Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

quand dans le Littré

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quand conj. (kan ; le d se lie et se prononce t : quand on a, kan-t on a)

  1. 1Dans le temps où. J'irai vous trouver, mais je ne puis dire quand.

  2. 2Il marque quelquefois, ainsi que lorsque, une simple corrélation entre deux membres de phrase.

  3. 3Lorsqu'il y a dans la phrase deux ou plusieurs verbes régis par quand, on peut mettre que devant le second, au lieu de répéter quand ; on a soin de ne pas changer le mode.

  4. 4Il se construit avec jusqu'à.

    • Dieu détermine jusqu'à quand doit durer l'assoupissement, et quand aussi doit se réveiller le monde Bossuet, Reine d'Anglet.
  5. 5Interrogativement.

    • Quand ? dans quel temps ? Quand la marierons-nous, quand aurons-nous des gendres ? La Fontaine, Fabl. IV, 4
    • Nous voulons être à Dieu, mais quand ? toujours pour l'avenir et jamais pour le jour présent Bourdaloue, Purif. de la Vierge, Myst. t. II, p. 294
    • Petit-Jean : Quand je vois.... - L'Intimé : Quand aura-t-il tout vu ? Racine, Plaid, III, 3
    • Quand verrai-je, ô Sion, relever tes remparts Et de tes tours les magnifiques faîtes ? Quand verrai-je de toutes parts Tes peuples en chantant accourir à tes fêtes ? Racine, Esth. I, 2
    • Quand Dieu par plus d'effets montra-t-il son pouvoir ? Racine, Ath. I, 1
    • Mon très cher ange, si vous êtes à Lyon, j'irai à Lyon ; si vous êtes à Paris, j'irai à Paris ; mais quand ? je n'en sais rien Voltaire, Lett. d'Argental, 29 mai 1751
    • Il se construit avec les prépositions à, de, depuis, pour, jusque.

    • À quand, suivi d'un infinitif, équivaut à quand avec le verbe au futur de l'indicatif.

      • ....Mais enfin à quand rendre [quand est-ce que vous rendrez] ? Corneille, Suite du Ment. II, 6
  6. 6Quand, quand même, quand bien même, dans le sens de bien que, encore que ; ainsi employé, il sert à opposer entre les deux sens une condition qui, même accomplie, n'empêche pas ce qui est exprimé dans le principal des deux membres d'avoir lieu ; il se construit avec le conditionnel.

    • Quand le malheur ne serait bon Qu'à mettre un sot à la raison, Toujours serait-ce à juste cause Qu'on le dit bon à quelque chose La Fontaine, Fabl. VI, 7
    • Enfin quand il [le ciel] exposerait à mes yeux un miracle d'esprit, d'adresse et de beauté, et que cette personne m'aimerait avec toutes les tendresses imaginables, je vous l'avoue franchement, je ne l'aimerais pas Molière, Pr. d'Él. III, 4
    • Quatre-vingt-trois ans passés au milieu des prospérités, quand il n'en faudrait retrancher ni l'enfance où l'homme ne se connaît pas, ni les maladies où l'on ne vit pas, ni tout le temps dont on a toujours tant de sujet de se repentir, paraîtront-ils quelque chose à la vue de l'éternité ? Bossuet, le Tellier.
    • Quand la nature n'aurait pas donné à Mme Montausier tous ces avantages de l'esprit, elle aurait pu les recevoir de l'éducation Fléchier, Mme de Mont.
    • Quand vous me haïriez, je ne m'en plaindrais pas Racine, Phèdre, II, 5
    • Quand je n'aurais d'autre preuve de l'immatérialité de l'âme que le triomphe du méchant et l'oppression du juste en ce monde, cela seul m'empêcherait d'en douter J.-J. Rousseau, Émile, IV
    • Quand même se dit aussi avec l'indicatif.

      • J'ai trouvé votre rondeau bien joli ; tout ce que vous touchez est toujours d'un agrément qui ne se peut comparer à nul autre, quand même votre cœur n'est pas de la partie Mme de Sévigné, à Bussy, 2 sept. 1687
    • On trouve quand en ce sens dans Corneille avec le futur de l'indicatif ; cela n'est plus usité.

      • Mais, quand Sertorius ne l'épousera pas, Un autre hymen vous met dans le même embarras Corneille, Sertor. II, 4
  7. 7Quand et quand, loc. adv. Avec, en même temps (locution vieillie).

  8. 8Quand et, avec (locution vieillie).

    • Comme ils s'en revenaient menant leur butin quand et eux.... Malherbe, Le XXXIIIe livre de Tite Live, chap. 37
    • Cambyse fit mourir sa sœur, venue quand et lui en Égypte Paul-Louis Courier, Trad. d'Hérod.
  9. 8Ajoutez :

    • La locution quand et a été employée sans et.

      • Que l'on change de point de vue, et la formule deviendra une loi, en vertu de laquelle deux quantités ou deux grandeurs sont liées entre elles et changent l'une quand l'autre COURNOT, Consid. sur la marche des idées, Paris, 1872, t. I, p. 265
    • Cette locution n'est pas fautive ; même on pourrait l'interpréter autrement que par la suppression de et, en y voyant une ellipse : et changent, l'une [changeant] quand l'autre [change].

Étymologie

Génev. tu partiras quand nous ; norm. quand nous, à quand nous, quand et nous, à quant et nous ; wallon, quant ; picard, quat, quaind, quandque ; provenç. quan, can ; catal. quand ; espagn. cuando ; ital. quando ; du lat. quando, que Corssen croit représenter quam-die, comment au jour ? l'i étant tombé comme dans pridem.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander