a soin de ne pas changer le mode.
- Quand un livre au Palais se vend et se débite,Que chacun par ses yeux juge de son mérite,Que Bilaine l'étale au deuxième pilier,Le dégoût d'un censeur peut-il le décrier ? Boileau, Sat. IX
Quand j'aurai reçu de vos nouvelles, que vous m'aurez dit que vous m'aimez toujours, que M. le maréchal m'aura dit la même chose, je serai tranquille sur tout le reste
J.-J. Rousseau, Lett. à Mme de Luxembourg, 17 juin 1762
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4Il se construit avec jusqu'à.
Dieu détermine jusqu'à quand doit durer l'assoupissement, et quand aussi doit se réveiller le monde
Bossuet, Reine d'Anglet.
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5Interrogativement.
Quand ? dans quel temps ? Quand la marierons-nous, quand aurons-nous des gendres ?
La Fontaine, Fabl. IV, 4Nous voulons être à Dieu, mais quand ? toujours pour l'avenir et jamais pour le jour présent
Bourdaloue, Purif. de la Vierge, Myst. t. II, p. 294Petit-Jean : Quand je vois.... - L'Intimé : Quand aura-t-il tout vu ?
Racine, Plaid, III, 3Quand verrai-je, ô Sion, relever tes remparts Et de tes tours les magnifiques faîtes ? Quand verrai-je de toutes parts Tes peuples en chantant accourir à tes fêtes ?
Racine, Esth. I, 2- Quand Dieu par plus d'effets montra-t-il son pouvoir ? Racine, Ath. I, 1
Mon très cher ange, si vous êtes à Lyon, j'irai à Lyon ; si vous êtes à Paris, j'irai à Paris ; mais quand ? je n'en sais rien
Voltaire, Lett. d'Argental, 29 mai 1751
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Il se construit avec les prépositions à, de, depuis, pour, jusque.
À quand la partie est-elle remise ? Depuis quand est-il ici ? Pour quand est la réunion ? Jusqu'à quand le sanctuaire et le pouvoir de Dieu seront-ils foulés aux pieds ?
Saci, Bible, Daniel, VIII, 13- Je connais Don César. - La chose est difficile ;D'où ? comment ? et de quand ? Thomas Corneille, D. Cés. d'Aval. V, 1
- Et depuis quand, seigneur, tenez-vous ce langage ? Racine, Iph. I, 1
Jusqu'à quand souffre-t-on que ce peuple respire ?
Racine, Esth. II, 1Fantôme horrible, arrête ! Arrête ! Hé depuis quand, couverts de leurs lambeaux, Ces spectres déchaînés sortent-ils des tombeaux ?
Ducis, Macbeth, IV, 4
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À quand, suivi d'un infinitif, équivaut à quand avec le verbe au futur de l'indicatif.
....Mais enfin à quand rendre [quand est-ce que vous rendrez] ?
Corneille, Suite du Ment. II, 6
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6Quand, quand même, quand bien même, dans le sens de bien que, encore que ; ainsi employé, il sert à opposer entre les deux sens une condition qui, même accomplie, n'empêche pas ce qui est exprimé dans le principal des deux membres d'avoir lieu ; il se construit avec le conditionnel.
Quand le malheur ne serait bon Qu'à mettre un sot à la raison, Toujours serait-ce à juste cause Qu'on le dit bon à quelque chose
La Fontaine, Fabl. VI, 7Enfin quand il [le ciel] exposerait à mes yeux un miracle d'esprit, d'adresse et de beauté, et que cette personne m'aimerait avec toutes les tendresses imaginables, je vous l'avoue franchement, je ne l'aimerais pas
Molière, Pr. d'Él. III, 4Quatre-vingt-trois ans passés au milieu des prospérités, quand il n'en faudrait retrancher ni l'enfance où l'homme ne se connaît pas, ni les maladies où l'on ne vit pas, ni tout le temps dont on a toujours tant de sujet de se repentir, paraîtront-ils quelque chose à la vue de l'éternité ?
Bossuet, le Tellier.Quand la nature n'aurait pas donné à Mme Montausier tous ces avantages de l'esprit, elle aurait pu les recevoir de l'éducation
Fléchier, Mme de Mont.- Quand vous me haïriez, je ne m'en plaindrais pas Racine, Phèdre, II, 5
Quand je n'aurais d'autre preuve de l'immatérialité de l'âme que le triomphe du méchant et l'oppression du juste en ce monde, cela seul m'empêcherait d'en douter
J.-J. Rousseau, Émile, IV
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Quand même se dit aussi avec l'indicatif.
J'ai trouvé votre rondeau bien joli ; tout ce que vous touchez est toujours d'un agrément qui ne se peut comparer à nul autre, quand même votre cœur n'est pas de la partie
Mme de Sévigné, à Bussy, 2 sept. 1687
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On trouve quand en ce sens dans Corneille avec le futur de l'indicatif ; cela n'est plus usité.
Mais, quand Sertorius ne l'épousera pas, Un autre hymen vous met dans le même embarras
Corneille, Sertor. II, 4
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7Quand et quand, loc. adv. Avec, en même temps (locution vieillie).
- Quand on dira : César fut maître de l'empire,Qu'on dise quand et quand : Brute le sut occire ;Quand on dira : César fut premier empereur ;Qu'on dise quand et quand : Brute en fut le vengeur J. GREVIN, César, II, 1
Ainsi vous ne cherchiez que l'honnêteté, et vous avez trouvé quand et quand le délectable
Guez de Balzac, liv. V, lett. 15La faveur que me font trois si excellentes personnes me soulage de toutes mes peines, et m'en donne quand et quand une nouvelle de ne pouvoir jamais m'en rendre digne
Voiture, Lett. 25Nos prières partirent l'une quand et quand l'autre
Marivaux, Pays. parv. part. 2Quand je n'avais plus rien, je renvoyais ma crosse et ma croix se promener dans les rues de Marseille, afin d'y trouver un acheteur de porte en porte ; on me les a toujours rapportées quand et quand des boisseaux d'écus
Paroles de M. de Belzunce, évêque de Marseille, dans les Souv. de la marq. de Créquy, t. II, ch. 8
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8Quand et, avec (locution vieillie).
Comme ils s'en revenaient menant leur butin quand et eux....
Malherbe, Le XXXIIIe livre de Tite Live, chap. 37Cambyse fit mourir sa sœur, venue quand et lui en Égypte
Paul-Louis Courier, Trad. d'Hérod.
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8Ajoutez :
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La locution quand et a été employée sans et.
Que l'on change de point de vue, et la formule deviendra une loi, en vertu de laquelle deux quantités ou deux grandeurs sont liées entre elles et changent l'une quand l'autre
COURNOT, Consid. sur la marche des idées, Paris, 1872, t. I, p. 265
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Cette locution n'est pas fautive ; même on pourrait l'interpréter autrement que par la suppression de et, en y voyant une ellipse : et changent, l'une [changeant] quand l'autre [change].
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Étymologie
Génev. tu partiras quand nous ; norm. quand nous, à quand nous, quand et nous, à quant et nous ; wallon, quant ; picard, quat, quaind, quandque ; provenç. quan, can ; catal. quand ; espagn. cuando ; ital. quando ; du lat. quando, que Corssen croit représenter quam-die, comment au jour ? l'i étant tombé comme dans pridem.