quelqu'un, une s. m. et f. (kèl-kun, ku-n' ; d'après Chifflet, Gramm. p. 231, il était mieux de ne pas prononcer l'l)
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1Un, une entre plusieurs. Quelqu'une de vos compagnes.
- Est-il quelqu'un de vous de si peu de vertu,...Qu'il puisse regretter César et l'esclavage ? Voltaire, M. de César, III, 7
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Quelques-uns, quelques-unes, plusieurs dans un grand nombre.
....Ce qu'en quelques-uns on voit d'attachement N'est qu'un faible ascendant d'un premier mouvement
Corneille, Rodog. II, 2Quelques-uns vous diront, au besoin, Quels dieux du haut en bas renversent les profanes
Corneille, Nicom. III, 2Avec quel zèle exhortait-il quelques-uns de ses domestiques à rentrer comme lui dans le bercail de Jésus-Christ [quitter le protestantisme] ?
Fléchier, Duc de Mont.
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Hé quelqu'un ! holà quelqu'un ! se dit pour appeler des gens qui sont à portée de la voix, et particulièrement des serviteurs.
- Qui voit-on aujourd'hui, distingué du commun,Appeler de ses gens, qui ne dise : hé quelqu'un ! BOURSAULT, Mots à la mode, sc. 3
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2Absolument, quelqu'un s'emploie pour les deux genres et signifie une personne.
Si j'aimais quelqu'un, je n'aurais point de plus grand plaisir que de le voir aimé de tout le monde
Molière, le Sicil. 7Quand on a eu dessein de faire plaisir à quelqu'un, on est aise de savoir qu'on y a réussi
Mme de Sévigné, 24 nov. 1675Quand ce grand Dieu a choisi quelqu'un pour être l'instrument de ses desseins
Bossuet, Reine d'Anglet.- Mais à grands pas vers vous je vois quelqu'un marcher Racine, Esth. III, 1
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Le féminin quelqu'une cependant n'est pas sans exemple.
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3Il se construit quelquefois avec l'adjectif démonstratif.
- À ce plaisant objet si quelqu'une recule,Cette quelqu'une dissimule La Fontaine, Tabl.
Puisqu'il n'observe pas que c'est être indiscret Que de chasser quelqu'un qui sait notre secret, Surtout si ce quelqu'un est d'un sexe qui penche Au plaisir de jaser et d'avoir sa revanche
Destouches, Phil. marié, I, 4Quelqu'un, vous le savez, est en date avant vous ; ce quelqu'un me presse....
J.-J. Rousseau, Lett. à la maréch. de Luxemb. p. 63, dans POUGENS
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4Quelqu'un se dit pour désigner, sans la nommer, une personne déterminée.
- Quelqu'un qui n'est pas votre époux,Et pour qui cependant, soit dit sans vous déplaire,Vous sentez quelque chose et de vif et de doux, DESHOULIÈRES, Lett. à Mlle d'Ussé [fille de Vauban]
Voilà pourquoi, je gage, à quelqu'un que je sais l'esprit vint avant l'âge
Casimir Delavigne, Enf. d'Éd. I, 2
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5Quelqu'un se dit quelquefois, dans le langage familier, pour personnage de quelque importance.
- Cet air n'est pas tant sot, ce port est peu commun,Et, la coiffe abattue, on me prend pour quelqu'un Thomas Corneille, l'Amour à la mode, II, 5
Bartholo : Comment ! je vous demande à tous deux s'il est entré quelqu'un chez Rosine, et vous ne me dites pas que ce barbier....L'Eveillé : Est-ce que c'est quelqu'un donc, M. Figaro ?
Beaumarchais, Barb. de Sév. II, 7- Mais ne voyez-vous pas qu'il a l'air de quelqu'un ? COLLIN D'HARLEVILLE, Malice pour malice, II, 16
Avec quinze mille livres de rente on est toujours quelqu'un
H. MALOT, Tout Paris, Siècle, 7 avril 1867
Étymologie
Quelque, et un ; bourg. quécun ; norm. queuqu'un.